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    «Jouet défectueux»: qu’obtiennent les alliés de Washington en achetant ses F-35?

    © AP Photo/ Airman Magazine
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    Qualifiant leur F-35 d’appareil «le plus avancé» du monde, les États-Unis vendent sans honte à leurs partenaires ce «jouet défectueux» trop cher, que ceux-ci n’ont d’autre choix que d’acheter sous la pression de leur allié, indique Forbes.

    Le F-35, chasseur américain de cinquième génération dont le coût de conception s'est élevé à plus de mille milliards de dollars, ne peut toujours pas être exploité à 100%, annonce l'édition russe de Forbes.

    Selon le magazine, sous couvert d'être le chasseur le plus avancé au monde, les États-Unis proposent néanmoins à leurs alliés cet avion extrêmement cher et inefficace. Qui plus est, les acheteurs reçoivent le F-35 dans sa «configuration de base», c'est-à-dire avec un fuselage doté d'un équipement minime, dans sa version destinée à la force aérienne, l'infanterie navale ou la marine. Le prix de cet appareil varie de 95 à 117 millions de dollars (soit 81 à 100 millions d'euros).

    Toutefois, cette version sans moteurs ni armements n'est pas capable de voler. Le plein coût du chasseur doté de tous les équipements nécessaires et en incluant les frais d'exploitation et de service technique est considérablement plus élevé. L'auteur de l'article évoque l'exemple de la Norvège, qui doit recevoir 52 F-35 pour un montant total de 10 milliards de dollars. Le prix de chaque appareil serait de près de 193 millions de dollars (soit 165 millions d'euros).

    Tandis que selon le journal russe Kommersant, la Chine, elle, n'aurait payé que 85 millions de dollars (72 millions d'euros) pour les chasseurs russes de quatrième génération Su-35, considérés comme principaux rivaux du F-35.

    Mais une fois avoir sorti le carnet de chèque pour la version «toutes options» du F-35, son nouveau propriétaire devra faire face à de nombreux problèmes techniques. En août, l'OSBL américaine Projet de surveillance du gouvernement (POGO) a rendu publics des documents dévoilant que Washington cachaient délibérément les défauts critiques de son appareil. Selon ce rapport, les militaires américains auraient détecté pas moins de 966 vulnérabilités, qui pourraient causer la mort non seulement du pilote, mais aussi provoquer des victimes civiles. Les problèmes du système de secours d'urgence, de navigation et de gestion d'armement figurent parmi ces défaillances.

    Malgré tout, les alliés des États-Unis achètent sans rechigner ce «jouet défectueux». Cela s'explique d'abord par l'absence d'industrie aérienne nationale. En Europe, précise Forbes, il n'y a que deux groupes aéronautiques qui disposent d'une chaîne de production complète d'aéronefs militaires, le français Dassault Aviation et l'alliance entre Alenia Aeronautica italienne, BAE Systems britannique et Airbus.

    De plus, Washington a recours à une véritable pression politique pour obliger ses partenaires à acheter son matériel militaire. De plus, l'armement américain est également utilisé comme instrument de chantage: sur fond de refroidissement de ses relations avec la Turquie, les États-Unis ont refusé de lui livrer des F-35 en réponse à la décision d'Ankara d'acheter des systèmes antimissile russes S-400. Même si la partie turque avait déjà payé pour ces avions.

    Néanmoins, cette série de scandales entourant les coûts et la qualité de fabrication du F-35 pourrait bien faire changer d'avis les partenaires de Washington, vis à vis du chasseur mais également du matériel militaire américain en général, conclu l'auteur de l'article.

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    bouclier antimissile, alliés, livraisons d'armes, avion, chasseur, S-400, Su-35, F-35 Lightning II, Europe, Chine, Washington, Turquie, Norvège, États-Unis
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