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    Theresa May

    Face à l’UE, May contre tous, au Royaume-Uni, tous contre May, le Brexit dur se profile

    © Sputnik . Alex McNotton
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    Elliot Lelievre
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    Theresa May l’a répété lors du sommet informel des 28 chefs d’État européens les 19 et 20 septembre: elle n’a pas l’intention de faire marche arrière sur le Brexit. Sauf que son plan de sortie de l’UE a été refusé par les 27 membres et risque de l’être aussi par le Parlement britannique. De quoi voir se profiler un Brexit sans accord?

    L'Union européenne se montre de manière «presque unanime» en faveur d'un second référendum sur le Brexit. C'est ce qu'ont déclaré les chefs d'État maltais et tchèque lors du sommet européen informel qui s'est tenu à Salzbourg, en Autriche, les 19 et 20 septembre derniers.

    ​Une possibilité que Theresa May a définitivement écartée lors de sa prise de parole. La Première ministre britannique a répété que «le Brexit [aurait] bien lieu le 29 mars 2019» et que le plan de sortie de l'Union qu'elle propose, baptisé «plan Chequers», était une «proposition sérieuse et crédible».

    Sauf qu'au cours du même sommet, les 27 États membres ont considéré que le plan Chequers n'est justement pas acceptable sans concessions britanniques supplémentaires. Cette stratégie de sortie de l'Union européenne repose sur la mise en place entre mars 2019 et décembre 2020 d'une zone de libre-échange pour les marchandises et de «normes communes pour tous les biens».

    «Le cadre des relations économiques tel qu'il est proposé ne fonctionnera pas, ne serait-ce que parce qu'il saperait les fondements du marché intérieur», a déclaré Donald Tusk.

    Le président du Conseil européen a ainsi clarifié l'une des objections des 27 au plan de Theresa May. Les États membres considèrent qu'il octroierait au Royaume-Uni un accès déloyal au marché unique, puisque Londres serait en mesure de décider des tarifs douaniers et de conclure de nouveaux accords de libre-échange tout en profitant de l'accès au marché commun.

    ​Emmanuel Macron s'est également prononcé contre le plan Chequers si le gouvernement britannique n'y apportait pas des changements substantiels en déclarant:

    «Les propositions faites en l'état aujourd'hui ne sont pas acceptables, tout particulièrement dans le domaine économique et en l'état, le plan Chequers ne saurait être un plan à prendre ou à laisser.»

    ​Un des points d'achoppement des négociations concerne la frontière irlandaise. Là où les Européens demandent qu'un «filet de sécurité», qui implique une frontière douanière entre l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne soit mis en place en cas de non-accord, Londres refuse catégoriquement de créer une frontière en mer d'Irlande. Une ligne rouge réitérée le 21 septembre par Dominic Raab, le ministre responsable du Brexit.

    ​Bien que Theresa May ait prévenu qu'elle était prête à une sortie sans accord, elle s'est toutefois engagée à présenter de nouvelles propositions pour régler ces différends peu après que le président du Conseil européen, Donald Tusk, ait déclaré:

    «La question irlandaise reste notre priorité et sur ce point-là, nous aurons besoin de plus que de la bonne volonté».

    Pour autant, la Première ministre britannique n'est pas en position de force sur la scène politique intérieure, ce qui lui laisse très peu de marge pour négocier de nouveaux termes du Brexit. L'ancien ministre du Brexit, David Davis, a déclaré le 20 septembre qu'un «noyau solide comme un roc» d'entre 30 et 40 députés Tories seraient prêts à voter contre le plan Chequers. Si cela devait advenir, Theresa May se retrouverait en minorité au Parlement, les termes du Brexit ne seraient pas ratifiés et on irait tout droit vers une sortie sans accord. 

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