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    Les incohérences dans l’affaire Khashoggi relevées par les internautes

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    Disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi (105)
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    La mort de Jamal Khashoggi confirmée, les réseaux sociaux ont été noyés de questions, de reproches d’une politique du deux poids deux mesures et de demandes d’explications sur une «rixe» qui a entraîné sa mort, sur le silence européen et sur la réaction de Donald Trump qui a jugé «crédibles» les résultats de l’enquête préliminaire.

    Plus de deux semaines après la «disparition» du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le procureur général d'Arabie saoudite affirme, se fondant sur les résultats de l'enquête préliminaire, qu'il est mort dans une dispute qui a éclaté dans le consulat saoudien. Sur Twitter, les hashtags #ConsulatDeLaTerreur et #JusticeForJamal (justice pour Jamal) ont été lancés et les utilisateurs ne se sont pas privés d'exprimer leur colère contre la situation en général une vague de… silence et d'acceptation de la «crédibilité» de ces conclusions.

    «Je ne veux rien lire à propos de Khashoggi jusqu'à ce qu'ils montrent un bras ou visage pour une fois. Cette farce est ridicule», se sont indignés certains.

    «Et voilà la rumeur s'avère être la vérité. Les attaques dont sont victimes les journalistes constituent un abus de pouvoir et une négation totale de la liberté d'expression, c'est-à-dire une violation des droits de l'Homme».

    D'autres n'hésitent pas à s'attaquer au Royaume saoudien, alors que d'autres encore s'interrogent sur les circonstances réelles du décès du journaliste.

    En cela, la déclaration du procureur général saoudien semble avoir soulevé une déferlante de questions:

    «Un mec contre 15 agents saoudiens? Où est le corps?»

    «Où est le corps? Pourquoi les Saoudiens ont-ils dit il y a quelques semaines qu'il avait quitté l'ambassade? Pourquoi y avait-il une scie là-bas? Un spécialiste en médecine légale pour une bagarre au poing? Pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour parvenir à des conclusions? Pourquoi y a-t-il un enregistrement qui ne semble pas reproduire une bagarre au poing?»

    Néanmoins, certains préfèrent ne pas tirer de conclusions hâtives et considèrent les conclusions d'Ankara avec scepticisme.

    Un autre sujet qui enflamme le débat est la réaction des leaders européens, ou plutôt son absence.

    La réaction du Président américain a, quant à elle, suscité le plus de désapprobation, certains s'excusant même au nom des États-Unis.

    «Je n'ai pas vu beaucoup de sympathie pour la famille de la part du peuple américain qui présente ses condoléances à la famille Khashoggi. Nous nous excusons pour le fait que Trump a dissimulé la mort de ce journaliste. Trump est coupable de nombreux crimes, c'est l'un de ceux qui se classe au premier rang avec la cruauté envers les enfants immigrants».

    En même temps, un parallèle a été établi entre les affaires Skripal et Khashoggi, la différence de traitement des nouvelles également mise en exergue.

    «Jusque là, #Khashoggi est aussi mort ou vivant (pas de blagues à la Schrödinger!) comme Sergey ou Julia #Skripal…»

    «Il est intéressant de noter le silence complet de Theresa May sur le meurtre de Jamal Khashoggi par les Saoudiens. Prompte à sanctionner et condamner la Russie à propos de Skripal, mais voilà un assassinat horrible dans un consulat dissimulé par notre partenaire commercial et toujours pas un mot en deux semaines», soulignent d'autres.

    «La Russie a été accusée sans aucune preuve d'avoir tenté de tuer Sergueï Skripal et sa fille et des sanctions lui ont été imposées. L'Arabie saoudite, elle, a tué Jamal Khashoggi et la preuve est là, mais rien n'a été fait jusqu'à présent».

    L'explication de l'affaire, initialement présentée comme la «disparition» de Jamal Khashoggi et débouchant finalement sur la confirmation de sa mort dans une «bagarre» au consulat a été amplement reprochée à Riyad, les points faibles de sa position, selon des utilisateurs, mis en évidence: un homme de 60 ans s'est lancé alors dans une sorte de rixe avec des agents de sécurité saoudiens — «est-ce la meilleure excuse que Riyad a pu présenter après 16 jours de réflexion?»

    Les médias français n'ont pas non plus été épargnés par les critiques.

    Le procureur général Cheikh Saoud Al-Mojeb a annoncé que le journaliste Jamal Khashoggi était mort en raison d'une rixe dans le consulat saoudien à Istanbul. 18 Saoudiens ont été arrêtés dans le cadre de l'affaire sur la disparition du journaliste. Riyad a également annoncé la destitution d'un haut responsable du renseignement saoudien, Ahmad al-Assiri, et d'un important conseiller à la cour royale, Saoud al-Qahtani, deux proches collaborateurs du prince héritier Mohammed ben Salmane.

    Virulent critique du pouvoir saoudien, Jamal Khashoggi n'avait plus donné signe de vie depuis son entrée le 2 octobre dans le bâtiment du consulat saoudien à Istanbul.

    Dossier:
    Disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi (105)

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    internautes, bagarre, réactions, consulat, critiques, décès, Jamal Khashoggi, Donald Trump, Riyad, Istanbul, Arabie Saoudite, Turquie, États-Unis
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