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    Le Nouvel an berbère à Moscou, le 13 janvier 2018

    L’arabe vs le berbère en Algérie: Alger fait une annonce qui pourrait clore le débat

    © Sputnik . Diana Saifullina
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    Régissant à la polémique créée par la décision de certains lycéens de Kabylie de ne plus étudier la langue arabe en réponse à la décision prise par certains lycéens dans l’est de l’Algérie de ne pas se présenter aux cours de tamazight, le Premier ministre algérien a annoncé la création de l’Académie de la langue berbère avant la fin 2018.

    Sur fond du mouvement lancé depuis le 14 octobre par certains lycéens de la région de Kabylie, en Algérie, pour le boycott des cours de langue arabe en réaction au refus de certains lycéens dans l'est du pays d'étudier la langue berbère, le tamazight, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a affirmé devant la presse, le 29 octobre à Alger, que «l'Académie algérienne de la langue amazighe [la langue berbère, ndlr] sera mise en place avant la fin de l'année en cours», conformément aux dispositions de la Constitution du pays. Le responsable s'est exprimé sur cette question à l'occasion de l'inauguration du 23e Salon international du livre d'Alger (SILA).

    «Le HCA [le Haut-commissariat à l'Amazighité, ndlr] joue un rôle important dans la promotion de la langue amazighe et continuera à accomplir sa mission en coordination avec l'Académie», a-t-il encore précisé.

    Évoquant la confusion qui s'est répandue dans certains lycées du pays au sujet de l'enseignement du tamazight, le Premier ministre algérien a mis en garde contre toute dérive en déclarant qu'«il y a des gens qui tentent de semer le trouble à propos de cette question». «Le Président de la République a pris des mesures pour promouvoir le tamazight en tant que langue nationale et officielle aux côtés de la langue arabe», a-t-il rappelé, en précisant que le «tamazight est aujourd'hui enseigné dans plus de 30 wilayas [48 wilaya au total, ndlr]».

    Prévue par l'article 4 de la Constitution, amendée en 2016, l'Académie algérienne de la langue amazighe sera rattachée à l'administration présidentielle. Elle sera composée 50 membres au plus. Son rôle sera de compiler le corpus national en tamazight dans toutes ses variétés linguistiques, d'établir sa normalisation à tous les niveaux de description et d'analyse linguistique, et d'élaborer un dictionnaire de référence.

    Plus tôt, des élèves de plusieurs lycées et collèges dans la région de Kabylie avaient décidé de boycotter l'enseignement de la langue arabe en réponse à la volonté de certains lycéens, dans d'autres régions du pays, de refuser l'enseignement de la langue berbère, le tamazight. Bien que reconnue par la constitution algérienne comme une langue nationale et officielle, l'enseignement de la langue berbère est toujours un sujet polémique dans le pays.

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    académiciens, langue arabe, Berbères, enseignement, boycott, Ahmed Ouyahia, Algérie
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