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    On n'arrête pas le progres.sisme: prénoms à la carte dans une université canadienne

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    Jérôme Blanchet-Gravel
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    Qui l'aurait cru? Par souci d'ouverture, la direction d'une université canadienne vient d'annoncer que les étudiants pourront maintenant choisir leur prénom. Il sera même possible pour un étudiant de se faire appeler par un prénom qu'il a totalement inventé... Sputnik s'est penché sur ce curieux phénomène.

    Ce n'est pas une blague ni une «fake news». Pour se montrer plus «inclusive», la direction d'une université canadienne, à Montréal, vient d'annoncer que ses étudiants pourraient désormais choisir leur prénom. En effet, les quelque 35.000 étudiants de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) pourront demander à leurs professeurs de se faire appeler par un prénom qu'ils ont entièrement choisi. Une politique qui vise à satisfaire les demandes de groupes de défense de la diversité sexuelle.

    Dès janvier 2019, l'administration de l'établissement fera donc la distinction entre le nom légal d'une personne et son «prénom choisi». La direction de l'université définit ce pseudonyme comme «un prénom que certaines personnes utilisent couramment pour s'identifier, mais qui est différent de leur prénom légal.»

    L'administration se réserve toutefois le droit de refuser les demandes «abusives ou farfelues».

    «En effet, dès le 4 janvier 2019, dans une démarche qui se veut inclusive et neutre, l'UQAM sera la première université francophone au Québec qui permettra, à certaines conditions, à toutes les étudiantes et à tous les étudiants qui en font la demande d'ajouter un prénom choisi à leur dossier étudiant. Cette initiative vise à mieux refléter la réalité de certaines personnes et à faciliter leur parcours et leurs interactions au sein de la communauté universitaire», peut-on lire sur le site Internet de l'université.

    Cette initiative vise d'abord à offrir la possibilité aux étudiants «transgenres» d'exprimer leur personnalité à travers le choix de leur prénom. Une personne transgenre est un individu dont l'identité sexuelle ne serait pas totalement définie, ou qui ne correspondrait pas à l'idée de ce que se font les gens d'un homme ou d'une femme.

    Une mesure pour respecter la diversité sexuelle

    L'administration de l'UQAM précise toutefois que les changements de prénom peuvent servir d'autres buts. Par exemple, les étudiants qui portent plusieurs prénoms pourront n'en choisir qu'un seul pour se simplifier la vie. La porte-parole de l'UQAM, Jenny Desrochers, estime aussi que cette mesure pourrait intéresser les étudiants chinois qui préfèrent adopter un prénom occidental une fois arrivés au Canada. Bref, il y en aurait pour tous les goûts…
    Précisons que l'UQAM apparaît depuis déjà plusieurs années comme le laboratoire par excellence des luttes progressistes, féministes et multiculturalistes au Québec. Cette université est maintenant reconnue pour ses associations étudiantes aux tendances radicales. Durant la dernière décennie, de nombreux cas de vandalisme ont aussi été rapportés dans cette institution.

    Plusieurs étudiants et professeurs de l'UQAM militent ouvertement pour l'avènement d'une société moins «blanche», moins patriarcale et moins libérale sur le plan économique. Située au centre-ville de Montréal, cette université est aussi reconnue pour le climat hostile à la liberté d'expression qui y règne. Dans les dernières années, des conférences ont dû être annulées suite aux pressions de groupes qui n'étaient pas en accord avec les thèmes abordés.

    L'UQAM, une université reconnue pour son militantisme

    En avril 2018, un groupe de militants de l'UQAM s'était d'ailleurs fait remarquer pour avoir proposé aux professeurs d'adopter un français «dégenré». Un guide avait alors été distribué à plusieurs membres du corps professoral pour les inciter à adopter un langage plus inclusif qui ferait davantage de place au féminin. Le groupe y incitait d'ailleurs la direction de l'UQAM à respecter davantage les droits des personnes «trans», une revendication qui a donc été prise au sérieux par la direction de l'UQAM:

    «Jusqu'à aujourd'hui, l'UQAM fait preuve d'un manque de volonté quant au soutien à ses membres LGBTQIA+, et surtout quant à l'assouplissement et à l'évolution de son fonctionnement bureaucratique pour accommoder les besoins spécifiques des personnes trans binaires ou non binaires dans le genre. D'une part, les démarches de changement de mention de nom et de sexe dans les documents officiels de l'institution restent difficiles», pouvait-on lire dans ce guide en avril dernier.

    Dans tous les cas, le débat relatif à la manière de nommer les personnes et les choses bat son plein au Canada. Quant à elle, l'université anglophone de McGill, à Montréal, devra peut-être changer le nom de ses équipes de sport masculines par respect pour les peuples autochtones. Depuis 1920, les joueurs des équipes de sport masculines portaient le nom de "Redmen", une référence aux Amérindiens (peaux rouges), jugée trop péjorative.

    Les étudiants de l'Université McGill ont voté en grande majorité pour changer le nom des Redmen, une nouvelle qui satisfait plusieurs associations autochtones au Canada. Toutefois, certains contestent ce changement de nom, affirmant qu'il faisait seulement référence aux uniformes rouges de l'équipe…

     

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    multiculturalistes, écriture inclusive, organisation féministe, étudiants, transgenre, Université du Québec à Montréal (UQAM), Jenny Desrochers, Montréal, Québec, Canada
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