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Londres présente ce 19 décembre un livre blanc sur le système d'immigration qui aura cours après le Brexit. Il vise à répondre au désir des Britanniques de «reprendre le contrôle des frontières», selon le ministre de l'Intérieur Sajid Javid. Le but est de ramener le solde migratoire à un niveau «viable».

On en sait un peu plus sur le Royaume-Uni post-Brexit. À 100 jours du divorce programmé entre Londres et Bruxelles, le gouvernement britannique a publié le 19 décembre un livre blanc sur le système d'immigration qu'il compte mettre en place une fois sortie de l'Union européenne. Sajid Javid, ministre de l'Intérieur britannique, a livré quelques informations sur ce projet qui mettra notamment fin à la libre circulation des citoyens européens au Royaume-Uni. Une décision qui, selon lui, est en accord avec la une volonté des Britanniques de «reprendre le contrôle des frontières».

«Ce sera un système d'immigration unique, basé sur les compétences et l'expertise que les gens peuvent apporter, plutôt que sur leur pays d'origine», a expliqué M. Javid peu avant la publication du document.

Le but de la manœuvre est de ramener le solde migratoire à un niveau «viable». Côté chiffres, il faudra patienter mais le programme de son parti, le Parti conservateur, se fixe pour objectif de le réduire à moins de 100.000 par an, contre 280.000 en 2017.

Il est prévu que le nouveau système soit déployé «par phases» à partir de 2021. Cela se fera donc après la période de transition post-Brexit prévue dans l'accord conclu entre Londres et Bruxelles, accord qui doit encore être ratifié par le palais de Westminster.
Selon Sajid Javid, l'obtention de visas pour les étrangers sera plus compliquée que par le passé. Cette mesure aura pour but d'inciter les entreprises britanniques «à se tourner en priorité vers la main d'œuvre nationale». Par ailleurs, le niveau de salaire requis pour entrer sur le sol britannique pourrait être très élevé. Bien qu'il sera fixé ultérieurement, de nouvelles consultations pourraient le placer autour de 30.000 livres (33.300 euros) par an.

Des informations qui inquiètent certains observateurs. Le NHS, système public de santé britannique, a par exemple fait part de ses préoccupations concernant de futurs recrutements si le seuil du salaire minimum pour les travailleurs étrangers était fixé à un tel montant. Saffron Cordery, l'un des directeurs de l'organisme, a notamment rappelé à la BBC que «des compétences élevées ne sont pas synonymes de salaires élevés»:

«Le salaire initial des infirmières est de 23.000 livres, celui des médecins juniors de 27.000 livres, et celui des aides-soignants de 17.000 livres.»

Quant à Sadiq Khan, maire de Londres, il a parlé, sans détours, d'«approche aberrante» de la part du gouvernement: «Fermer la porte à des milliers de travailleurs européens qui veulent venir ici pour remplir des rôles cruciaux nuira à notre compétitivité.»

L'immigration avait occupé une bonne partie de la campagne du référendum sur le Brexit en 2016. Après la victoire des partisans du «leave» (quitter l'UE, ndlr), la Première ministre Theresa May s'était engagée à la limiter.

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Tags:
statut d'immigrant, migrants économiques, crise migratoire, immigration clandestine, politique, migrants, immigration, réfugiés, Brexit, Parti conservateur (Royaume-Uni), Theresa May, Angleterre, Royaume-Uni, Europe, France
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