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    Bamenda, Cameroun

    L'assassinat d'un prêtre kenyan dans le sud-ouest séparatiste fait polémique au Cameroun

    © Sputnik . Anicet Simo
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    Le prêtre kenyan Cosmos Omboto a été abattu dans le Sud-ouest séparatiste du Cameroun, le 21 novembre dernier. Il a été atteint par balles dans cette zone de combat entre les séparatistes et l'armée régulière. L'évêque de la localité attribue la responsabilité de cet assassinat à des militaires camerounais. Une version rejetée par le gouvernement.

    «J'étais personnellement à Kembong pour rencontrer les chrétiens qui étaient avec le père lorsqu'il a été tué. Ils m'ont expliqué qu'un véhicule militaire est entré dans le village. Et durant le passage dudit véhicule, les militaires tiraient au hasard… Le père a tenté de s'enfuir à l'église et lorsqu'il était non loin de la porte, il a été atteint par les balles. Il est mort sur-le-champ. Les autres chrétiens qui étaient présents ont fui pour se cacher derrière la paroisse. Il y avait aussi des séminaristes qui se sont réfugiés au presbytère. J'étais là hier [22 novembre Ndlr] et j'ai compté 21 impacts de balle sur la façade avant de la paroisse.»

    Le récit de Mgr Andrew Nkea, évêque de Manfe, à nos confrères de la BBC, vendredi 23 novembre, revient sur les circonstances tragiques de l'assassinat d'un prêtre kenyan, le 21 novembre 2018. Ce dernier se trouvait dans sa paroisse à Kembong, village situé à quelques kilomètres de Manfe, dans le département de la Manyu, région du Sud-ouest séparatiste du Cameroun. L'évêque de Mamfé attribue la responsabilité de la mort du prêtre Cosmos Omboto Ondari à des militaires camerounais. Une version des faits qui crée du trouble entre le corps religieux et le gouvernement.

    Issa Tchiroma, ministre camerounais de la Communication et Porte-parole du gouvernement, a tenu à apporter un démenti formel aux allégations du prélat. En réaction à ce démenti, l'évêque s'en est pris à lui.

    «Il [Issa Tchiroma, ndlr] ne vit pas à Manfe, moi j'y vis. Ça ne s'est pas passé dans la nuit, mais en pleine journée. Je prie le ministre de vérifier ses informations avant de se prononcer. Parce que c'est très dommage que nous sommes des Camerounais, nous souffrons et notre ministre parle de quelque chose qu'il ne maîtrise pas. Je suis sur le terrain. Je vis à Manfe, le ministre n'y est pas. Il ne sait même pas où se situe Kembong.»

    Dans une autre déclaration le 23 novembre dernier, le ministre de la Défense camerounaise indiquait que le gouvernement avait ouvert une enquête approfondie pour faire la lumière sur cet acte odieux.

    «Le premier élément de celle-ci démontre formellement que les auteurs de ce crime ont usé de perfidies dans le but de faire porter la responsabilité de leur crime aux forces de défense et de sécurité», précise le communiqué du ministre de la Défense.

    Selon ce communiqué du ministre de la Défense, des individus non identifiés armés et vêtus de treillis de combat ont fait irruption devant la chapelle de Kembong.

    «En effet, ils étaient à bord d'un véhicule dans l'après-midi du mercredi 21 novembre 2018 vers 15 h 30. Ils ont délibérément ouvert le feu autour à l'aveuglette. C'est au cours cette action que le prêtre Omboto, de nationalité kenyane, âgé de 33 ans, vicaire de ladite chapelle et résident à Kembomg, va être atteint de plusieurs balles.»

    Le gouvernement de la République du Kenya, par l'intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, demande formellement des réponses au sujet du décès de l'un de ses citoyens résidant au Cameroun. Dans le document daté du samedi 24 novembre 2018, le gouvernement kenyan a déclaré qu'elle avait officiellement demandé au gouvernement camerounais, par l'intermédiaire de son haut-commissariat à Abuja, au Nigéria, de connaître les circonstances qui avaient conduit à la mort de son citoyen.

    La mort de ce jeune prêtre, ordonné le 26 mars 2017, porte à au moins quatre le nombre de religieux tués depuis le déclenchement de la crise séparatiste dans les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun. Avant ce prêtre kenyan, un pasteur américain avait été tué par balles, lui aussi, fin octobre, dans les environs de Bamenda.

     

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    Tags:
    meurtre, séparatisme, Mgr Andrew Nkea, Kembomg, département de la Manyu, Manfe, Bamenda, Cameroun
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