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    Mohammed VI du Maroc

    L’Algérie aurait répondu indirectement à l’appel de Mohammed VI à un dialogue «direct»

    © AFP 2018 FETHI BELAID
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    L’Algérie a appelé ce 22 novembre à une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union du Maghreb arabe. Pour certains journaux algériens, cette initiative, bien qu’elle ne s’adresse pas directement au Maroc, constitue une réponse indirecte à l’appel de Mohammed VI à un dialogue «franc et direct» avec Alger.

    À l'appel du roi Mohammed VI pour l'ouverture d'un dialogue «franc et direct», Alger a choisi de répondre par l'affirmative mais dans le cadre d'un dialogue maghrébin et au sein des institutions de l'Union du Maghreb arabe (UMA). C'est ce qui transparait du communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères rendu public ce 22 novembre, jugé par des journaux locaux comme la réplique par ricochet apportée par les autorités algériennes à l'initiative du souverain marocain.

    La presse algérienne rappelle de prime abord que Rabat ainsi que ses alliés arabes et africains ont toujours accusé Alger d'être l'obstacle à l'édification du Maghreb arabe, par son obstination à soutenir le Front Polisario contre le Maroc dans le dossier du Sahara occidental. Dans cette optique et dans le contexte du discours du 6 novembre du roi Mohammed VI, selon elle, «l'Algérie a saisi officiellement le secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe pour l'appeler à organiser dans les délais les plus brefs une réunion du conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UMA», tel qu'indiqué dans le communiqué du ministère. «Cette demande a été portée à la connaissance des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Union», a encore souligné le même communiqué.

    Exprimant l'intention de l'État algérien par cet appel à la réunion des ministres de l'UMA, le communiqué insiste sur le fait que «cette initiative s'inscrit en droite ligne de la conviction intime et maintes fois exprimée par l'Algérie de la nécessité de la relance de l'édification de l'ensemble maghrébin et de la réactivation de ses instances».

    Bien que cet appel de l'Algérie intervienne dans la droite ligne des conclusions du dernier sommet extraordinaire de l'Union africaine sur les réformes institutionnelles de cette organisation, qui a mis l'accent sur l'intérêt des ensembles économiques régionaux dans les processus d'intégration des pays africains, le site d'information Algérie patriotique a estimé dans son édition du 22 novembre que si l'édification de l'UMA n'était pas relancée, ce ne pouvait pas être à cause de l'Algérie. «La balle est ainsi jetée dans le camp du Maroc qui ne pourra assurément pas répondre négativement à cette demande», a-t-il précisé.

    Pour rappel, le 6 novembre, à l'occasion du 43e anniversaire de la Marche verte, le roi Mohammed VI a proposé, dans son discours à la nation, aux autorités algériennes de relancer les relations bilatérales en créant un «mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation» destiné à permettre de régler les différends entre les deux pays. Les autorités algériennes n'ont pas encore réagi officiellement à la proposition marocaine.

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    Tags:
    relations diplomatiques, relations bilatérales, dialogue politique, Union africaine (UA), roi Mohammed VI du Maroc, Maroc, Algérie
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