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    De fortes sécheresses

    Comment et dans quel but Israël «vole» des nuages à l’Iran?

    © AP Photo / Kim Kwang Hyon
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    Alors que l’Iran fait face ces dernières années à de fortes sécheresses, le chef de la Protection civile du pays, le général de brigade Gholam Reza Jalali affirme que ce fléau climatique est dû à une ingérence étrangère, notamment à celle d’Israël qui «vole» les nuages iraniens. Sputnik s’en est entretenu avec des spécialistes russe et israélien.

    Bien que les Iraniens fassent de telles déclarations, il est peu probable qu'Israël, éloigné de plus d'un millier de kilomètres de l'Iran, puisse influer notablement sur le climat dans ce pays, a déclaré à Sputnik Vladimir Semenov, directeur adjoint de l'Institut russe de la physique de l'atmosphère A.M.Oboukhov.

    «Il est possible en effet de disperser les nuages par des réactifs spéciaux tirés à partir d'avions. En Russie, nous recourons à cette technique, en nous préparant notamment aux défilés militaires du 9 mai. […] Un tel travail ne se fait toutefois qu'au niveau local», a expliqué l'interlocuteur de l'agence.

    Néanmoins, le politologue israélien Simon Tsipis, de l'Institut d'étude de la sécurité national (INSS) de Tel Aviv, a indiqué à Sputnik, qu'il n'excluait pas l'emploi d'un équipement spécial ou d'une «arme climatique» par l'État hébreu dans le contexte d'une guerre hybride.

    «Je n'exclus pas qu'Israël puisse être impliqué dans des choses évoquées par les Iraniens, notamment dans des tentatives de manipuler les nuages», a affirmé M.Tsipis.

    Et de rappeler qu'on assistait aujourd'hui à des guerres hybrides qui débordaient largement le cadre des guerres conventionnelles.

    «Tous les moyens y sont bons, y compris des techniques d'impact sur le climat et le temps qu'il fait. […] Encore à l'époque de la guerre froide, la mise au point d'une arme qui puisse influer sur le climat et les conditions atmosphériques était menée. C'est pourquoi je n'exclus pas du tout qu'une telle arme soit aujourd'hui utilisée contre l'Iran», a poursuivi l'Israélien.

    Selon ce dernier, l'Iran est aujourd'hui la principale menace existentielle pour Israël.

    «Il [l'Iran, ndlr] concentre ses troupes en Syrie, à proximité immédiate des frontières de notre État. […] Il se peut même qu'Israël recoure à l'arme climatique pour provoquer la grogne de la population iranienne, qui proteste déjà contre la politique pratiquée par Téhéran, et pour l'inciter à renverser le régime en place dans le pays», a noté le politologue.

    Et de relever qu'Israël bénéficiait du concours des États-Unis qui possédaient des équipements nécessaires pour truquer les nuages au niveau local afin d'influer sur le climat en Iran.

    «Un tel impact local à une courte distance est théoriquement et techniquement possible. Aussi, Israël aurait-il pu influer sur les conditions climatiques en Iran pour parvenir à son objectif qui consiste notamment à renverser le régime au pouvoir à Téhéran. Je ne l'exclus pas du tout», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

    L'agence iranienne ISNA rapporte qu'en accusant Israël de trafiquer les nuages pour empêcher la pluie de tomber en Iran, le général de brigade Gholam Reza Jalali s'est référée aux données scientifiques de ces quatre dernières années, selon lesquelles au-dessus de 2.200 mètres d'altitude toutes les zones de montagnes entre l'Afghanistan et la Méditerranée sont couvertes de neige, sauf en Iran.

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    Tags:
    arme climatique, impact, nuages, guerre hybride, sécheresse, neige, ISNA, Institut russe de la physique de l'atmosphère A.M.Oboukhov, Sputnik, Simon Tsipis, Vladimir Semenov, Gholam Reza Jalali, Méditerranée, Afghanistan, Iran, Israël, Syrie, États-Unis, Russie
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