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    Rénovation de la casbah d’Alger par l’architecte Jean Nouvel: les dessous de la polémique

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    La désignation de l’architecte français Jean Nouvel pour mener les travaux de réhabilitation de la casbah d’Alger suscite encore des réticences en Algérie. Cependant, les autorités du pays défendent leur choix et battent en brèche les arguments des contestataires.

    La décision annoncée le dimanche 16 décembre par le wali (préfet) d'Alger, Abdelkader Zoukh, de confier le projet de restauration de la casbah d'Alger à l'architecte français Jean Nouvel, a déclenché une polémique qui n'arrête pas d'enfler. Les contestataires évoquent, selon le site de TV5 Monde, le fait que les Français ont eux-mêmes détruit trois fois la casbah pendant la colonisation de l'Algérie, ainsi que l'aspect financier du projet de restauration.

    ​«La venue de Jean Nouvel s'inscrit dans le cadre d'un partenariat entre la ville d'Alger et la région Île-de-France», a déclaré Azzedine Mihoubi, le ministre algérien de la Culture, selon le média. «Nous n'avons rien à payer à cet architecte, car c'est le côté français qui s'occupe de payer ses honoraires», a-t-il encore précisé en réponse à certaines critiques.

    Réagissant à la nomination de Jean Nouvel, l'architecte algérienne spécialiste en patrimoine Yasmine Terki a déclaré, dans un entretien le 17 décembre avec le site d'information Tout sur l'Algérie (TSA), que le wali d'Alger avait fait appel à des architectes algériens. Spécialisés en patrimoine et qualifiés en tant que tels par le ministère de la Culture, ces architectes ont été conviés dans le but d'étudier ce chantier de la rénovation de la casbah. «Le wali a tenté pour que les architectes algériens collaborent», a-t-elle affirmé. Cependant, «jamais les architectes algériens n'ont fait le forcing pour prendre en charge le patrimoine de la casbah», a-t-elle confié en ajoutant qu'«entre ne rien faire et laisser Jean Nouvel faire […] je préfère que Jean Nouvel fasse quelque chose plutôt que laisser la casbah tomber pièce par pièce».

    Évoquant l'état de délabrement dont se trouve ce monument de la capitale algérienne, l'un des hauts lieux de la résistance contre le colonialisme, Mme Terki a rappelé que «la casbah d'Alger est classée depuis 1992 dans la liste du patrimoine universel [de l'Unesco, ndlr]. Et depuis 1992, rien n'a été fait». «Le wali d'Alger a envie que les choses soient faites», a-t-elle encore soutenu.

    Lors de sa visite en Algérie les 16 et 17 décembre, Valérie Pécresse, la présidente de la région d'Île-de-France, s'est félicitée, dans le cadre de l'accord de coopération avec la wilaya d'Alger, de la concrétisation d'«un partenariat très important avec Alger». «Le temps fort de ce partenariat, c'est le lancement de la rénovation ensemble de la casbah, avec un architecte de très grand renom, Jean Nouvel, qui a été choisi par le wali d'Alger, pour mener avec sa région ces travaux de réhabilitation», a-t-elle ajouté.

    Selon TV5 Monde, les travaux de réhabilitation de la casbah ont déjà coûté 600 millions d'euros. Pour la seconde phase, la wilaya d'Alger a prévu un budget supplémentaire de 200 millions d'euros, selon la même source.

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    Tags:
    rénovation, polémique, prix, projet, Algérie
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