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    Vladimir Poutine, Hassan Rohani et Recep Tayyip Erdogan

    Rohani, Poutine et Erdogan à Téhéran pour convenir d’une action conjointe à Idlib

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    Les Présidents d'Iran, de Russie et de Turquie se sont retrouvés vendredi à Téhéran pour parvenir à un accord sur le gouvernorat syrien d’Idlib où sont toujours concentrés plusieurs dizaines de milliers de terroristes, essentiellement membres du Front al-Nosra*. Un politologue turc a commenté la situation pour Sputnik.

    La Turquie s'oppose à une opération d'envergure à Idlib de crainte qu'une telle opération ne provoque un afflux massif de réfugiés, y compris de terroristes, sur son territoire, a indiqué à Sputnik Oytun Orhan, du Centre d'études stratégiques proche-orientales (ORSAM), tout en reconnaissant l'«imminence» de l'opération dans cette région.

    «De toute évidence, la Turquie insistera sur la séparation des groupes radicaux et modérés à Idlib et sur une lutte prioritaire contre le groupe Hayat Tahrir al-Cham*, porté récemment par Ankara sur la liste des organisations terroristes, ainsi que sur le refus de frappes aériennes dans les zones habitées par des civils et ce, afin d'éviter des migrations massives», a poursuivi l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter qu'en cas d'opération limitée, la Turquie pourrait contrôler le flot migratoire.

    «Par ailleurs, dans un tel cas, une certaine partie du territoire [d'Idlib, ndlr] restera sous contrôle de l'opposition, ce qui est également dans l'intérêt de la Turquie. Et enfin, la raison sans doute principale pour laquelle la Turquie s'oppose à une opération d'envergure est liée à ses craintes qu'après la libération d'Idlib, les troupes gouvernementales syriennes puissent se diriger vers Afrine et la région de l'opération Bouclier de l'Euphrate. La Turquie ne veut évidemment pas une telle évolution de la situation», a expliqué M.Orhan.

    Il a toutefois prévenu qu'en l'absence de consensus sur Idlib, la confrontation y serait massive et pourrait provoquer une puissante vague migratoire qui, avec des éléments radicaux, déferlerait d'abord sur la Turquie et ensuite sur l'Europe.

    «Un autre danger est qu'en cas de grave crise humanitaire, les États-Unis et l'Occident pourraient intervenir, et des attaques balistiques contre la Syrie ne seraient pas à exclure, ce qui aggraverait encore plus la situation dans la région et déboucherait sur un nouveau regain de crise migratoire», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

    La semaine dernière, la Turquie a classé comme terroriste le groupe Hayat Tahrir al-Cham*, formation issue du Front al-Nosra*, proche d'Al-Qaïda*, ce qui a élargi la marge de manœuvre conjointe russo-turque en Syrie.

    Le gouvernorat d'Idlib se trouve entre les mains des terroristes du Front al-Nosra* depuis 2015. Les membres de groupes radicaux qui avaient refusé de se rendre aux forces gouvernementales syriennes lors des opérations antiterroristes à Alep, à Homs et dans la Ghouta orientale y ont été transférés par des couloirs humanitaires aux termes d'accords.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    troupes, opération, crise migratoire, opposition, terrorisme, Centre d'études stratégiques proche-orientales (ORSAM), Daech, Hayat Tahrir al-Cham, Front al-Nosra, Al-Qaïda, Sputnik, Oytun Orhan, Ghouta orientale, Euphrate, Afrine (Syrie), Homs, Idlib, Téhéran, Occident, Alep, Turquie, Europe, Iran, Syrie, États-Unis, Russie
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