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    Les drapeaux algérien et français sur un immeuble à Alger lors de la visite du Président Jacques Chirac en mars 2003

    Algérie-France: l’ex-chef de la DGSE évoque deux raisons qui bloquent les relations

    © AFP 2018 HOCINE ZAOURAR
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    Dans une interview parue le 10 octobre dans Jeune Afrique, l’ex-chef de la DGSE et ancien ambassadeur de France à Alger a reconnu que Paris s’était toujours positionné en faveur de Rabat sur la question du Sahara occidental, tout en soulignant que son pays avait commis des erreurs graves durant son occupation de l’Algérie.

    La France s'est toujours rangée du côté du Maroc concernant la question du conflit au Sahara occidental, tout comme elle n'a pas fait d'efforts pour aider l'Algérie indépendante à se développer, a déclaré le 10 octobre Bernard Bajolet, l'ancien ambassadeur de France à Alger et ex-chef de la DGSE sous Nicolas Sarkozy, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Jeune Afrique, tout en affirmant qu'il ne parle qu'en son nom et qu'il n'est «mandaté par personne».

    S'exprimant sur les critiques des autorités algériennes quant à la constance de la position française dans son soutien au plan d'autonomie marocain pour la résolution du conflit au Sahara occidental, l'ancien diplomate a déclaré: «bien sûr, et ce n'est pas faux». «Les Algériens nous reprochent de toujours défendre la position marocaine, que m'a d'ailleurs dit dès le départ le Président Bouteflika, sans animosité aucune. Je ne pouvais pas lui donner totalement tort», a-t-il affirmé. «Je lui ai répondu qu'il ne s'agissait pas d'un parti pris mais de la conviction, en France, que l'affaire du Sahara était plus vitale pour le Maroc, plus importante pour sa stabilité, que ce n'était le cas pour l'Algérie», a-t-il encore précisé.

    Selon l'ex-chef de la DGSE, le chef de l'État algérien n'a pas nié dans sa réponse cette réalité «tout en m'indiquant qu'il n'y aurait pas de lune de miel avec le Maroc ni de Maghreb arabe si cette question [du Sahara occidental, ndlr] ne trouvait pas une solution équitable».

    Évoquant la période coloniale et l'épineuse question de la mémoire entre les deux États, en particulier le reproche fait par les Algériens à la France d'être la cause du sous-développement de leur pays, M.Bajolet a fait savoir que «lors du premier séjour que j'y ai effectué, dans les années 1970 [en tant qu'ambassadeur, ndlr], j'étais irrité qu'on mette tous les malheurs de ce pays sur le compte de la France. À mon retour, en 2006, j'étais un peu plus nuancé». «La France n'a rien fait pour aider l'Algérie à décoller. À aucun moment, elle n'a offert aux Algériens [durant la période coloniale, ndlr] un statut équivalent à celui des Français», a-t-il soutenu.

    Mettant en relief le mode de gestion suivi en Algérie durant l'occupation, l'ancien ambassadeur a rappelé que «l'administration coloniale s'est imposée sans intégrer les Algériens et sans les préparer à gérer un État par la suite. Quand la France est partie, en 1962, il n'y avait plus d'État». «Ceci est un énorme handicap qui continue, même 50 ans plus tard, à produire des effets», a-t-il ajouté, tout en se disant contre l'idée de présenter des excuses.

    Pour rappel, après sa déclaration, le 21 septembre, que le Président Abdelaziz Bouteflika était «maintenu en vie artificiellement», Bernard Bajolet a affirmé le 25 septembre, lors d'une conférence publique, que le pouvoir en Algérie était dans un état de «momification» et que ceci servait les intérêts des cercles qui voulaient «continuer à se maintenir au pouvoir et à s'enrichir». Ces déclarations ont créé de vives polémiques en Algérie, amenant des membres du gouvernement du pays à réagir à ces propos.

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    Tags:
    autodétermination, autonomie, colonisation, relations diplomatiques, relations bilatérales, DGSE, Bernard Bajolet, Abdelaziz Bouteflika, Sahara occidental, France, Algérie
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