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    Enregistrant leurs entreprises en Turquie, les Iraniens contournent les sanctions

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    En 2012, le chiffre d’affaires du commerce entre la Turquie et l’Iran a atteint un record de 21,9 milliards de dollars, mais après, les échanges ont baissé. La conclusion de l’accord nucléaire iranien et la levée des sanctions contre Téhéran ont permis l’espoir d’une reprise. Un politologue iranien a commenté la situation pour Sputnik.

    Après le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien, connu comme le Plan global d'action conjoint (JCPOA), et le consensus enregistré entre Téhéran et Ankara sur le problème syrien, le nombre de sociétés iraniennes enregistrées en Turquie a beaucoup augmenté.

    «L'augmentation considérable du nombre de sociétés iraniennes en Turquie ne s'explique pas tellement par l'intensification des échanges économiques entre ces deux pays, mais plutôt par la nécessité de contourner les sanctions et de se retirer du marché iranien malsain», a déclaré à Sputnik le politologue iranien Ahmad Hashemi, qui avait auparavant travaillé au département de la Turquie du ministère des Affaires étrangères de l'Iran.

    Selon ce dernier, les investissements n'étant pas sécurisés en Iran, bien des entreprises iraniennes décident d'investir en Turquie. D'autre part, à cause des sanctions, nombre de filiales de compagnies iraniennes et des sociétés liées au corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI) se sont fait enregistrer en Turquie pour contourner les sanctions.

    «Ce pays possède un niveau suffisamment élevé de sécurité économique et de stabilité. Par ailleurs, après le putsch raté [les 15 et 16 juillet 2016, ndlr] et toute une série d'ultérieures crises politiques et économiques, la Turquie a offert plus de possibilités aux investisseurs étrangers», a poursuivi l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que bien des entreprises iraniennes en avaient profité, en se faisant enregistrer dans ce pays.

    «Somme toute, la Turquie offre une haute sécurité économique aux investissements et hommes d'affaires iraniens», a résumé M.Hashemi.

    Le Plan global d'action conjoint (JCPOA) est un accord signé à Vienne le 14 juillet 2015 par les huit parties suivantes: les pays du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, soit les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne), ainsi que l'Union européenne et la République islamique d'Iran.

    Début mai, la tension est montée d'un cran autour du programme nucléaire iranien après la décision des États-Unis de se retirer de l'accord de 2015, telle qu'annoncée par Donald Trump le 8 mai dernier. Le Président américain avait également déclaré que Washington rétablirait ses sanctions imposées à Téhéran, suspendues suite à la signature de l'accord de 2015.

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    putsch, marché, investisseur, investissements, entreprise, accord, sanctions, Plan global d'action conjoint (JCPOA), Gardiens de la révolution islamique (GRI), ministère iranien des Affaires étrangères, Sputnik, Donald Trump, Ahmad Hashemi, États-Unis, Turquie, Téhéran, Iran
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