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    Porte-parole de la présidence tchèque: «la russophobie est à la mode aujourd’hui»

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    1918, 1938, 1948, 1968, les «années en 8 fatales» ne disent rien, ou très peu, aux jeunes Tchèques, selon un sondage qui a aussi montré qu’en règle générale, les Tchèques ont une notion vague des grands événements qui ont jalonné l’Histoire de leur pays. Jiri Ovcacek, porte-parole de la présidence tchèque, a commenté la situation pour Sputnik.

    Les «années en 8 fatales», comme les appellent les Tchèques, sont 1918, année de la fondation de la République tchécoslovaque — 1938, année marquée par des accords de Munich, signant de facto la fin de la Première République tchécoslovaque — 1948, année où le Parti communiste a accédé au pouvoir dans le pays, et 1968, année du Printemps de Prague.

    «C'est le résultat de la sous-évaluation de la nécessité de partager avec les jeunes les connaissances relatives à l'Histoire thèque contemporaine. Il faut changer de toute urgence cette situation. Celui qui ne connaît pas l'Histoire est condamné à la réitérer sans cesse. […] L'Histoire est souvent simplifiée et idéalisée», a déclaré à Sputnik Jiri Ovcacek, porte-parole du Président Milos Zeman.

    Jiri Ovcacek, porte-parole du Président tchèque Milos Zeman
    Jiri Ovcacek, porte-parole du Président tchèque Milos Zeman

    Le sondage évoqué a montré que les Tchèques percevaient le Printemps de Prague d'une manière extrêmement négative, encore plus que la proclamation du Protectorat de Bohême-Moravie par les nazis.

    «La génération qui a vécu les horreurs de l'occupation allemande de 1939-1945 ou l'entente de Munich de 1938 part malheureusement, en emportant ses souvenirs. Il faut parler aux jeunes de tous ces événements. Nous ne devons pas perdre notre mémoire nationale qu'il s'agisse de l'occupation allemande ou de l'invasion soviétique [en Tchécoslovaquie en août 1968, ndlr]», a souligné l'interlocuteur de l'agence.

    L'image négative qu'ont les Tchèques des Russes est souvent expliquée par les événements du Printemps de Prague de 1968, mais la nouvelle génération commence déjà à oublier ces événements, a rappelé Sputnik à M.Ovcacek. Est-ce que cela signifie que la russophobie tchèque disparaîtra avec le temps?

    «Tout d'abord, la russophobie est à la mode aujourd'hui. Et surtout dans les médias mainstream, dans des milieux politiques, intellectuels et artistiques. Au sein de n'importe quelle société, il se trouve toujours des gens qui préfèrent voir le monde rien qu'en noir et blanc. Le dialogue est la clé de la résolution du problème. L'Allemagne en est un bel exemple. Nous avons avec elle des relations d'amitié qui ne font que s'améliorer», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

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    Tags:
    génération, dialogue, médias mainstream, occupation, russophobie, Printemps de Prague, Sputnik, Jiří Ovčáček, Miloš Zeman, Russie, Munich, Allemagne, Prague, République tchèque
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