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    La Cour européenne des droits de l'homme

    CEDH: la Russie n’est pas responsable de la mort d’Anna Politkovskaïa

    © AFP 2018 PATRICK HERTZOG
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    L'assassinat d'Anna Politkovskaïa (62)
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    La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a débouté des proches de la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006 à Moscou, de leur demande de faire porter la responsabilité de ce crime à la Russie, tout en critiquant l’organisation de l’enquête, d’après le ministère russe de la Justice.

    La Russie n’est pas responsable de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa perpétré en 2006, contrairement à ce qu’affirment les proches de la journaliste, a estimé la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) dont le jugement a été cité mardi par le ministère russe de la Justice.

    «La Cour européenne des droits de l’Homme a rendu le 17 juillet un jugement concernant la plainte "Mazepa et autres contre la Fédération de Russie" déposée par des proches d’Anna Politkovskaïa, journaliste à Novaïa Gazeta. La CEDH a rejeté la demande des plaignants de faire porter la responsabilité de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa à la Fédération de Russie», a indiqué le ministère.

    Selon un communiqué publié par la CEDH, l’enquête menée par les institutions judiciaires russes «a abouti à des résultats tangibles puisque cinq hommes ont été reconnus directement coupables du meurtre».

    Dans le même temps, la cour européenne s’est dite insatisfaite par l’enquête russe en ce qui concerne l’identification du commanditaire de l’assassinat. Elle n’a pas pris en compte les documents officiels russes démontrant que l’enquête avait rencontré des difficultés en raison de l’absence de coopération de la part des autorités britanniques.

    Les enquêteurs russes estimaient que le commanditaire du crime était un ancien homme politique et d’affaires russe résidant au Royaume-Uni. Ils ont envoyé de nombreuses demandes d’information et d’assistance aux autorités compétentes britanniques qui n’ont «pas été entièrement satisfaites».

    La Cour a décidé que la Russie devait verser 20.000 euros pour dommage moral aux requérants (la mère, la sœur et deux enfants d’Anna Politkovskaïa).

    Conformément aux dispositions des articles 43 et 44 de la Convention, cet arrêt de la chambre n’est pas définitif. Dans un délai de trois mois à compter de la date de son prononcé, toute partie peut demander le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre de la Cour. 

    L’assassinat d'Anna Politkovskaïa, journaliste d’investigation de Novaïa Gazeta primée par l’OSCE «Pour le journalisme et la démocratie», figure parmi les crimes les plus retentissants de ces dernières années en Russie. Elle a été abattue par balles le 7 octobre 2006 dans le hall de son immeuble en plein centre de Moscou. Selon la version retenue par l’enquête, l’assassinat serait lié à l'activité professionnelle de la journaliste. Toutefois, les enquêteurs n’ont pas retrouvé le ou les commanditaires de ce crime.

    L'organisateur, Lom-Ali Gaïtoukaïev, et le tueur, Roustam Makhmoudov, ont été condamnés à la perpétuité. Leurs complices Ibragim et Djabraïl Makhmoudov, ainsi que l'ancien officier de police Sergueï Khadjikourbanov, ont été condamnés respectivement à 12, 14 et 20 ans de détention dans une colonie à régime sévère. Dmitri Pavliouchenkov, accusé d'avoir localisé Anna Politkovskaïa, avait été condamné à 11 ans de détention. Lom-Ali Gaïtoukaïev est décédé en juin 2017 dans un hôpital interrégional pour condamnés.

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    L'assassinat d'Anna Politkovskaïa (62)

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    Tags:
    jugement, meurtre, Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), ministère russe de la Justice, Anna Politkovskaïa, Russie
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