International
URL courte
9210
S'abonner

Sorti indemne d’une tentative d’assassinat perpétrée samedi à son encontre, Nicolas Maduro a accusé dans son message à la nation le Président de la Colombie de cette attaque. Pour sa part, le chef d'État bolivien y a distingué l’empreinte des USA. Dans leur commentaire à Sputnik, deux experts évaluent ces scénarios.

Le lendemain de la tentative d’attentat contre le dirigeant vénézuélien, une série d’hypothèses quant aux forces se trouvant derrière cette attaque, menée à l’aide de drones chargés d’explosifs, a été formulée. Parmi ceux sur qui les regards ont été tournés figurent notamment les États-Unis. Cet avis, entre autres partagé par le Président bolivien Evo Morales, trouve son écho chez Konstantin Sapojnikov, ce journaliste et expert de l’Amérique latine.

«Le principal rival du Venezuela dans la région est les États-Unis. Washington avait déjà projeté et entrepris beaucoup dans ce pays allant de l’asphyxie économique à la cinquième colonne. Toutefois, tout ceci n’a pas donné de résultat désiré», défend-il, laissant entendre que les Américains agissent, selon lui, via la Colombie, restant les principaux organisateurs et financiers.

Lazar Heifez, détenteur de la chaire d'études américaines de l’université d’État de Saint-Pétersbourg est plus prudent dans ses propos, soulignant que toute déclaration doit être basée avant tout sur les faits.

Commentant la déclaration du procureur général de la République bolivarienne, Tarek William Saab, qui n’a pas exclu que l’attentat aurait pu être préparé depuis l’étranger, M.Heifez estime que la déclaration en question concernait plutôt l’opposition vénézuélienne.

«Non seulement en Amérique latine, mais aussi ailleurs, on trouve beaucoup de mécontents par le pouvoir de Maduro. Ceux qui souhaitent s’en défaire sont nombreux, mais ceci ne signifie pas que par le biais de la force. Je pense que Saab entendait l’opposition vénézuélienne basée en Floride», explique-t-il.

Rappelons que dans son message adressé à la nation au cours des heures qui ont suivi la tentative d’attentat, le Président Maduro a justement déclaré que les financiers de cette attaque vivaient dans l’État de Floride. Il a en outre directement accusé le Président colombien Juan Manuel Santos d’être derrière cette attaque.

Comme le rappelle M.Sapojnikov, l’hostilité entre ces deux pays se poursuit depuis l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir, ce qui n’exclut pas, selon lui, cette piste. Et d’insister encore une fois sur l’idée que «les Américains se cachent derrière les commanditaires américains».
Lazar Heifez rappelle pour sa part que cette accusation a été immédiatement réfutée par les autorités colombiennes.

«Les relations tendues entre les deux pays […] permettent d’expliquer pourquoi Maduro a accusé les autorités colombiennes», souligne-t-il avant de rappeler que l’opposition vénézuélienne ne parvenait pas à trouver un langage commun avec les autorités actuelles et qu’il fallait tenir en compte ce fait.

Lire aussi:

Covid-19, en continu: la France n’est pas «encore au pic épidémique», prévient Véran
Quand La Poste cachait un immense stock de masques en période de pandémie
«C'est n'importe quoi!»: l’exécutif nie les dates du déconfinement annoncées en direct par Hanouna
Tags:
tentative d'assassinat, hypothèse, Juan Manuel Santos, Nicolas Maduro, Evo Morales, Floride, Colombie, Venezuela, États-Unis
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook