Ecoutez Radio Sputnik
    Carlos Ghosn

    L’épouse de Carlos Ghosn évoque ses mauvaises conditions de détention au Japon

    © AP Photo / Thibault Camus
    International
    URL courte
    30512

    L’épouse de Carlos Ghosn, clé de voûte de l'empire automobile Renault-Nissan-Mitsubishi, a révélé les conditions de détention de son mari dans sa prison japonaise, relate l’AFP, citant une lettre de Mme Ghosn à l'ONG de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch.

    Après que Carlos Ghosn a été arrêté au Japon le 19 novembre, son épouse, Carole Ghosn, a rédigé une lettre à l'intention de l'ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch, dans laquelle elle a dénoncé les conditions de détention de son mari. Il s'agit d'un document de neuf pages qui a été consulté par l'AFP.

    Carole Ghosn «exhorte Human Rights Watch à mettre son cas en lumière (…), à pousser le gouvernement à réformer son système draconien de détention et d'interrogatoire», a conclu Mme Ghosn.

    Ainsi, Mme Ghosn a raconté que son époux se trouvait dans une cellule éclairée nuit et jour. Elle ajoute qu'il ne peut pas prendre les médicaments dont il a besoin tous les jours.

    «Pendant des heures chaque jour, les inspecteurs l'interrogent, l'intimident, le sermonnent et l'admonestent, dans l'intention de lui extirper une confession», a raconté sa femme.

    Qui plus est, l'homme d'affaires a été contraint par des enquêteurs à signer des documents en langue japonaise qu'il ne parle pas, a dit Carole Ghosn en poursuivant qu'avant de les lui faire signer, seule une traduction orale lui a été faite, pendant laquelle son avocat n'avait pas été présent.

    L'avocat a pourtant nié cette information, expliquant que son client ne lui avait pas dit «une seule fois qu'il ait dû signer quoi que ce soit dans une langue qu'il ne comprend pas».

    Il avait également déclaré que M.Ghosn avait été transféré dans une cellule plus spacieuse et équipée d'un lit à l'occidentale, tout en soulignant que son client ne s'était jamais plaint auprès de lui au sujet de ses conditions de détention.

    Les visites de famille ont été autorisées à M.Ghosn depuis la semaine dernière.

    Le 10 décembre, le bureau des procureurs avait décidé de le mettre en examen pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015, selon l'agence de presse Kyodo et la chaîne publique NHK. Son bras droit, Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été inculpé.

    Nissan est également poursuivi en tant qu'entité morale, le parquet jugeant que la responsabilité de l'entreprise était aussi engagée, car c'est elle qui a remis les rapports incriminants aux autorités boursières.

    M.Ghosn, qui nie toute malversation financière, reste PDG du constructeur automobile français Renault, mais a été démis de ses fonctions de président des conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi Motors.

    Lire aussi:

    Emmanuel Macron s’enfonce toujours plus dans les sondages
    Acte 19. Voici à quoi ressemble le dispositif déployé sur les Champs-Élysées (photos)
    Acte 19: «Si les émeutiers veulent se faire tirer dessus, c'est leur choix»
    Tags:
    détention, prison, Carlos Ghosn, Japon
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik