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Des médias annoncent que le Pentagone aurait envoyé au Congrès un rapport secret, selon lequel l’achat par la Turquie des S-400 russes pourrait ne pas compromettre que la livraison des F-35 américains à Ankara. Un analyste turc commente pour Sputnik cette information, ainsi que des conséquences éventuelles d’une telle démarche des États-Unis.

Le Pentagone n'a toujours pas officiellement confirmé l'information des médias sur son rapport secret concernant les conséquences négatives pour la Turquie de son achat de S-400 russes, a déclaré à Sputnik Turan Oguz, spécialiste turc de l'industrie de l'armement.

«Les médias parlent d'un rapport de 12 pages, alors que le Pentagone ne confirme toujours pas officiellement cette information. […] Avec huit autres pays, la Turquie fait partie du programme des chasseurs F-35. Pour qu'elle en soit exclue, tous les participants du projet doivent voter pour cela unanimement», a rappelé l'interlocuteur de l'agence.

Et d'ajouter que même si les États-Unis essayaient d'y faire pression, ils ne réussiraient sans doute pas à évincer la Turquie de ce programme.

«Par ailleurs, la Turquie est un membre de l'Otan […] qui respecte à la lettre tous ses engagements et doit recevoir des armes de qualité. Par conséquent, il n'est pas question d'exiger qu'Ankara perfectionne son armement, tout en lui refusant des livraisons militaires. Il s'agit là d'une situation absolument contradictoire susceptible d'inciter la Turquie à réfléchir sérieusement à sa place dans l'Otan», a poursuivi l'expert.

Selon ce dernier, il ne s'agit pas à présent d'une crise entre la Turquie et l'Otan contrairement à l'état actuel des relations turco-américaines.

«Mais si l'actuelle administration américaine, connue par ses démarches impulsives, essaie, à titre de "punition" pour l'achat des S-400 russes, d'évincer la Turquie de l'Otan, d'autres membres de l'Alliance ne l'admettront pas car cela ne répond tout simplement pas à leurs intérêts», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

En septembre 2017, la Russie a annoncé avoir signé un contrat prévoyant la livraison de systèmes de missiles S-400 à la Turquie. Fin octobre, le ministre turc de la Défense nationale Hulusi Akar a déclaré que le déploiement de systèmes russes en Turquie devrait débuter en octobre 2019. Pour leur part, les États-Unis exercent des pressions sur la Turquie, leur allié au sein de l'Otan, pour qu'elle renonce à l'acquisition de ces systèmes de défense antiaérienne, menaçant de refuser de lui livrer des chasseurs F-35.

Dans le même temps, une loi adoptée par le Congrès américain en 2017 prévoit des sanctions économiques contre toute entité ou pays ayant conclu des contrats d'armement avec des entreprises russes.

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pressions, livraisons d'armes, relations, armements, F-35 Lightning II, S-400, Congrès des États-Unis, Sputnik, OTAN, Hulusi Akar, Turan Oguz, Russie, États-Unis, Turquie
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