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    «Les États-Unis ont déclaré une guerre économique à la Turquie, mais aussi à l’UE»

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    La politique hostile des États-Unis à l’égard de la Turquie contribue au rapprochement entre Ankara et l’Union européenne qui sont désormais du même côté de la barricade, d’après l’analyste politique Can Baydarol interrogé par Sputnik.

    La libération mardi par la Turquie de deux soldats grecs et le soutien exprimé par des pays européens à Ankara après la chute de la livre turque marquent une nouvelle étape du rapprochement entre la Turquie et l’UE encouragé notamment par la politique de sanctions américaine, a déclaré à Sputnik Can Baydarol, analyste politique et expert des relations entre la Turquie et l'UE.

    «Tout indique que la Turquie et l’UE, qui se sont retrouvés du même côté de la barricade en luttant contre la politique des États-Unis, prendront des mesures conjointes plus actives», a indiqué M.Baydarol.

    Il a rappelé que plusieurs pays européens avaient fait des déclarations importantes «après que les États-Unis ont lancé une guerre économique contre la Turquie». 

    «Le parlement européen, le ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie Peter Altmaier, la chancelière allemande Angela Merkel et plusieurs hommes politiques italiens se sont prononcés en faveur de la Turquie. Ankara a pour sa part fait un geste symbolique en libérant deux militaires grecs détenus en Turquie depuis plus de 5 mois. Athènes a immédiatement réagi à ce geste amical en invitant le ministre turc de la Défense Hulusi Akar en Grèce», a-t-il noté.

    Selon l’expert, ces tendances positives s’expliquent par le fait qu’Ankara et les pays de l’UE sont étroitement liés sur le plan économique. Les sanctions américaines contre la Turquie portent notamment préjudice aux sociétés européennes qui représentent 70% des 22.000 sociétés étrangères implantées en Turquie. 

    «Les États-Unis ont de fait déclaré une guerre économique à la Turquie, mais aussi à l’UE […]. Les tendances négatives qui se manifestent dans l’économie turque se répercutent sur ces sociétés, nuisent aux intérêts de l’Allemagne et d’autres pays», a-t-il estimé.

    En plus, l’éventuel retrait d’Ankara de l’Otan et la révision de sa politique sur les réfugiés syriens ou la défense «peut se transformer en cauchemar pour l’Europe», note M.Baydarol.

    «On peut donc s’attendre à des décisions positives concernant le renouvellement de l’accord sur l’Union douanière et une libéralisation des visas entre la Turquie et l’UE […]. Ce rapprochement ne sera pas un phénomène à court terme. Il s’agit d’une nouvelle étape dans leurs relations», a conclu l’analyste.

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    Tags:
    sanctions, Union européenne (UE), Can Baydarol, Hulusi Akar, Peter Altmaier, Angela Merkel, Turquie, Grèce, Allemagne, États-Unis
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