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    Donald Trump

    Sanctions, guerre commerciale, sommets historiques: 2 ans de politique étrangère de Trump

    © AP Photo / Andrew Harnik
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    Le 20 janvier marque le 2e anniversaire de l'entrée en fonction du Président des États-Unis Donald Trump. Il est temps de résumer les temps les plus forts de ces 24 mois tumultueux, à commencer par ses décisions provocatrices, dont la résiliation unilatérale d'accords internationaux jusqu’à la recherche de la paix avec des ennemis de longue date.

    Au cours de ces deux dernières années, le Président états-unien Donald Trump a montré qu'il était déterminé à tenir ses promesses de campagne et à promouvoir son mot d'ordre America First sur la scène mondiale.

    Rien de personnel, ce sont juste des affaires: déclencher des guerres de taxes et annuler des accords commerciaux

    Les relations commerciales ont toujours été particulièrement importantes pour Trump, ancien homme d'affaires. Il s'est mis à renégocier ou à annuler les accords de commerce afin de réunir les conditions et les arrangements commerciaux les plus favorables pour les États-Unis.

    Mettant à exécution sa promesse de campagne, Trump a notamment ordonné, à peine quelques jours après avoir prêté serment, au Bureau du représentant américain au commerce (USTR) de retirer les États-Unis du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) «désastreux», promu par Obama.

    Trump a expliqué que l'accord, conclu avec une douzaine de pays, notamment les États-Unis, le Japon, la Malaisie, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et le Mexique, nuirait à l'économie et aux travailleurs américains. Cet accord commercial entre 11 pays est entré en vigueur le 30 décembre 2018 et, bien que les États-Unis n'en fassent pas partie, certains pays membres espèrent toujours que Washington les rejoindra un jour.

    Le même sort a été réservé à l'Accord de libre-échange nord-américain ALENA de 1994, que Trump s'est également engagé à renégocier pour remédier au déficit commercial des États-Unis en biens, éliminer les subventions injustes et créer des emplois dans le secteur manufacturier américain. Il a également tenu sa promesse, l'ayant remplacée par un nouvel accord tripartite — l'accord «États-Unis-Mexique-Canada» (USMCA) après une année de négociations intenses.

    Fidèle à son mot d'ordre America First, le Président Trump a refusé ce qu'il a régulièrement qualifié de «pratiques commerciales déloyales» de la part de la Chine, taxant de 25% les marchandises chinoises importées pour un montant de 50 milliards de dollars en juin 2018. Pékin a accusé Washington d'avoir déclenché une guerre commerciale et promis des mesures de rétorsion.

    L'administration Trump a menacé de faire monter les enchères, avertissant qu'elle imposerait un droit de douane supplémentaire de 10% sur des importations chinoises pour 200 milliards de dollars si Pékin appliquait des mesures de rétorsion. Le gouvernement chinois n'a pas tardé à donner une réponse symétrique.

    À ce jour, les États-Unis ont déjà frappé la Chine par des droits de douane sur des produits d'une valeur de 250 milliards de dollars et menacent d'imposer une taxe à l'importation pour 267 milliards de dollars supplémentaires. De son côté, Pékin a introduit des droits de douane sur les marchandises américaines d'une valeur de 110 milliards de dollars et a mis en garde contre des mesures «quantitatives et qualitatives» qui pourraient affecter les entreprises américaines traitant avec la Chine.

    En marge du G20 à Buenos Aires en décembre 2018, les deux superpuissances économiques ont toutefois conclu une trêve de 90 jours dans leur guerre commerciale. Trump a accepté de ne pas augmenter de 10% à 25% les droits de douane sur les importations chinoises pour un montant de 200 milliards de dollars à compter du 1er janvier, alors que le Président chinois Xi Jinping s'est engagé à acheter davantage de produits américains pour réduire le déficit commercial des États-Unis.

    Quoi qu'il en soit, la Chine n'était pas le seul pays ciblé, loin de là! Les alliés «traditionnels» des États-Unis n'ont pas échappé eux non plus à la politique controversée de protectionnisme commercial du 45e Président états-unien. Trump semblait bien déterminé à ne plus laisser quiconque «tirer profit» des États-Unis et a imposé des droits de douane de 25% et 10% sur les importations d'acier et d'aluminium respectivement en provenance de l'Union européenne et du Canada.

    Cette décision a incité les pays ciblés à réagir à leur tour.

    Relocalisation de l'ambassade américaine dans la «capitale éternelle» d'Israël

    Tenant une autre promesse de campagne, Donald Trump a adopté une décision historique modifiant le paysage politique du Proche-Orient et transféré l'ambassade américaine en Israël dans la «capitale éternelle du peuple juif, Jérusalem».

    Le 6 décembre 2017, le Président des États-Unis a officiellement reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël, annonçant qu'il avait chargé le département d'État d'amorcer le processus de transfert de l'ambassade de Tel Aviv dans la capitale nouvellement reconnue.

    Sans surprise, cette annonce a été accueillie chaleureusement par Israël, mais a alimenté des tensions dans cette région tumultueuse, provoquant l'indignation des nations arabes, qui ont mis Trump en garde contre la mise en péril du processus de paix au Proche-Orient.

    Tant Israël que l'Autorité palestinienne, qui gouverne la bande de Gaza et deux territoires en Cisjordanie en vertu des accords d'Oslo de 1993, revendiquent la ville de Jérusalem comme étant la leur.

    Cela s'est avéré être un obstacle majeur aux efforts de la communauté internationale pour mettre en œuvre une solution prévoyant la création de deux États, soit la création d'un État de Palestine indépendant aux côtés de l'État d'Israël, à l'ouest du Jourdain.

    La cérémonie d'ouverture officielle de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem s'est déroulée le 14 mai 2018, déclenchant une vague de manifestations et des affrontements sanglants entre Palestiniens et Forces de défense israéliennes dans la bande de Gaza, faisant au moins 55 morts.

    Contrer l'Iran

    Le Plan d'action global commun (JCPOA), plus connu comme l'accord sur le nucléaire iranien, a été signé en 2015 par l'Iran et les pays du groupe P5+1 — Russie, États-Unis, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne — après des années de négociations. Cet accord multilatéral visait à freiner les ambitions nucléaires de l'Iran en échange de la levée progressive des sanctions économiques contre Téhéran.

    Depuis son entrée en fonction, Trump n'a cessé de critiquer ce pacte conclu sous Obama, en le qualifiant d'«embarras» et d'un des pires accords auxquels les États-Unis n'ont jamais souscrit.

    Il a menacé à plusieurs reprises de se retirer unilatéralement dudit accord, son administration soulignant que le Président voulait corriger les «défauts flagrants» de l'accord «horrible et unilatéral».

    Après des mois de spéculations et de rumeurs selon lesquelles Trump envisageait de rompre l'accord, le Président a finalement annoncé le 8 mai 2018 qu'il retirait les États-Unis de cette situation et rétablissait les sanctions contre l'Iran. La décision a été accueillie avec regret et condamnation par les autres signataires et promoteurs de l'accord, le Président iranien Hassan Rohani soulignant que les États-Unis avaient la tradition de porter atteinte aux traités internationaux.

    La réimposition des sanctions contre différentes industries iraniennes — y compris le transport maritime, l'énergie et les services financiers — a été doublée par la menace de Trump d'imposer des restrictions secondaires aux sociétés étrangères effectuant des échanges commerciaux avec l'Iran, chassant ainsi nombre de sociétés importantes du marché iranien.

    Après le retrait des États-Unis, les pays membres de l'Union européenne ont manifesté leur intérêt à poursuivre leurs relations commerciales avec Téhéran malgré la menace de sanctions. L'UE a mis à jour sa loi de blocage afin de protéger les entreprises européennes des sanctions secondaires imposées par Washington.

    Corée du Nord: du «feu et fureur» à une poignée de main historique et encore plus

    La voie des discussions sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne entre Donald Trump et Kim Jong-un, marquée par la première rencontre entre le Président états-unien en exercice et un dirigeant nord-coréen, a été assez précipitée.

    Depuis que le chef du pays le plus fermé du monde a menacé de lancer des missiles balistiques dans les eaux entourant la base navale américaine de Guam en août 2017, le Président états-unien a lancé un sévère avertissement lui promettant de déclencher «feu et fureur» sur Pyongyang.

    À partir de ce moment, le Président Trump a appelé la communauté internationale à augmenter la pression sur le pays asiatique, la poursuite des essais nucléaires de Kim faisant monter encore les tensions.

    Réputé par son extrême créativité en matière d'invention de sobriquets, Trump a qualifié le dirigeant nord-coréen de «little rocket man» («petit homme-fusée») en «mission-suicide», tandis que Kim a riposté en taxant le Président états-unien de «dingue», présentant le «comportement d'un déséquilibré mental». Alors que le dirigeant nord-coréen avertissait Trump des capacités nucléaires de Pyongyang, le chef d'État insistait sur le fait que son «bouton nucléaire» était «beaucoup plus grand et plus puissant» et qu'il fonctionnait réellement.

