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    Maria Boutina

    Affaire Boutina: l’interdiction de la torture n’est-elle plus un «devoir sacré» des USA?

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    Maria Tonkova
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    Les États-Unis ont des engagements internationaux en matière de droits de l’Homme, a rappelé la Commissaire russe pour les droits de l'Homme, Tatiana Moskalkova. Mardi, lors d’une conférence de presse, elle s’est prononcée sur la détention de Maria Boutina, accusée de «complot» par les autorités américaines.

    La Commissaire russe pour les droits de l'homme, Tatiana Moskalkova, a déclaré à Sputnik que malgré le retrait des États-Unis du Conseil des droits de l'Homme de l'Onu, ils ont néanmoins des engagements à respecter. Cette question est particulièrement importante compte tenu de la détention depuis le 15 juillet de la citoyenne russe Maria Boutina, accusée par les autorités américaines de «complot». L'ambassade russe à Washington avait auparavant qualifié l'attitude des autorités américaines envers la jeune femme de «torture».

    «Les États-Unis participent toujours à de nombreuses conférences internationales liées à ses engagements [le respect des droits de l'Homme, ndlr] et la communauté internationale poursuit le dialogue avec eux», a-t-elle indiqué.

    Mardi lors d'une conférence de presse consacrée à la protection des droits des citoyens russes à l'étranger, Mme Moskalkova a qualifié les mesures appliquées à l'égard de Maria Boutina de «tortures» en précisant qu'elles étaient interdites par le droit international.

    «En ce qui concerne le régime et les conditions de sa détention, un traitement humain et le respect des règles internationales sur l'interdiction des tortures est un devoir sacré de chaque État. Nous estimons que la détention dans une cellule isolée, l'enchaînement et les examens alors qu'elle est totalement nue sont des mesures intolérables et cruelles», a-t-elle ajouté.

    La Commissaire russe pour les droits de l'homme a également indiqué qu'elle cherchait à obtenir la substitution de l'incarcération de Maria Boutina par une assignation à domicile puisque, selon elle, une enquête impartiale n'était pas possible dans ces conditions de «pression psychologique».

    Le sénateur russe Andreï Klichas a également déclaré mardi que les conditions de détention de la jeune femme violaient le pacte international relatif aux droits civils et politiques qui exige que toutes les personnes privées de liberté doivent être traitées «avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine».

    Vendredi, Maria Boutina a été transférée sans préavis dans une nouvelle prison américaine. Selon les diplomates russes qui sont allés la voir, la procédure de transfert avait été «humiliante». Ils ont également souligné que l'attitude des autorités américaines envers la jeune femme ressemblait à de la torture. Entre autres, Mme Boutina qui souffre de l'œdème de la jambe n'a pas été offerte des soins médicaux.

    L'ambassade russe à Washington a attiré l'attention au fait que les États-Unis s'étaient retiré en juin du Conseil des droits de l'Homme de l'Onu.

    «Nous avons l'impression que le retrait des États-Unis du Conseil des droit de l'Homme est lié à l'intention des autorités américaines d'avoir les mains libres pour multiplier de telles provocations», peut-on lire dans un communiqué de l'ambassade.

    L'arrestation de Maria Boutina a eu lieu le 15 juillet, à la veille du sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine à Helsinki. D'après l'accusation, elle est soupçonnée d'être «entrée en collusion [avec des représentant russes] en vue de travailler en tant qu'agent étranger» et de «complot» pour infiltrer des organisations américaines.

    Selon la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova, cette mesure avait pour but de «minimiser l'effet positif» de la rencontre entre les deux Présidents.

    Maria Boutina a fait ses études à l'American University de Washington et un stage à distance à l'Asia Pacific Top Level Domain Association (APTLD) entre mai et août 2017, apprend-on sur le site de cette organisation.

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    Tags:
    assignation à résidence, détention, droits de l’homme, prison, Maria Boutina, Tatiana Moskalkova, États-Unis, Russie
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