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    Les espions américains se plaignent de la vie à Moscou

    © Sputnik . Philippe Put
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    The New York Times écrit que l'ambassade des USA à Moscou se sent «isolée» et subit la «surveillance du contrespionnage russe», selon des sources anonymes du département d’État et des renseignements des USA. Cette situation affecterait les capacités des diplomates à recevoir les informations secrètes sur les intentions du Kremlin.

    Il y a encore deux ans, selon The New York Times, les informateurs du gouvernement russe ou relativement proches de lui allaient volontiers au contact pour raconter beaucoup de choses intéressantes. Mais les choses ont changé. Les anciens informateurs ne sont plus aussi disposés à communiquer avec les représentants américains, et le beau bâtiment situé sur le boulevard Novinski s'est retrouvé privé d'yeux et d'oreilles.

    Toutefois, le journal explique que la situation n'est pas si mauvaise que cela et qu'il n'y a aucune raison de croire qu'ils ont été «percés à jour ou éliminés complètement». Ils se sont simplement fait oublier parce que le contrespionnage les pourchasse, et que la coutume de l'élite russe de se rendre jour et nuit à l'ambassade américaine paraît trop dangereuse à présent.

    La tradition diplomatique séculaire prescrivant à l'ambassadeur de tenir une table ouverte, où la nourriture et le vin délient les langues et où les personnes éminentes du pays d'accueil expliquent à l'hôte cordial ce qu'il faut ou non, a cessé de fonctionner. L'ambassadeur et son second attaché déjeunent en solitaire.

    Cela n'a rien d'étonnant. La communication agréable avec les diplomates étrangers nécessite des relations plus ou moins normales avec le pays en question. Des relations amicales: très bien. Neutres: ça irait. Sans problèmes mais tout en restant correctes: ça irait aussi.

    Mais quand l'affrontement direct entre les puissances est empêché uniquement par la crainte de subir un préjudice inadmissible, et que la question est seulement de savoir qui enterrera l'autre, alors il n'y a plus de place pour une routine diplomatique normale — c'est-à-dire des bals et des déjeuners pour établir des contacts importants avec les informateurs. Même si les relations diplomatiques ne sont pas encore suspendues, la communication des représentants diplomatiques avec différentes personnalités du pays d'accueil se réduit au minimum, voire à zéro.

    On a observé la même chose très récemment à Washington, où aussi bien l'ancien ambassadeur Sergueï Kisliak que son successeur Anatoli Antonov soulignaient le profond isolement dans lequel se trouvait la mission russe — les Américains éminents fuyaient les diplomates russes comme la peste. Et non sans raison. L'atmosphère à Washington est telle que tout contact avec l'ambassade russe risque de susciter des accusations surprenantes — allez ensuite prouver l'inverse.

    Mais les relations diplomatiques sont réciproques par définition, et il serait difficile de s'attendre à ce que, quand l'ambassade russe à Washington est proclamée pestiférée, l'ambassade américaine à Moscou conserve son attractivité pour la haute société. Les amateurs d'art américains en civil ont senti sur eux l'œil vigilant des renseignements russes, et il a été expliqué aux visiteurs de Spaso House que la coopération trop étroite avec les amateurs d'art n'était pas souhaitable pour l'instant. Le fait que les ambassades soient isolées n'a rien d'exceptionnel — telles sont les relations aujourd'hui.

    C'est seulement la simplicité d'esprit des sources américaines anonymes qui étonne. Les Russes, en évoquant les difficultés de leur ambassade à Washington, écrivent que les contacts les plus routiniers et innocents avec les personnalités du pays d'accueil sont bloqués. Tandis que les sources anonymes du NYT, évoquant les difficultés, parlent d'une activité des informateurs russes frôlant la haute trahison. Du moins avec une déloyauté extrême. Tout en déclarant avec optimisme que bien que les contacts avec Moscou soient pratiquement réduits à zéro, ils sont possibles sur le territoire de pays tiers.

    Soit les journalistes de ce journal sont des fantaisistes qui inventent tout et n'importe quoi. Soit les sources anonymes ne voient rien d'extraordinaire dans les fuites sur l'activité de l'ambassade américaine à Moscou, pourtant incompatible avec le statut diplomatique. Certes, l'expression selon laquelle un diplomate est un espion honorable date de plus de trois siècles, mais pourquoi l'écrire dans les journaux sur leurs propres espions honorables et percer à jour ses propres informateurs?

    Quelque chose ne tourne pas rond — soit au New York Times, soit au sein des hautes institutions des USA.

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    Tags:
    espionnage, Moscou
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