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    S’agit-il d’élections «historiques» en Bavière?

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    En Bavière, l'Union chrétienne-sociale (CSU), alliée de la chancelière allemande, a perdu la majorité absolue au parlement régional avec son plus mauvais résultat depuis 1950, n’ayant remporté que 37,2% des suffrages. Sputnik s’en est entretenu avec Andreas Roedder, professeur d’histoire à l'université Johannes Gutenberg de Mayence.

    Le piètre résultat de l'Union chrétienne-sociale (CSU), parti frère de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) de la chancelière Angela Merkel, au scrutin régional du 14 octobre en Bavière qui arrive toutefois en tête avec 37,2% des suffrages, est une sorte de paradoxe, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik Andreas Roedder, de l'université Johannes Gutenberg de Mayence.

    «La Bavière est la région la plus riche et, dans un certain sens, la plus performante de l'Allemagne. Son gouvernement régional est très efficace. À mon avis, le résultat de ces élections [bavaroises, ndlr] reflète plutôt la situation du gouvernement fédéral dans le pays. Je pense que cela s'explique sans doute par les divergences entre la CSU et Angela Merkel sur la politique migratoire», a supposé l'interlocuteur de l'agence.

    À l'issue des élections, la CSU reste en tête mais perd plus de 12% de son électorat par rapport à 2013 et ne peut plus prétendre à gouverner seule le Land de Bavière, comme elle l'a fait depuis les années 60.

    «Il s'agit en fait d'un très mauvais résultat pour Merkel et d'un mauvais résultat pour la CSU qui reflète une crise au sein du parti», a reconnu l'universitaire, ajoutant que la situation n'était toutefois pas aussi dramatique qu'elle aurait pu l'être.

    Horst Seehofer
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    M.Roedder a signalé par ailleurs que l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) ne cessait de s'installer massivement dans le pays.

    L'affaiblissement de la CSU et la déroute du SPD, devenu le cinquième parti en Bavière, ouvrent la voie à d'autres partis. Les Verts deviennent le deuxième parti le plus important et doublent leur score de 2013, passant de 8,6 à 17,5% des voix. Le parti écologiste obtient 38 sièges, soit 20 de plus qu'il y a cinq ans, et rafle la mise à Munich avec cinq élus sur six circonscriptions.

    Mais la principale évolution de ces dernières élections en Bavière est l'émergence de la droite. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui n'était même pas présente en 2013, devient le 4e parti pour qui on a le plus voté. La formation obtient 10,2% des voix et 22 sièges, ce qui la met à égalité avec les socialistes du SPD malgré un score plus élevé.

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    partis politiques, suffrages, vote, élections, université Johannes Gutenberg de Mayence, Parti vert allemand (Die Grünen), Alternative pour l'Allemagne (AfD, parti populiste allemand), Parti social-démocrate allemand (SPD), Union chrétienne-sociale (CSU) d'Allemagne, Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Allemagne, Sputnik, Andreas Roedder, Angela Merkel, Bavière, Allemagne
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