Ecoutez Radio Sputnik
    Charles Michel

    Pacte sur les migrations: la Belgique en pleine crise de gouvernement

    © AFP 2019 JOHN THYS
    International
    URL courte
    Polémique autour du Pacte de Marrakech (29)
    10548

    Le différend autour du Pacte de l’Onu sur les migrations a entraîné la fin du gouvernement de coalition en Belgique. Le Premier ministre Charles Michel compte continuer son travail dans le cadre d’un gouvernement minoritaire. L’accord serait tout de même prêt à être signé.

    Le Premier ministre Charles Michel se trouve dimanche matin chez le Roi pour annoncer la recomposition du gouvernement après le choix des ministre N-VA de quitter le gouvernement, a indiqué le vice-premier ministre Didier Reynders.

    M.Michel a proposé samedi soir de remplacer les ministres flamands de la N-VA au sein du gouvernement après un ultimatum lancé par ce parti nationaliste flamand qui s'oppose à ce que la Belgique approuve le Pacte de l'Onu sur les migrations.

    «Si on accepte d'être mis à l'écart (…) on ne va plus jamais tenir compte de notre position. Si on n'a plus de voix dans ce gouvernement (…) ça ne sert à rien de continuer», a lancé samedi soir le président de la N-VA, Bart De Wever, lors d'une conférence de presse.

    Si le Premier ministre Charles Michel part dimanche au Maroc pour approuver ce Pacte, il «décollera comme Premier ministre de la suédoise (le nom donné à la coalition actuelle, ndlr) et atterrira comme Premier ministre de la coalition Marrakech», a prévenu M.De Wever, laissant ainsi planer l'hypothèse d'un gouvernement sans la N-VA.

    «Je prends (…) acte ce soir que la N-VA quitte la majorité» et «je vais (…) proposer que deux secrétaires d'État remplacent les trois ministres N-VA afin de garantir la continuité et le bon fonctionnement de nos institutions», lui a répondu M.Michel.

    Les deux conférences de presse de M.De Wever et de M.Michel font suite à un conseil des ministres extraordinaire à Bruxelles, destiné, sans succès, à trouver une issue à cette crise politique.

    La N-VA est le seul des quatre partis de la coalition gouvernementale à être opposé à ce Pacte, qui doit être approuvé lundi et mardi par les pays de l'Onu avant d'être ratifié à l'occasion d'un vote à New York le 19 décembre à l'Assemblée générale des Nations unies.

    La crise, qui était latente depuis plusieurs semaines, a éclaté mardi soir, quand Charles Michel a annoncé son intention de se tourner vers le Parlement, faute d'unanimité au sein du gouvernement en faveur du pacte. Il en allait de la «crédibilité» de la Belgique au plan international, avait expliqué le Premier ministre belge, qui a lui-même défendu ce texte à la tribune de l'Onu fin septembre.

    Après deux jours de débats houleux à la Chambre des députés, une large majorité droite/gauche — isolant la N-VA aux côtés du parti anti-immigration Vlaams Belang — s'est dégagée jeudi pour voter une résolution demandant au gouvernement de soutenir le pacte.

    Le pacte avait d'abord fait l'objet d'un consensus gouvernemental cet été, avant que la N-VA ne change d'avis fin octobre dans le sillage des critiques exprimées par le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

    Programmée pour les 10 et 11 décembre, la conférence de Marrakech devrait «formellement entériner» le Pacte mondial sur les migrations de l'Onu avant une «résolution prévue à l'Assemblée générale» des Nations unies le 19 décembre.

    Le texte d'environ 40 pages détaille 23 objectifs dont: «lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d'origine», «sauver des vies», «ne recourir au placement en rétention administrative des migrants qu'en dernier ressort», ou «assurer l'accès des migrants aux services de base».    

    Dossier:
    Polémique autour du Pacte de Marrakech (29)

    Lire aussi:

    Le recteur de Notre-Dame de Paris avance une nouvelle cause de l’incendie
    Des Gilets jaunes aspergés d’eau bleue à Paris, un moyen de «marquage»? (images)
    Une photo de Sputnik prise à Notre-Dame cause une avalanche internationale de fake news
    Tags:
    crise, Alliance néo-flamande (N-VA), Charles Michel, Belgique
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik