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    Manuel Valls

    La Casa de Manuel: «ici, personne ne le connaît à part l’élite catalane»

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    Elliot Lelievre
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    Manuel Valls veut partir à l’assaut de la Mairie de Barcelone, quitte à renoncer à son statut de député français. Ana Maria Surra i Spadea, députée espagnole de Barcelone commente cette annonce, mal accueillie par une partie de la population, qui voit en lui un candidat de l’élite parachuté depuis la France, où sa carrière politique serait finie.

    Manuel Valls sera candidat à la mairie de Barcelone. L'ancien Premier ministre est officiellement entré en campagne le 25 septembre dernier en se présentant à la tête d'une «plateforme» avec le soutien de Ciudadanos, le parti de centre-droit. Rien de plus qu'une «opération de comm' qu'il est en train d'essayer de mettre en place» pour la députée de gauche républicaine (extrême gauche) Ana Maria Surra i Spadea, élue de l'une des circonscriptions de Barcelone.

    «Pour commencer, c'est un perdant. Il a coulé le Président socialiste avec sa politique néolibérale, il a perdu les primaires du PS et a fait couler le parti, son ralliement à Emmanuel Macron a été un échec et aujourd'hui il se présente avec Ciudadanos», observe la députée espagnole au micro de Sputnik, avant d'ajouter avec sarcasme, «C'est très bien, comme ça il va couler ce parti qui n'a même pas son propre candidat».

    ​Manuel Valls présente sa candidature: «Je veux être le prochain maire de Barcelone». Curriculum du protégé de Ciudadanos: il a ruiné le PS de Hollande, créé une crise sociale avec sa réforme du travail, est un député absentéiste. Un homme politique de hasard. Il démissionnera de son poste de conseiller municipal.

    Car s'il a fait taire une partie des critiques qui s'élevaient contre lui en France en annonçant qu'il démissionnerait très prochainement de son poste de député à l'Assemblée nationale pour se consacrer à un «choix de vie», une partie de l'opinion catalane n'a aucune envie de le voir remporter la mairie de Barcelone.

    «Ce sont des élections municipales, pour aborder les thèmes de la ville de Barcelone, pas la relation de la Catalogne avec l'Espagne. Ce sont des élections municipales et quand il s'est présenté hier, il ne savait même pas combien Barcelone a de quartiers, il ne sait pas non plus quels sont les sujets qui intéressent les Barcelonais», estimait la députée de Barcelone.

    ​«Toujours avec vous» promettait #Valls à ses électeurs de la périphérie de Paris avant de les abandonner. Barcelonais, vous pouvez d'ores et déjà imaginer ce qui vous attend. #recyclage #Vallsdémission

    Débarqué à Barcelone il y a très peu de temps, l'étiquette de parachuté politique lui colle à la peau, surtout au vu de son parcours politique en France. Une image qu'Ana Maria Surra reprend à son compte:

    «Il ne connaît pas la population et les gens voteront aux municipales pour des enjeux locaux. Il n'a ni idée, ni programme, ni rien. Il vient avec son parachute, à l'aveugle.»

    ​Marginalisé en France, Valls cherche un parachute. Il vient parce que là-bas, il n'a rien à faire (ils disent tous qu'il est plus seul que la Une).

    Un parachutage qui l'empêcherait, selon la députée espagnole, de saisir les enjeux qui préoccupent réellement les Barcelonais.

    «Tout d'abord, les divisions entre Catalans ne sont pas celles dont il parle. Venir et dire qu'il y a une rupture sociale alors qu'elle n'existe pas, venir et dire qu'il est le sauveur et que la seule manière d'améliorer la situation, c'est de savoir combien sont en faveur de l'indépendantisme et combien sont en faveur de l'union, c'est quelque chose que je ne comprends pas. S'il vivait ici, il verrait qu'il n'y a pas de confrontation.»

    Ana Maria Surra l'accuse ensuite de cliver la société catalane et de créer des divisions qu'il dénonce en désignant les indépendantistes comme des populistes:

    «Dire que les indépendantistes sont nationalistes est un mauvais discours. Nous ne sommes pas nationalistes, nous sommes républicains. Ici, il n'y a pas de confrontation sociale, il y a des gens qui pensent d'une façon et d'autres qui pensent d'une autre façon.»

    Mais l'une des critiques les plus acerbes à l'encontre de Manuel Valls est qu'il est vu par une partie de la population barcelonaise comme xénophobe, du fait de son comportement à l'égard des Roms lorsqu'il était chef du gouvernement:

    «Ici, personne ne le connaît, à part l'élite catalane. En plus, il est xénophobe, ce qui est totalement opposé à la vision qu'ont les Catalans de l'immigration. Je suis moi-même immigrante, je suis comme beaucoup d'autres impliquée dans la vie politique, parce que nous sommes venus construire. Venir avec un discours xénophobe soutenu par l'élite économique, ça ne peut être qu'une bombe à retardement.»

    Pour ces raisons, la députée de la circonscription de Barcelone considère que l'ancien Premier ministre n'a «aucune chance de remporter les élections».

    «Nous pensons qu'aucun parti ne sera en mesure de dégager une majorité absolue, qu'il faudra conclure des accords, mais que la majorité sera indépendantiste ou du moins démocrate.»

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    Tags:
    Manuel Valls, Barcelone
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