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    Prime US pour trois dirigeants du PKK: les députés turcs sont sceptiques

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    Washington promet trois à cinq millions de dollars pour tout renseignement permettant d’identifier ou de localiser trois responsables du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Des parlementaires turcs commentent pour Sputnik cette nouvelle sur la mise à prix de membres du PKK, organisation qualifiée de terroriste par Ankara.

    L'annonce par les États-Unis de récompenses allant de trois à cinq millions de dollars pour tout renseignement sur Murat Karayilan, Cemil Bayik et Duran Kalkan, tous les trois militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), n'est qu'une démarche tactique qui ne doit pas être prise au sérieux, ont déclaré à Sputnik deux députés turcs, l'un qui représente le parti au pouvoir et l'autre l'opposition.

    Les parlementaires sont par ailleurs unanimes à estimer qu'il s'agit d'une démarche qui ne vise qu'à détourner l'attention de la Turquie du soutien accordé par les États-Unis aux Unités de protection du peuple kurde (YPG) en Syrie.

    «Les officiels et le renseignement américains savent très bien que les Unités de protection du peuple kurde sont une structure associée au Parti des travailleurs du Kurdistan. […] Si, par l'annonce d'une prime pour la capture de trois leaders du PKK, les États-Unis veulent montrer qu'ils distinguent les YPG et le PKK, et veulent ainsi obtenir de la Turquie des concessions quelconques, leur stratégie est vouée à l'échec», a déclaré à Sputnik Naci Bostanci, chef du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) au parlement turc.

    Un autre interlocuteur de l'agence, Engin Özkoç, vice-président du groupe de députés du Parti républicain du peuple (CHP, principale force d'opposition), a souligné que la Turquie ne devrait pas tomber dans le piège tendu par les Américains.

    «D'une part, Washington insiste sur la nécessité de lutter contre le PKK, de l'autre, il ne cesse d'armer les YPG, effectue avec elles des patrouilles conjointes des territoires dans le nord de la Syrie et s'applique à recouper les frontières dans ses intérêts, se servant pour cela du facteur kurde. La Turquie ne doit pas être leurrée par cette manœuvre des États-Unis ni être impliquée dans le dessein américain au Proche-Orient», a résumé le parlementaire.

    Matthew Palmer, sous-secrétaire d'État adjoint américain, a annoncé mardi, à l'issue d'une visite à Ankara, la décision de Washington d'offrir plusieurs millions de dollars pour obtenir des informations sur les allées et venues de trois dirigeants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Les États-Unis considèrent le PKK comme une organisation terroriste depuis 1997, mais la Turquie s'est montrée très mécontente de leur coopération récemment en Syrie avec les YPG, qu'Ankara considère comme une branche du PKK.

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    patrouille, Kurdes, députés, parlement, pouvoir politique, opposition, Parlement turc, Sputnik, Parti républicain du peuple turc (CHP), Unités de protection populaire kurdes (YPG), Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Parti de la justice et du développement (AKP) turc, Matthew Palmer, Engin Özkoç, Naci Bostanci, Duran Kalkan, Cemil Bayik, Murat Karayilan, Syrie, Washington, États-Unis, Ankara, Turquie
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