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    Le cortège du Président John Kennedy à Honolulu (archive photo)

    CIA, mafia, Cubains: les cinq principales théories de l'assassinat du Président Kennedy

    © AP Photo / Bob Schutz
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    Il y a 55 ans, le 22 novembre 1963, le Président américain Kennedy était tué à Dallas. L’enquête officielle a établi qu’il avait été abattu par un assassin solitaire, Lee Harvey Oswald, mais cette conclusion reste contestée. Parmi d’autres organisateurs possibles de l’assassinat, on cite la CIA, la mafia et même le bras droit de John Kennedy.

    L'assassinat du Président américain John Kennedy est considéré comme l'un des plus grands mystères du XXe siècle. Beaucoup pensent encore qu'il n'y a pas assez de faits prouvant que Lee Harvey Oswald était le vrai coupable et qu’il a agi seul. La liste des commanditaires potentiels inclut la puissante agence de renseignement CIA, la mafia et même Lyndon Johnson, vice-Président, qui a pris la place du Président après sa mort.

    L'homme qui a tué Oswald

    Deux jours après l’assassinat, Jack Ruby, propriétaire d'une discothèque à Dallas, a abattu Lee Harvey Oswald au rez-de-chaussée du commissariat de police de Dallas devant des journalistes. M.Ruby a affirmé qu’il avait attaqué le seul suspect officiel pour empêcher ainsi la Première Dame, Jacqueline Kennedy, de retourner à Dallas pour le procès d'Oswald.

    D’après le rapport officiel publié en 1964 par la commission chargée d’enquêter sur l'assassinat (Commission Warren), Jack Ruby ne faisait pas partie d’un plus grand complot. Lors de son procès pour meurtre en 1964, il a communiqué à son équipe de défense: «[Mon premier avocat] Tom Howard m'a conseillé de dire que j'avais tiré sur Oswald pour que Caroline et Mme Kennedy ne soient pas obligées de venir à Dallas pour témoigner».

    En 1979, la commission d'enquête créée par la Chambre des représentants américaine pour enquêter sur les assassinats de John Kennedy et de Martin Luther King a affirmé que l’assassinat de Lee Harvey Oswald par M.Ruby n’était pas un acte spontané, car il y avait une certaine préméditation. La commission a en outre estimé qu’il était peu probable que M.Ruby ait pu pénétrer seul dans le commissariat de police, «bien qu’une assistance ait pu être fournie sans aucune connaissance des intentions de Ruby».

    Après que des fichiers des Archives nationales ont été déclassifiés en 2017, il s’est avéré que Jack Ruby avait contacté un informateur du FBI, Bob Vanderslice, à Dallas quelques heures avant l'assassinat du Président et l’avait invité à «regarder le feu d'artifice».

    Au moment de la fusillade, M.Vanderslice «était à côté de Jack Ruby», au coin d’un bâtiment situé «en face bâtiment de dépôt du livres scolaires Texas School Book Depository».

    Un complot contre Fidel Castro revisité

    Judyth Vary Baker, 75 ans, affirme avoir eu une histoire d'amour avec Lee Harvey Oswald avant l’assassinat. Dans son livre intitulé «Lee et Moi. Comment j’ai connu, aimé et perdu Lee Harvey Oswald» et publié en 2010, elle a affirmé qu’Oswald était un agent de la CIA impliqué dans un complot visant à assassiner le dirigeant cubain Fidel Castro

    Selon ce livre, Judyth Baker et Lee Harvey Oswald travaillaient dans un laboratoire parrainé par la CIA. Le plan initial de la CIA prévoyait d’injecter à Fidel Castro un produit qui provoquerait un cancer. Mais ce plan a échoué et les responsables de Mme Baker auraient décidé de tuer John Kennedy, car ils pensaient qu’il n'était «pas bon» pour le pays. 

    Lee Harvey Oswald, a-t-elle affirmé, était initialement opposé au complot, puis a cédé. Selon Judyth Baker, il faisait partie des hommes armés, mais a raté son coup. La CIA l’a ensuite fait liquider par Ruby, à qui on a inoculé le produit mortel destiné à Fidel Castro, afin de s’en débarrasser. 

    D’après les critiques de cette hypothèse, Mme Baker n'a même pas prouvé qu'elle connaissait Oswald, bien qu'elle ait des notes de travail montrant qu'elle avait travaillé avec lui à Dallas.

    LBJ vs JFK

    Selon un sondage Gallup réalisé en 2003, environ 20% des Américains soupçonnaient Lyndon Johnson, qui occupait les fonctions de vice-Président sous John Kennedy, d’être derrière sa mort.

    Madeleine Brown, une Texane qui a prétendu en 1982 avoir été la maîtresse de Lyndon Johnson durant près de 20 ans, avait affirmé qu’il cherchait à remplacer John Kennedy.  À la veille de l'assassinat de JFK, LBJ lui aurait confié: «Après demain, ces putains de Kennedy ne me gêneront plus. Ce n'est pas une menace, c'est une promesse». 

    Cependant Dave Perry, considéré par plusieurs comme un des principaux spécialistes de l'assassinat de JFK, a déclaré que Lyndon Johnson n'aurait pas pu assister à la soirée où il aurait dit ces mots.

    «Ce n'est absolument pas vrai. Beaucoup de Texans n'aimaient pas M.Johnson, ils pensaient qu'il était un escroc. Ils ont alors inventé cette théorie après l'assassinat, affirmant que Lyndon Johnson voulait se débarrasser de M.Kennedy pour devenir Président», a estimé M.Perry.

    Complot de Chicago

    Selon la chaîne de télévision ABC 7 Chicago, le Président Kennedy aurait pu être assassiné bien avant, puisqu’il aurait existé deux complots à Chicago début novembre 1963.

    Le premier complot aurait été mis au point par un exilé cubain, Homer Echevarria, qui voulait tuer John Kennedy pendant le passage de son cortège sur la route reliant l'aéroport O'Hare à Chicago. 

    La chaîne cite Abraham Bolden, seul agent noir dans l'équipe de sécurité du Président Kennedy, selon lequel le FBI aurait saboté ce projet, vraisemblablement par jalousie.

    JFK a annulé son voyage à Chicago après que les services de sécurité ont déjoué un second plan d’assassinat et arrêté le suspect. Selon la chaîne, un vétéran de la Marine Corp, Thomas Vallee, aurait voulu prendre le Président Kennedy pour cible lors d’un passage de son cortège. Un fusil M-1, une arme de poing et 3.000 munitions auraient été découverts dans le coffre de sa voiture.

    Liens d'Oswald avec la mafia

    En 2008, le procureur du district de Dallas, Craig Watkins, a donné une nouvelle tournure au mystère de l’assassinat du Président Kennedy en publiant plusieurs documents liés à cette affaire. Selon ces données, M.Kennedy aurait pu être victime d’une guerre entre la mafia de Chicago et son frère Robert qui était alors en «croisade contre la mafia» en tant que procureur général des États-Unis.

    La transcription d’une conversation du 4 octobre 1963 cite Lee Harvey Oswald en train de dire à Jack Ruby: «Les garçons [de la mafia] à Chicago veulent se débarrasser du procureur général [Robert Kennedy]… Il y a un moyen de se débarrasser de lui sans le tuer… Je peux abattre son frère».

    Le FBI a déclaré dans un rapport que la transcription de cet entretien présumé entre Ruby et Oswald était fausse.

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    Tags:
    hypothèse, meurtre, mafia, CIA, Lee Harvey Oswald, Lyndon Johnson, Fidel Castro, John Kennedy, Dallas, Texas, États-Unis
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