    Malgré cette «guerre des mots sans fin», Trump affirmait qu'il «avait beaucoup essayé» d'être ami de Kim — et ses tweets étaient effectivement prophétiques compte tenu du lien «spécial» qui s'est tissé entre les deux hommes lors de leur premier sommet.

    Les deux dirigeants se sont entretenus à Singapour en juin 2018 et ont signé un document détaillé dans lequel Kim s'est engagé à mener à bien la dénucléarisation, un résultat tangible que l'on ne peut nier. Les photos et les vidéos du jour où les deux hommes se sont rencontrés ont fait le tour de la planète, les utilisateurs de réseaux sociaux se félicitant de leur poignée de main historique et évoquant même les chances de Trump pour obtenir le prix Nobel de la paix.

    Actuellement, les deux parties travaillent sur les détails d'un deuxième sommet.

    Plus dur avec la Russie que tout autre Président?

    Depuis 24 mois, Trump est régulièrement accusé d'accéder aux désirs de la Russie, bien qu'il affirme lui-même être «beaucoup plus dur» avec Moscou que ses prédécesseurs.

    Alors que l'enquête de Robert Mueller sur la prétendue collusion entre la campagne de Trump et le Kremlin est toujours en cours, le Président états-unien semble refuser de céder aux appels des médias et des Démocrates à lancer une véritable croisade contre la Russie.

    Supposant qu'un jour les États-Unis auraient de bonnes relations avec la Russie — comme il l'avait fait avec la Corée du Nord —, il cherchait à améliorer les relations bilatérales, en acceptant un sommet avec le Président Vladimir Poutine à Helsinki le 16 juillet 2018.

    Malgré de nombreuses critiques avant même que la réunion ait eu lieu, Trump et Poutine ont déclaré après avoir abordé un large éventail de questions que leurs premiers pourparlers à grande échelle étaient un «succès».

    Aucun communiqué n'ayant suivi leur rencontre en tête-à-tête, les médias mainstream et les fervents russophobes ont colporté diverses rumeurs et théories d'un complot.

    Journaux et magazines ont critiqué Trump pour ses prétendus efforts visant à garder le secret de ses échanges avec Poutine, et l'ont même accusé d'être un agent du Kremlin — ce qu'il considérait comme très insultant.

    Alarmés par le mystère entourant le sommet d'Helsinki à huis clos, les critiques ont insisté sur la nécessité urgente de divulguer les notes de l'interprète Marina Gross, la seule autre Américaine présente à cette rencontre, pour connaître les promesses qu'aurait pu donner Trump à Poutine.

    Les deux chefs d'État ont formellement nié toute collusion. Trump a souvent qualifié ces allégations de «chasse aux sorcières», tandis que le Kremlin a signalé à maintes reprises le manque de preuves.

    Traité FNI au bord de l'effondrement

    Les relations entre la Russie et les États-Unis restent tendues et la réduction des armements nucléaires est revenue sous le feu des projecteurs en 2018. Le 20 octobre, le Président Trump a annoncé son intention d'abandonner le Traité de 1987 sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), accusant la Russie de violer l'accord.

    En fait, il a déclaré que les États-Unis commenceraient à développer des armes actuellement interdites par le traité.

    Moscou a réfuté les accusations, soulignant que Washington avait déployé lui-même des lanceurs de missiles de croisière Tomahawk en Roumanie et en Pologne, en violation du traité.

    L'administration américaine a déclaré début décembre qu'elle suspendrait son adhésion à l'accord si la Russie ne revenait pas à «se conformer» pleinement au traité dans les 60 jours à venir.

    Répondant à cette déclaration, le Président Poutine a prévenu qu'une telle démarche pourrait avoir des conséquences imprévisibles et entraîner une catastrophe mondiale en raison du seuil plus bas pour l'utilisation des armes nucléaires.

    En réalité, cet accord marque la première fois que les deux superpuissances — l'Union soviétique et les États-Unis — acceptent volontairement de réduire leurs arsenaux nucléaires, en détruisant tous les missiles balistiques et de croisière à propulsion nucléaire dotés d'armes nucléaires dont la portée est comprise entre 500 et 5.500 km, ainsi que de permettre des inspections sur place pour vérification.

    Syrie: deux frappes balistiques… et retrait de troupes

    Au 77e jour de sa présidence, Trump a ordonné une frappe de missiles contre un aérodrome syrien en réponse à une attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun qui aurait tué 80 personnes.

