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    Hashim Thaci et Jens Stoltenberg

    Reconnaissant pour l’«intervention humanitaire», le Kosovo proclame 2019 année de l’Otan

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    Le 8 janvier, le président de la république autoproclamée du Kosovo Hashim Thaci a annoncé que 2019 serait «l’année de l’Otan au Kosovo», car en «cette année sera célébré le 20e anniversaire de l’intervention humanitaire de l’Otan». Un lieutenant-colonel serbe à la retraite a commenté la situation pour Sputnik.

    Les Kosovars ont toutes les raisons d'être reconnaissants à l'Otan, car grâce à l'Alliance, ils ont pu réaliser leurs desseins qui sont en contradiction flagrante avec la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies qui garantit l'intégrité territoriale de la Serbie, a déclaré à Sputnik Ljuban Karan, lieutenant-colonel à la retraite qui avait servi dans le contre-espionnage yougoslave, expliquant pourquoi Pristina et Tirana manifestaient avec autant de zèle et d'unanimité leur amour et leur fidélité à l'Otan.

    «Toutes les missions internationales créées jusqu'ici ont abusé de leurs mandats, agissant au détriment du peuple serbe. Tout acte juridique, adopté au Kosovo et appelé à contribuer à l'établissement de la paix et à la garantie d'une coexistence normale des peuples au Kosovo, est interprété contre les Serbes», a indiqué l'interlocuteur de l'agence.

    Et de rappeler que la création d'une armée kosovare, dont les formalités législatives ont été remplies le 14 décembre dernier avec le soutien de la KFOR, mission internationale de l'Otan au Kosovo, était la dernière dans cette série d'actions antiserbes. Et si l'on y ajoute l'ouverture déclarée des frontières avec l'Albanie, tout devient parfaitement évident.

    «L'Otan soutient ouvertement les Albanais, s'attendant à ce qu'ils soient absolument loyaux et dociles, à ce qu'ils garantissent une tête de pont solide pour toutes les opérations et initiatives militaires de l'Alliance», a relevé l'expert.

    Il a souligné que l'aspiration séculaire des Albanais à la réunification et les besoins du monde occidental dans les Balkans avaient coïncidé.

    «L'Otan, les États-Unis et le Royaume-Uni s'appliquent à satisfaire leurs propres intérêts aux frais d'autrui. Pour garantir la stabilité de sa propre situation dans la région et être sûre que les Albanais resteront son soutien fidèle, l'Otan doit aussi satisfaire leurs besoins et ce, au détriment de la Serbie et du peuple serbe», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

    Le 14 décembre 2018, le parlement de Pristina a voté une loi autorisant la création d'une armée nationale. Les experts signalent que cette décision remet en cause le statu quo avec la Serbie et va à l'encontre du processus de normalisation dans les Balkans.

    En 1999, la confrontation armée entre les militaires albanais de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK), d'une part, et l'armée et la police serbes, de l'autre, avaient abouti aux bombardements de la Yougoslavie par l'Otan.

    Les 17 et 18 mars 2004 avaient éclaté au Kosovo-Métochie des pogroms ainsi qu'une vague d'exactions anti-serbes et anti-orthodoxes sous les yeux des représentants de l'Otan et de l'Onu.

    Le parlement kosovar a unilatéralement proclamé l'indépendance du Kosovo par rapport à la Serbie en février 2008. À l'heure actuelle, 105 pays reconnaissent le Kosovo, alors que Pristina affirme qu'il y en a 117. Plus de 60 pays sont contre la reconnaissance du Kosovo, parmi lesquels la Chine, l'Inde, Israël, la Russie et cinq pays membres de l'Union européenne.

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    soutien, résolution, indépendance, armée, Conseil de sécurité de l'Onu, ONU, KFOR, Armée de libération du Kosovo (UCK), Union européenne (UE), Sputnik, OTAN, Ljuban Karan, Hashim Thaçi, Balkans, Royaume-Uni, États-Unis, Tirana, Albanie, Pristina, Kosovo
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