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    Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan (image d'illustration)

    L’entretien Trump-Erdogan, déclencheur d’événements «catastrophiques», selon un média US

    © AP Photo / Pablo Martinez Monsivais
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    Lors d'une conversation téléphonique avec Donald Trump, Recep Tayyip Erdogan aurait demandé à son interlocuteur pourquoi les États-Unis armaient et soutenaient les combattants kurdes syriens dans la guerre contre Daech* en Syrie. «Vous savez quoi? Elle [la Syrie, ndlr] est à vous. Je pars», lui aurait répondu le Président américain.

    L'entretien téléphonique entre Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan, qui ont notamment évoqué le 14 décembre le retrait des troupes américaines de Syrie, a déclenché des événements «catastrophiques», affirme The Washington Post.

    Selon le journal, le Président turc a indiqué au cours de cet entretien qu'il ne comprenait pas pourquoi les États-Unis armaient et soutenaient toujours les combattants kurdes syriens dans la guerre contre Daech*. Puisque, d'après Donald Trump lui-même, Daech* est déjà vaincu, avait-il dit.

    «Vous savez quoi? Elle [la Syrie, ndlr] est à vous. Je pars», a répondu Donald Trump à son interlocuteur, croit savoir le quotidien.

    Il indique que cette conversation «a déclenché des événements qui, même selon les normes en vigueur à Washington dans les années Trump, ont été catastrophiques», rappelant la démission, le lendemain, du secrétaire à la Défense, Jim Mattis. En effet, le Président américain avait donné à ce dernier et à «tous les autres gars» plusieurs mois pour lui soumettre des solutions sur la Syrie, «mais personne ne lui en avait donné», toujours selon ce journal.

    La réaction à la décision sur le retrait des troupes de Syrie a été très différente, poursuit The Washington Post. Pour une minorité de législateurs, «et probablement une bonne partie de ses partisans inébranlables à travers le pays», ce retrait est une promesse tenue. Toutefois, pour de nombreux membres du Congrès, c'est un désastre total, une «capitulation devant les deux autres puissances présentes sur le terrain en Syrie: la Russie et l'Iran».

    Le journal rappelle que Jim Mattis et d'autres conseillers avaient tenté de dissuader Donald Trump de retirer les troupes de Syrie, mais que le Président leur a lancé que cela coûtait «une fortune» et a demandé ce que les États-Unis y gagnaient.

    Jim Mattis et Donald Trump ont eu une conversation d'environ 45 minutes pour évoquer leurs points de vue divergents sur le monde et les relations avec les alliés et les partenaires des États-Unis. Le Président mérite quelqu'un dont les vues sont plus proches des siennes, avait affirmé Jim Mattis dans sa lettre de démission. Les deux hommes se sont formulé réciproquement leur reconnaissance avant de se séparer, note The Washington Post.

    Après l'annonce du retrait des forces américaines de Syrie, l'envoyé spécial du Président Trump auprès de la coalition internationale anti-Daech*, Brett McGurk, a présenté sa démission, avait précédemment annoncé Associated Press.

    Le 19 décembre, le Président américain a posté le tweet suivant: «Nous avons vaincu Daech* en Syrie, ma seule raison d'y rester pendant la présidence». Quelque temps plus tard, la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a annoncé que, conformément à la décision de Donald Trump, les États-Unis avaient entamé le retrait de leurs troupes, comptant environ 2.000 hommes, du territoire de la République arabe syrienne. La porte-parole a pourtant précisé que les États-Unis et leurs alliés seraient toujours prêts à revenir en Syrie pour protéger les intérêts américains. Par la suite, dans une vidéo publiée dans la soirée, le Président américain a annoncé qu'il était «temps que nos troupes rentrent à la maison».

    *Organisation terroriste interdite en Russie

    Tags:
    tweet, promesses électorales, décision, démission, retrait des troupes, conversation téléphonique, Associated Press, Congrès des États-Unis, Washington Post, présidence américaine, coalition anti-Daech, Daech, Brett McGurk, Recep Tayyip Erdogan, Donald Trump, James Mattis, Sarah Huckabee Sanders, Russie, Iran, Syrie, Turquie, États-Unis
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