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    Un camp de réfugiés en Centrafrique

    Tuerie d'Alindao en Centrafrique, les leaders religieux veulent une enquête internationale

    © AP Photo / Jerome Delay
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    Anicet Simo
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    Après les attaques d'Alindao en Centrafrique, qui ont fait au moins 60 morts le 15 novembre dernier, les trois leaders de la plateforme des confessions religieuses, le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, le Pasteur Nicolas Guerekoyame Gbangou et l'Imam Omar Kobine Layama, appellent à une enquête de la communauté internationale.

    «Comment peut-on expliquer ce que nous avons vu: les restes d'êtres humains, les maisons et l'église brûlées? Je demande que soit ouverte une enquête internationale et qu'il soit possible de connaître la vérité sur ces massacres, afin que justice soit faite.»

    a affirmé le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, l'un des trois leaders de la plateforme des confessions religieuses de Centrafrique. Le Cardinal lance un appel à la communauté internationale afin qu'elle prenne ses responsabilités. De même, la mission onusienne en Centrafrique (MINUSCA) est encore pointée du doigt.

    «Vous êtes venus au nom de la communauté internationale pour venir à notre secours, pour nous aider, pour protéger et sauver les Centrafricains», a déclaré l'archevêque de Bangui.

    L'Imam Omar Kobine Layama de la plateforme des religieux a, quant à lui, exprimé sa désolation et son étonnement.

    «Nous ne pouvons pas comprendre comment toute une population puisse être abandonnée à son triste sort. Alors qu'il y a une force internationale censée protéger ces populations, une mission qui leur a été confiée par la communauté internationale.»

    Avec la dernière énergie, il condamne les massacres d'Alindao et appelle toutes les parties impliquées dans la crise centrafricaine à rendre des comptes.

    «Les autorités de la République centrafricaine ne sont pas épargnées. Elles doivent aussi prendre leurs responsabilités pour que les personnes ne soient plus tuées et pour que ces crimes ne restent pas impunis.»

    Le président de la plateforme des confessions religieuses de Centrafrique, le Pasteur Nicolas Guerekoyame Gbangou, déplore le niveau d'irresponsabilité qui règne selon lui dans le pays.

    «On ne peut pas gouverner et ne pas prendre soin des personnes qu'on dirige.»

    Créée au début de la crise militaro-politique en Centrafrique, la plateforme des confessions religieuses de Centrafrique suit avec une grande attention la situation sécuritaire de leur pays. Les déclarations de ces leaders religieux interviennent à quelques jours du renouvellement du mandat de la MINUSCA le 15 décembre prochain. Les combats entre groupes armés le 15 novembre dernier à Alindao dans le centre de la Centrafrique ont fait au moins 60 morts, selon un rapport interne de l'Onu. Un regain de tension attribué par certaines autorités politiques et religieuses à la passivité de la MINUSCA. Une mission de plus en plus pointée du doigt face aux violences dans le pays et dont les actions sont entachées par plusieurs irrégularités.

    Chargée de protéger les civils et les droits de l'Homme, ainsi que de soutenir la transition politique dans ce pays d'Afrique centrale, la MINUSCA, est composée de plus de 14.500 Casques bleus, parmi lesquels plus de 2.000 agents de police. Le Conseil de sécurité de l'Onu a été contraint de renouveler uniquement pour un mois le mandat de sa mission en République centrafricaine jeudi 15 novembre dernier. Alors que le pays enregistre de nouvelles violences, une lutte d'influence est en cours entre la France, les USA et la Russie dans ce pays déchiré par de multiples conflits.

    Florence Parly, ministre française des Armées, a effectué une visite à Bangui, lundi 10 et mardi 11 décembre, pour réaffirmer le soutien de la France à la République centrafricaine. La France a fait un don de 1.400 fusils d'assaut et de matériel amphibie aux forces armées centrafricaines. Une visite sous fond d'influence croissante de la Russie dans le pays.

    La Russie a en effet obtenu en décembre 2017 l'autorisation de l'ONU d'envoyer des armes, dont 1.700 AK47, et des instructeurs pour la formation des forces armées centrafricaines. La Russie a également lancé un processus de paix, parallèle à celui de l'Union africaine. À cet effet, elle avait convié en été dernier à Khartoum au Soudan, gouvernement et groupes armés centrafricains à la table des négociations.

    Depuis 2013, la Centrafrique vit sous la coupe de groupes armés et de milices qui commettent d'innombrables violences et exactions.

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    Tags:
    enquête internationale, armes, massacre, négociations, MINUSCA, Conseil de sécurité de l'Onu, Nicolas Guerekoyame Gbangou, Dieudonné Nzapalainga, Omar Kobine Layama, Florence Parly, Alindao, Bangui, République centrafricaine
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