    L'incident s'est produit le 4 avril 2017, des groupes d'opposition, soutenus par les États-Unis, ont reproché au gouvernement syrien d'utiliser des armes chimiques et de prendre délibérément pour cible des civils. Damas, pour sa part, a catégoriquement rejeté ces allégations, en accusant les djihadistes locaux.

    Une année plus tard, le Président états-unien a voulu tenir son engagement de sortir les troupes des guerres, en particulier au Proche-Orient, annonçant une nouvelle surprise: les soldats américains rentreraient bientôt.

    Cependant, deux semaines après cette annonce, la nouvelle d'une autre attaque chimique en Syrie a changé la donne.

    Après avoir de qualifier Bachar el-Assad d'«animal tueur à gaz», le Président états-unien a ordonné une nouvelle série de frappes aériennes contre la République arabe en avril 2018.

    Cette fois, les États-Unis, appuyés par leurs alliés militaires traditionnels — la France et le Royaume-Uni — ont tiré plus de 100 missiles de croisière et air-sol sur un certain nombre de cibles en guise de représailles à une autre attaque chimique présumée dans la ville de Douma, imputée cette fois encore à l'armée syrienne gouvernementale.

    Damas et Moscou ont qualifié l'incident d'opération fictive, tandis que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé que ses enquêteurs n'avaient trouvé aucune trace d'agents neurotoxiques ni dans des échantillons environnementaux ni dans des échantillons prélevés sur des victimes présumées.

    Neuf mois après ces frappes tripartites, le Président Trump a tenté une nouvelle fois de tenir enfin sa promesse de campagne de retirer les troupes. Le 19 décembre 2018, il a annoncé sa décision de ramener chez eux les 2.000 soldats américains déployés en Syrie.

    Le Président états-unien a déclaré que Daech* était vaincu, affirmant que les États-Unis n'avaient par conséquent aucune raison de rester et que les pays de la région seraient en mesure de liquider les derniers terroristes.

    Bien que le calendrier exact du retrait n'ait pas été communiqué, il semble que cela prendra un certain temps, car Trump cherche par ailleurs à assurer la sécurité des forces kurdes qui seraient exposées au risque d'une incursion turque dans le nord de la Syrie.

    De plus, le retour annoncé des militaires aux États-Unis pourrait être compliqué par un attentat suicide à la bombe dans la ville de Manbij, qui a coûté la vie à 20 personnes, dont une poignée de soldats américains, plus tôt cette semaine. Daech*, qui, selon la déclaration précédente de Trump, aurait été écrasé, aurait revendiqué l'explosion.

    Obsolète Otan? «Partage équitable» et rumeurs de retrait

    Depuis son entrée en fonction, Trump a critiqué à plusieurs reprises ses alliés transatlantiques pour ne pas s'acquitter de leurs obligations en matière de dépenses au sein de l'Otan.

    Trump a souligné que seuls cinq des 29 États membres consacraient 2% de leur PIB à la défense et a insisté pour que les autres membres de l'Alliance paient leur «juste part».

    De plus, le Président états-unien a déjà mis en doute la pertinence du bloc de la période de la guerre froide dans la conjoncture actuelle, le qualifiant d'«obsolète» et «injuste» envers Washington.

    Les membres de l'Otan ont été consternés par ces propos, craignant que Trump ne cherche à retirer les États-Unis de l'Alliance militaire transatlantique.

    Un article du journal The New York Times aurait pu alimenter ces inquiétudes, car il aurait allégué qu'en 2018 Trump avait répété à plusieurs reprises à ses principaux collaborateurs qu'il cherchait à se retirer de l'Alliance.

    Selon des médias, de hauts responsables de l'administration craignaient qu'une telle évolution ne porte atteinte à l'influence de Washington sur l'océan et n'encourage la Russie.

    Toujours est-il que Trump n'a jamais annoncé publiquement son intention de retirer les États-Unis de l'Otan.

    Alarmés par l'effondrement potentiel du bloc, âgé de 69 ans, les alliés européens ont cédé à Trump et ont décidé, en marge du sommet de Bruxelles en juillet 2018, de commencer à dépenser 2% de leur PIB d'ici 2024, mais se sont montrés sceptiques quant à sa proposition d'augmenter ces dépenses jusqu'à 4%.

