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    Crise séparatiste au Cameroun, la conférence générale des anglophones reportée

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    Anicet Simo
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    La conférence générale des anglophones, prévue les 21 et 22 novembre dans la ville de Buea, a été reportée à une date ultérieure. Les leaders religieux, organisateurs de ces assises destinées à préparer une sortie à la crise qui secoue les régions anglophones du Cameroun, n'ont pas reçu d'autorisation officielle de l'administration.

    «Nous attendions une autorisation écrite de l'administration, mais ça n'a pas été fait. Nous avons décidé de laisser plus de temps au gouvernement pour qu'il se décide»,

    A indiqué le Dr Élie Smith, le porte-parole de l'organisation de la conférence générale des anglophones, au cours d'une conférence de presse ce mardi 20 novembre à Douala. L'évènement, qui devait se tenir les 21 et 22 novembre, est reporté à une date ultérieure. Interrogés sur les raisons de l'absence d'autorisation formelle pour cette conférence, vue par certains observateurs comme un début de solution à la violente crise qui secoue la partie anglophone du Cameroun depuis deux ans, le Cardinal Christian Tumi, chef de file du groupe des organisateurs tient à préciser que

    «La conférence n'est pas annulée. Mais la conférence qui est prévue pour le 21 et le 22 n'aura pas lieu. Mais on va vous informer une fois de plus des nouvelles dates. L'État n'a pas annulé la conférence. Ils ont dit "pas maintenant". Donc nous continuons à nous préparer.»

    Les leaders religieux réunis mardi 20 novembre 2018 à Douala lors de la conférence de presse, Cameroun
    © Sputnik . Anicet Simo
    Les leaders religieux réunis mardi 20 novembre 2018 à Douala lors de la conférence de presse, Cameroun


    Les leaders religieux réunis ce mardi 20 novembre à Douala lors de la conférence de presse.

    C'est vendredi 16 novembre que le comité d'organisation avait entrepris des démarches auprès des autorités locales pour déclarer l'évènement. Une autorisation formelle de l'administration étant indispensable, dans le contexte tendu qui anime cette région, pour la tenue de ces assises dans la ville de Buea, capitale du sud-ouest séparatiste, lieu choisi pour l'évènement.

    C'est la deuxième fois que les dates de tenue de la conférence des anglophones sont modifiées. Elle aurait dû initialement se tenir les 29 et 30 août derniers. Les organisateurs avaient renvoyé les assises en novembre pour des besoins de préparation.

    La conférence des anglophones est une initiative des religieux anglophones, qui visent à débattre des solutions à apporter pour faire cesser la crise en cours dans ces régions du Cameroun, dans un contexte où toutes les voies de sortie de crise explorées jusqu'ici se sont avérées inefficaces.

    «Il y a quelqu'un qui disait, la conférence là, vous voulez faire le travail des députés? Nous ne croyons pas. Mais le problème n'a jamais été discuté, même à l'Assemblée nationale, alors qu'en Angleterre, on est en train de discuter de cette affaire. Qu'est-ce qui ne marche pas?»

    S'insurge le Cardinal Tumi, comme pour marquer sa détermination à organiser ces assises.

    La conférence des anglophones devrait permettre de définir les questions qui doivent être examinées lors d'un éventuel dialogue national et à désigner les personnalités qui représenteront les régions anglophones à cette occasion.

    Les organisateurs se disent déterminés à la tenir, dans l'espoir de trouver une solution durable à cette crise. Malgré la détermination de l'archevêque émérite de Douala et des autres leaders religieux, la tenue de la conférence générale anglophone n'est nullement garantie. Elle suscite des réticences, même parmi les chefs de file de la mouvance séparatiste.

     

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    Tags:
    séparatisme, Dr Élie Smith, cardinal Christian Tumi, Bamenda, Cameroun
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