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Recep Tayyip Erdogan a qualifié de «page tournée» une fois pour toutes l’époque où la Turquie avait recours aux prêts du Fonds monétaire international (FMI), déclarant que son pays n’en avait tout simplement plus besoin. Deux économistes turcs et un analyste russe ont commenté pour Sputnik cette déclaration du Président turc.

La décision du Président Erdogan de renoncer à la coopération avec le Fonds monétaire international (FMI) est éminemment positive, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik Ercan Enç, vice-président du Vatan (Patrie), parti non représenté au parlement turc.

«Pas un seul programme proposé par le FMI non seulement à la Turquie, mais aussi à d'autres pays émergents n'a réussi. […] Les recettes d'assistance proposées par le FMI ne sont pas efficaces. Aussi, notre parti qualifie-t-il d'opportune et raisonnable la décision de renoncer définitivement à la coopération avec cette structure», a expliqué l'interlocuteur de l'agence.

Selon ce dernier, si la Turquie avait sollicité l'aide du Fonds monétaire international, «elle aurait reconnu sa dépendance vis-à-vis de l'Occident et se serait ainsi rendue à sa merci».

«Cela aurait signifié pour la Turquie renoncer à son indépendance», a résumé l'homme politique.

Quoi qu'il en soit, Ergün Kaya, membre du comité exécutif du parti islamo-conservateur Saadet (Parti de la félicité, Saadet Partisi, SP), a indiqué que la politique économique actuelle des autorités turques contraindrait tôt ou tard le pays à demander des prêts au Fonds monétaire international, tout en ajoutant que son parti ne considérait évidemment pas comme bon le choix de se tourner vers le FMI.

«Pourtant, dès le début, tout le système dans le pays a été adapté par le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) à la politique du FMI. […] Depuis 2001, la Turquie s'en tient invariablement à cette politique», a rappelé l'économiste turc.

Un autre interlocuteur de Sputnik, Vladimir Fitine, directeur du Centre du Proche- et Moyen-Orient de l'Institut russe d'études stratégiques, a souligné pour sa part que la Turquie avait choisi sa propre voie, voyant la résolution des problèmes économiques dans la création d'un climat de confiance pour les milieux d'affaires étrangers et, par conséquent, la croissance d'investissements dans le pays.

«La pratique du travail avec le FMI a amené la Turquie à la conclusion selon laquelle la poursuite de cette coopération ne serait ni raisonnable ni efficace. […] La Turquie s'est pratiquement adaptée à la situation actuelle. La livre turque n'est plus en chute libre. Elle s'est même quelque peu consolidée. Une stabilisation est évidente, alors que le marché intérieur turc fonctionne absolument sans problèmes», a conclu M.Fitine.

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politique, indépendance, coopération, prêt, Saadet (Parti de la félicité, Saadet Partisi, SP), Parlement turc, Parti de la justice et du développement (AKP) turc, Vatan, Sputnik, Fonds monétaire international (FMI), Vladimir Fitine, Ergün Kaya, Ercan Enç, Recep Tayyip Erdogan, Turquie
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