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    Mikhaïl Gorbatchev

    Les USA «dans une impasse»: Gorbatchev sur leur éventuel retrait du Traité FNI

    © Sputnik . Youri Abramotchkine
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    L'ex-Président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, qui a signé le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) avec le Président américain Ronald Reagan, a commenté pour Sputnik l'intention des États-Unis de s'en retirer. Pour lui, Washington s'est retrouvé «dans une impasse et a suivi cette voie irresponsable».

    L'ancien Président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a évoqué dans une interview accordée à Sputnik l'intention de Washington de se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

    «On a l'impression que la partie américaine s'est retrouvée dans une impasse pour prendre ses décisions et a suivi cette voie irresponsable», a-t-il noté.

    Il s'est résolument élevé contre la sortie de cet accord.

    «Je l'estime inacceptable. Arriver à adopter les décisions essentielles de ces deux accords [FNI et START, ndlr] sur la liquidation d'armes et de charges nucléaires était une grande victoire», a-t-il indiqué.

    Selon lui, «l'affaire traîne déjà en longueur et le processus de destruction des armements nucléaires s'est arrêté», mais au lieu de le relancer, les politiciens «suggèrent» de telles idées.

    «Et aujourd'hui, pour une intrigue, pour un caprice, se retirer de ces accords! Pour tout recommencer dès le début?», s'est demandé Mikhaïl Gorbatchev.

    Si les hommes politiques actuels «ne savent pas quoi faire, qu'ils démissionnent», leur a-t-il conseillé, mettant en relief l'importance des ententes établies qui figurent sur les accords signés par Moscou et Washington.

    Dans l'optique d'un éventuel retrait des États-Unis du Traité FNI, il importe de faire appel aux institutions internationales, notamment aux Nations unies, a-t-il encore fait remarquer.

    Signé le 8 décembre 1987 par le Président américain Ronald Reagan et le secrétaire général du Parti communiste Mikhaïl Gorbatchev, le Traité FNI visait à détruire en trois ans les missiles d'une portée de 500 à 5.500 km. En mai 1991, les conditions prévues par l'accord ont été remplies: l'Union soviétique a détruit plus de 1.700 missiles balistiques et de croisière basés au sol, et Washington s'en est débarrassé de 859. Conclu à durée indéterminée, le Traité permet à chacune des parties de le quitter en justifiant l'indispensabilité de son geste. Ces 30 dernières années, Moscou et Washington ne cessent d'échanger des piques, s'accusant l'un et l'autre de violer le document et menaçant de s'en retirer.

    Les dirigeants russes ont pour leur part confirmé à plusieurs reprises leur attachement au Traité FNI, ajoutant qu'il n'y avait jamais eu de «violation de notre part». Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait précédemment indiqué que Moscou avait des questions sérieuses à poser aux États-Unis à propos de certains «écarts» que les Américains se permettaient en appliquant le Traité.

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    Tags:
    armes nucléaires, missiles, accords, retrait, Traité de réduction des armes stratégiques offensives (START), Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), ONU, Sputnik, Sergueï Lavrov, Mikhaïl Gorbatchev, Washington, URSS, Russie, États-Unis
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