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    Téhéran-Front Polisario: Rabat dénonce une «connexion dangereuse» pour l’Afrique du nord

    © AP Photo / Abdeljalil Bounhar
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    En comptant sur les réseaux du Front Polisario, Téhéran continue d’étendre son hégémonie aux régions d’Afrique du nord et de l’ouest, concentrant en particulier son activité à la côte atlantique. C’est ce qu’a déclaré ce lundi le ministre marocain des Affaires étrangères, mettant l’accent sur la dangerosité de cette connexion.

    L'Iran continue sa stratégie d'extension de son influence dans la région d'Afrique du nord et de l'ouest, particulièrement dans les pays de la côte atlantique, en s'appuyant sur l'aide du Front Polisario. C'est ce qu'a affirmé le 17 septembre Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, dans un entretien avec le site américain Breitbart, rapporte l'agence de presse officielle marocaine MAP.

    «L'Iran veut utiliser son soutien au Polisario pour transformer le conflit régional, entre l'Algérie et le Polisario d'un côté et le Maroc de l'autre, en un moyen à même d'étendre son pouvoir en Afrique du nord et de l'ouest, particulièrement dans les États de la côte atlantique», a déclaré le diplomate, en précisant qu'il ne s'agissait-là que «d'une facette de l'offensive» que mène Téhéran en Afrique.

    Concernant la «connexion» présumée entre le mouvement chiite libanais Hezbollah et le Front Polisario, le ministre marocain a expliqué que cette dernière revêtait un caractère «très dangereux» pour l'Afrique du nord. Selon lui, étant un mouvement armé, le Polisario constitue un «avantage pour l'Iran puisqu'il connait la région. Ce [les éléments du Front Polisario, ndlr] sont des trafiquants. […] Ils connaissent les routes», a-t-il lancé.

    Évoquant l'activité présumée des Iraniens au sein de son propre pays, le Maroc, M. Bourita a fait savoir qu'«aujourd'hui, ils [les Iraniens, ndlr] sont en train d'entreprendre les mêmes efforts dans d'autres pays d'Afrique du nord. Ils attirent certains de nos jeunes en leur accordant des bourses». Selon lui, «Téhéran se livre aussi à des actions "missionnaires" auprès de la communauté marocaine établie à l'étranger, notamment en Belgique».

    Pour Nasser Bourita, le règlement du conflit du Sahara occidental en soutenant le plan d'autonomie marocain est l'unique solution à même de mettre un terme à l'interventionnisme iranien dans la région. «Les administrations américaines, à commencer par celles de Bill Clinton puis de George W. Bush et même l'administration actuelle, ont clairement indiqué que le plan d'autonomie représente une solution crédible, sérieuse et réaliste [au conflit du Sahara occidental, ndlr]» a affirmé le chef de la diplomatie marocaine, notant qu'«aujourd'hui, il faut passer des déclarations à l'action».

    À cet effet, le responsable marocain a souligné que l'administration Trump disposait de «tout ce qui est nécessaire pour aller de l'avant dans cette question et nous sollicitons son soutien» pour apurer leur plan.

    Pour rappel, le 1er mai le Maroc avait annoncé rompre ses relations avec l'Iran, reprochant au Hezbollah, allié de Téhéran, d'accorder un soutien militaire au Front Polisario. Téhéran avait «fermement» démenti ces accusations, déplorant qu'elles aient pu servir de «prétexte» à une rupture diplomatique.

    Après la décision de Rabat de rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran, la Ligue des États arabes a déclaré d'être solidaire du Maroc.
    Une semaine plus tard, le 8 mai, Donald Trump avait annoncé qu'il retirait son pays de l'accord signé à Vienne en juillet 2015, en vertu duquel l'Iran avait accepté de brider son programme nucléaire, s'engageant à ne jamais chercher à obtenir la bombe atomique en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales visant la République islamique.

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    Tags:
    trafic, influence, hégémonie, Hezbollah, Front Polisario, Nasser Bourita, Maghreb, Sahara occidental, Iran, Maroc
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