Ecoutez Radio Sputnik
    Pourquoi les USA se retirent-ils de Syrie, mais pas d’Afghanistan?

    Pourquoi les USA se retirent-ils de Syrie, mais pas d’Afghanistan?

    © REUTERS / Nikola Solic
    International
    URL courte
    12152

    Washington pourrait retirer la moitié de ses troupes d'Afghanistan, annoncent les médias, mais le Pentagone ne confirme ni n’infirme ces informations. Selon des fonctionnaires afghans haut placés, un tel retrait n’aurait aucune répercussion sur la situation sécuritaire dans le pays. Un analyste américain a commenté la situation pour Sputnik.

    À ce jour, la présence militaire des États-Unis et de la coalition internationale en Afghanistan est limitée et plutôt symbolique. Elle n'influe pas notablement sur la situation sécuritaire dans le pays, a déclaré à Sputnik Joseph Fitsanakis, chargé de cours dans le cadre du programme sur la politique en matière de renseignement et de sécurité nationale à l'Université Coastal Carolina, commentant l'annonce d'une déclaration de Donald Trump sur le retrait éventuel de la moitié du contingent américain d'Afghanistan.

    «Je tiens à vous rappeler que les représentants de l'administration américaine n'ont pas confirmé les informations diffusées par les médias. On ne doit pas oublier non plus que depuis deux ans le Président Trump se distingue par sa spontanéité et son imprévisibilité. Par conséquent, il ne s'agit pour le moment que d'annonces et il n'est pas sûr qu'elles seront confirmées», a indiqué l'interlocuteur de l'agence.

    Et de rappeler que depuis 17 ans déjà, la coalition internationale conduite par les États-Unis combattait aux côtés des forces gouvernementales afghanes contre les talibans qui étaient cependant à présent plus forts que jamais depuis les deux dernières décennies.

    «Je pense que cette déclaration [de Donald Trump, ndlr] serait la reconnaissance du fait que l'approche militaire adoptée par Washington pour résoudre le problème de sécurité en Afghanistan ne fonctionnait tout simplement pas», a estimé l'expert.

    Selon ce dernier, l'actuel Président américain n'a pas toujours été partisan du retrait des troupes américaines du sol afghan. Il y a seulement une année, il disait notamment que les États-Unis étaient attachés à l'idée d'un Afghanistan sécurisé et libre des talibans. Depuis son entrée en fonction, il a même augmenté les effectifs du contingent militaire américain dans ce pays d'environ 8.000 personnes jusqu'à 14.000.

    «Il y a huit ans, en 2010, 100.000 militaires américains étaient déployés en Afghanistan, mais tous ces efforts se sont avérés parfaitement stériles. Si en 2010, les États-Unis n'ont pas réussi à garantir la sécurité dans ce pays à l'aide de 100.000 militaires, il est peu probable qu'un dixième de ce contingent puisse modifier substantiellement la situation», a relevé l'universitaire.

    Et de supposer que la Maison-Blanche n'avait à présent que l'alternative suivante: augmenter considérablement sa présence militaire en Afghanistan ou s'en retirer complètement et cesser d'être un facteur ruinant les espoirs d'un processus de paix fructueux.

    «Je pense que la décision du Président pourrait montrer qu'il aurait opté pour la seconde possibilité», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

    Selon la presse américaine, Donald Trump aurait l'intention de retirer jusqu'à 50% des forces américaines présentes en Afghanistan. Cette annonce est venue juste après la décision du Président américain de rapatrier les 2.000 soldats américains stationnés en Syrie et après la démission du secrétaire américain à la Défense James Mattis qui ne serait pas d'accord avec le rapatriement les troupes américaines de Syrie et d'Afghanistan.

    Lire aussi:

    La maladie qui a tué Saint-Louis est de retour en France
    Trois Françaises mineures auraient été offertes à Epstein par Brunel en «cadeau d'anniversaire»
    Uzbin, l’embuscade qui a tout changé pour l’Armée française
    Tags:
    retrait, contingent militaire, troupes, coalition, talibans, Taliban, Université Coastal Carolina, Sputnik, James Mattis, Joseph Fitsanakis, Donald Trump, Syrie, États-Unis, Afghanistan
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik