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Le Québec vient de tourner la page de 15 ans de pouvoir libéral et multiculturaliste. La Coalition Avenir Québec, dernier arrivé sur la scène politique, vient de remporter l’élection provinciale. Quel est ce nouveau venu à droite qui vient de marquer l’histoire québécoise?

Vague populiste, diront ses détracteurs, droite moderne et équilibrée pour ses partisans, en tout cas, c'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour le Québec! Dans la Capitale nationale, le veut du changement était perceptible, éclipsant l'air frais de l'automne. La Coalition Avenir Québec (CAQ), un jeune parti de droite, est parvenue à prendre le pouvoir.

C'est une défaite historique pour le Parti libéral du Québec (PLQ). Congédié par les Québécois, le Premier ministre, Philippe Couillard, n'entamera pas un deuxième mandat. Un scénario plutôt rare au Canada, au niveau fédéral comme provincial.

Pour attendre les résultats, la Coalition Avenir Québec a tenu son grand rassemblement au Centre des congrès de Québec, juste en face de l'Assemblée nationale. Un symbole fort: en choisissant de tenir son meeting à cet endroit précis, la CAQ envoyait le message qu'elle était proche du pouvoir. Pari gagné.

«Il y a beaucoup de Québécois qui ont mis de côté un débat qui nous a divisés depuis 50 ans [le débat sur l'indépendance du Québec, ndlr]. On a réussi à rassembler, et c'est dans cet esprit de rassemblement, que j'ai l'intention de gouverner pour tous les Québécois. Il y a beaucoup plus de choses que l'on partage que celles qui nous divisent», a déclaré le chef de la CAQ, François Legault, après sa victoire.

La CAQ a dépassé tous les pronostics des sondeurs. Dans la dernière ligne droite, on lui prédisait surtout un mandat minoritaire, mais c'est un gouvernement majoritaire qu'elle formera dès les prochaines semaines. Le parti de M. Legault dispose en effet d'assez de sièges à l'Assemblée nationale pour gouverner librement, sans avoir à faire de concessions ou à nouer d'alliances avec d'autres partis.

Gouvernement majoritaire: la CAQ dépasse les attentes

La CAQ marque d'autant plus l'histoire que c'est la toute première fois qu'elle prend le pouvoir. Fondée en 2011 et incarnant la droite moderne, cette formation est dirigée depuis par François Legault, futur Premier ministre du Québec. Longtemps favorable à l'indépendance du Québec, il s'est rallié à l'autonomisme depuis quelques années. Son parti veut protéger l'identité québécoise, mais sans séparer le Québec de la fédération canadienne. Une position intermédiaire.

M. Legault est un homme d'affaires et un ancien ministre de l'Éducation du Parti québécois (1998-2002). Son ancien parti, le PQ, vient d'ailleurs de subir une défaite historique. Victime de la baisse de popularité de la souveraineté et de sa récupération par la gauche, le PQ se retrouve maintenant en marge du jeu politique.

L'effondrement du PQ représente un coup dur pour de nombreux Québécois attachés à l'indépendance. Un coup dur même pour certains qui n'ont pas voté Parti québécois. C'est vraiment un cycle qui se termine, et nombreux sont les citoyens qui semblent le ressentir. Il y a de la nostalgie dans l'air.

Un Québec fort dans un Canada uni: la vision de la CAQ

Pour se tailler un chemin jusqu'au pouvoir, la Coalition Avenir Québec a profité de l'insatisfaction de plus en plus de Québécois par rapport au multiculturalisme. Depuis au moins quatre ans, la population québécoise se montre assez défavorable à ce modèle de société. La CAQ a su canaliser le désir d'unité du peuple québécois.

La CAQ propose de baisser le nombre de personnes immigrées reçues annuellement au Québec. Une mesure qui vise à protéger l'identité québécoise et à mieux intégrer les immigrés déjà arrivés. Concrètement, le parti propose de passer d'environ 52.000 à 40.000 immigrés reçus annuellement, pour une population d'environ 8 millions de personnes. Plusieurs observateurs pensaient que la CAQ allait céder sur cette question, mais elle a maintenu sa position durant toute la campagne, ne se laissant pas impressionner par les accusations de xénophobie de ses adversaires.

Réduire les seuils d'immigration au Québec

Comme d'autres peuples occidentaux, les Québécois craignent aussi la montée de l'intégrisme religieux. Sans prôner une stricte laïcité, la CAQ propose d'interdire le port de signes religieux pour les personnes en position d'autorité comme les juges, les enseignants et les policiers. Une position qui rassure et qui se veut équilibrée.

Tout au long de la campagne électorale, la CAQ s'est présentée comme «le parti de l'économie». Sur ce point, en remportant l'élection, la CAQ a détrôné le Parti libéral du Québec, longtemps considéré comme le meilleur en matière de croissance économique.

Enfin, François Legault a profité du manque de charisme évident du Premier ministre défait, Philippe Couillard. Un homme que d'aucuns trouvent, froid, distant et déconnecté de la réalité des Québécois. «La première qualité d'un Premier ministre, c'est d'aimer les Québécois», a affirmé François Legault lors de son discours. Avec M. Couillard, peut-être que les Québécois ne se sentaient-ils pas assez aimés.

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Tags:
partis politiques, multiculturalisme, élections, Québec, Canada
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