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    Au Maroc, la photo d’une députée qui pose sans voile à Paris suscite la polémique

    © AFP 2018 Ahmad Al-Rubaye
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    L'affaire de la députée marocaine Amina Maelainine, qui a retiré son voile pour faire quelques photos à Paris, continue de faire tache d’huile, constate le site TSA, tandis que Le360 ajoute que ces photos ont eu l’effet d’un séisme parmi les sympathisants du Parti marocain de la justice et du développement (PJD).

    Dans le cadre d'une récente visite à Paris, une parlementaire du Parti marocain de la justice et du Développement (PJD) a retiré son voile pour faire quelques photos. Ces dernières, prises notamment devant le cabaret Moulin Rouge, ont été partagées à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux depuis le début de l'année.

    La députée de Casablanca, Amina Maelainine, s'est prononcée elle-même sur l'affaire de ses photos sans voile.

    «C'est une vraie guerre politique visant à nuire à mon image sans le respect des règles d'éthique et sans morale», a-t-elle écrit dans un post sur Facebook.

    Elle a confié que durant un instant de faiblesse humaine, elle avait cédé et commencé à encaisser «des coups douloureux».

    Avant d'indiquer qu'elle savait «depuis le début que c'était une guerre inégale contre une machine qui ne connaît que le langage de la destruction».

    Le sujet a pourtant débouché sur une vive polémique dans le pays, constate le site Tout sur l'Algérie (TSA).

    «Comment une femme, militante d'un parti islamiste, peut-elle se dévoiler?», avait lancé un podcaster, tandis qu'un autre internaute a reproché à la députée d'avoir une «double vie» en s'habillant différemment à l'intérieur et à l'extérieur du Maroc, selon le site. Ahmed Agountif, ex-époux de la députée, a pour sa part défendu Amina Maelainine, «militante victorieuse dans tous les combats démocratiques».

    Questionné par les journalistes, Abdelilah Benkirane, ex-secrétaire général du PJD et ancien chef du gouvernement, a parlé, lui, «d'évolution», a précisé TSA.

    «Il est naturel que nous évoluons. C'est le temps et la vie qui nous l'imposent […] L'être humain évolue dans l'âge et dans le savoir, relativise les choses, fait la part des choses. C'est une affaire ordinaire», a-t-il déclaré cité par le site.

    En outre, il a rappelé que le port du hidjab n'était pas une question de droit.

    «C'est entre elle et Dieu […] Elle est libre de porter ou de ne pas porter le hidjab», a-t-il souligné.

    Toujours selon le site, la députée a annoncé avoir saisi la justice pour défendre sa réputation et celle de sa famille.

    Entre-temps, la conséquence de ce comportement a sensiblement érodé la popularité du PJD, a affirmé lundi le quotidien Al-Akhbar, cité par le site d'information Le360. Selon lui, ces photos ont eu l'effet d'un séisme parmi les sympathisants du PJD, principalement dans la région du nord.

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    Tags:
    réputation, justice, hidjab, éthique, polémique, faiblesse, photo, députés, réseaux sociaux, Moulin Rouge, Parti de la justice et du développement (PJD) du Maroc, 360 (journal marocain), Tout sur l'Algérie (TSA), Facebook, Inc, Casablanca, Paris, Maroc
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