    Fissure dans les relations avec la Turquie: pasteur Brunson, S-400, F-35

    Les relations entre les deux alliés de l'Otan ont connu une détérioration majeure suite à l'arrestation et la détention d'un pasteur américain en Turquie, ainsi qu'à cause des projets d'Ankara d'acheter le puissant système de défense aérienne russe S-400, ce qui a compliqué à son tour la transaction avec le F-35 américain.

    Le pasteur Andrew Brunson avait été arrêté dans la ville turque d'Izmir en 2016 pour ses liens présumés avec le mouvement du religieux islamique Fethullah Gülen, qu'Ankara qualifie de responsable qui aurait orchestré le coup d'État militaire raté plus tôt la même année.

    Après que la Turquie a refusé de libérer le pasteur, les États-Unis ont imposé des sanctions aux ministres turcs de la Justice et de l'Intérieur, tout en doublant les droits de douane sur les importations d'aluminium et d'acier turcs à respectivement 20 et 50%.

    Les restrictions ont porté un coup dur à la lire turque, qui a plongé de plus de 40% en 2018.

    La décision d'Ankara de ne pas renoncer à l'achat de S-400 de fabrication russe, que Washington a jugé incompatible avec les défenses de l'Otan, a aggravé encore plus la situation. L'administration Trump a menacé d'imposer des sanctions supplémentaires à la Turquie et de geler l'accord sur les F-35, déjà financé par Ankara.

    Après des mois de rhétorique, la Turquie a finalement accepté de libérer le pasteur Brunson de prison et de le renvoyer aux États-Unis.

    La question de la défense aérienne persiste malgré l'offre de Washington de vendre ses systèmes Patriot à la Turquie comme alternative au S-400 russe.

    Quitter l'accord de Paris sur le climat

    Au cours de sa campagne électorale de 2016, Trump a qualifié le changement climatique de «canular» et s'est engagé à annuler l'accord de Paris sur le climat de 2015 ainsi qu'à «cesser de verser des dollars américains aux programmes de lutte contre le réchauffement de la planète de l'Onu».

    Dans un discours de juin 2017, le Président états-unien a critiqué l'accord, aux termes duquel les États-Unis auraient volontairement limité leurs émissions de carbone, pour nuire aux entreprises américaines, à l'économie du pays et affaiblir la souveraineté des États-Unis.

    Trump a en outre annoncé que les États-Unis se retiraient de l'accord — un autre héritage d'Obama — qu'il a jugé très injuste envers Washington. Quelques mois après le retrait, il a déclaré que les États-Unis avaient laissé la porte ouverte à une éventuelle réintégration — mais il n'allait pas laisser l'accord priver Washington d'un avantage concurrentiel.

    L'accord de Paris a été élaboré dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et a été ratifié par 170 des 197 parties à la convention. Les États-Unis sont le seul pays à se retirer de l'accord.

    Le dernier partenaire de l'Arabie saoudite dans l'affaire Khashoggi

    Le 2 octobre 2018, le Saoudien Jamal Khashoggi, chroniqueur au journal The Washington Post, a été porté disparu après son entrée au consulat général d'Arabie saoudite à Istanbul. Après des semaines d'inquiétudes et de spéculations selon lesquelles il aurait pu être enlevé ou tué à l'intérieur du bâtiment, ainsi que des perquisitions des locaux consulaires par la police turque, le procureur général saoudien a confirmé la mort du journaliste.

    Les autorités saoudiennes ont nié toute implication de la famille royale, qualifiant cette affaire d'opération «voyou» et ayant ouvert une enquête sur le meurtre.

    Malgré les pressions exercées par les plus grands sénateurs américains pour prendre des mesures contre le royaume et le prince héritier Mohammed ben Salmane, le Président Trump a déclaré que les services de renseignement américains évaluaient toujours toutes les informations liées à cette affaire.

    Trump a également exprimé sa crainte que, si les contrats militaires américains avec Riyad étaient suspendus, le royaume dépenserait tout son argent en armes russes ou chinoises, et il ne voulait pas perturber sa mission America First.

    Suggérant que le monde «pourrait ne jamais connaître tous les faits» entourant ce meurtre, le Président américain a réaffirmé que Washington resterait le «partenaire inébranlable» de Riyad.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    Accord de Paris sur le climat, Accord de libre-échange nord-américain (NAFTA), Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), F-35A, S-400, OIAC, OTAN, Union européenne (UE), Donald Trump, Hassan Rohani, Xi Jinping, Bachar el-Assad, Kim Jong-un, Vladimir Poutine, Helsinki, Jérusalem, Arabie Saoudite, Corée du Nord, Iran, Israël, Chine, Syrie, États-Unis, Russie
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