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    Tir à balles réelles? Une marche de l'opposition réprimée au Cameroun

    © Sputnik . Anicet Simo
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    Anicet Simo
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    Des manifestants ont été arrêtés et des blessés enregistrés samedi 26 janvier au cours d'une marche interdite de l'opposition au Cameroun. Le même jour, l'ambassade du Cameroun à Paris a été saccagée par des manifestants. Des manifestations initiées par Maurice Kamto, qui revendique toujours sa victoire à la présidentielle du 7 octobre dernier.

    Samedi 26 janvier, au moins 117 personnes ont été interpellées lors de marches non autorisées qui ont réuni des centaines de personnes dans plusieurs villes du pays. Plusieurs personnes ont également été blessées à Douala, la capitale économique du pays, où la tension était plus vive. Parmi les blessés figurent Me Michelle Ndoki, avocate, et Célestin Djamen, des militants bien connus du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).

    Les manifestants ont affirmé que la police a tiré à balles réelles, blessant au moins trois manifestants. Le gouvernement de Yaoundé a démenti des affirmations ce même jour, au cours d'une conférence de presse. Le ministre de la Communication, René Sadi, a affirmé qu'«aucun coup de feu à balles réelles n'a été tiré», samedi dans la métropole économique. Tout en précisant que «les éléments de sécurité ont fait usage d'une logistique réglementaire».

    Les internautes ont relayé des images, rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux, pour démontrer le contraire. On y voit des éléments des forces de l'ordre utiliser des armes, sans que l'on puisse déterminer s'il s'agit de balles en caoutchouc ou de balles réelles. Dans un communiqué, le bâtonnier de l'Ordre national des avocats du Cameroun, Me Charles Tchakoute Patie, a «dénoncé et condamné tout usage disproportionné de la force publique à l'égard d'une population civile, fût-ce dans la prévention ou la protection de l'ordre public.»

    Ces échauffourées ont eu lieu lors de manifestations organisées par le MRC, parti de Maurice Kamto, ancien candidat à l'élection présidentielle du 7 octobre qui ne reconnaît pas le résultat officiel validé par le Conseil constitutionnel et qui revendique toujours sa victoire.
    Les manifestants ont bravé l'interdiction de l'Autorité administrative, alors que la manifestation avait été interdite par les autorités locales. Des militants du même parti politique ont été arrêtés et certains relâchés à Yaoundé et à Bafoussam, dans l'ouest du pays, à l'occasion des marches de protestation.

    Les manifestations ont également eu lieu dans la diaspora camerounaise. À Paris, une cinquantaine de manifestants camerounais ont envahi samedi soir l'ambassade du Cameroun, saccageant notamment des portraits du chef de l'État. Les manifestants sont restés plus de trois heures sur place, avant d'être délogés, dans le calme, par les forces de l'ordre. À Yaoundé, René Sadi, porte-parole du gouvernement, a condamné «des manœuvres inadmissibles dont le but est la déstabilisation du Cameroun.»

    Le MRC de Maurice Kamto, qui revendique la victoire à l'élection présidentielle du 7 octobre, avait appelé à manifester le samedi 26 janvier, contre ce qu'il considère comme un «hold-up électoral». La marche avait été annoncée pendant son adresse à la nation le 31 décembre 2018.

    «Il s'agira des marches de l'indignation, de protestation et de colère à la fois contre la guerre dans le Nord-ouest et le Sud-ouest, pour dire non: cette guerre ne se fait pas en notre nom, contre l'assassinat de la démocratie par les fraudes électorales massives et le vol de l'élection pour dire non au hold-up électoral, contre la corruption, le détournement et le pillage dans l'impunité de l'argent public et des ressources de la nation, notamment par un gang de malfaiteurs qui tentaient de dissimuler leurs forfaits sous le couvert de l'organisation de la 32e coupe d'Afrique des nations pour dire non au crime contre la fortune publique», avait-il mentionné.

    Maurice Kamto dans un autre discours qu'il a prononcé le 15 janvier au siège de son parti à Yaoundé avait réitéré sa volonté de poursuivre son combat à travers ces manifestations pour défendre ces causes.

    «Et si je devais être seul, qu'on me tue, moi. C'est une cause qui me dépasse et elle vaut la peine que l'on mène des combats.»

    Le président du MRC a été également été aperçu samedi 26 janvier à Douala apporter son soutien aux manifestants.
    Pour le ministre de la Communication,

    «par l'organisation de ces manifestations, le MRC entendait, comme à l'accoutumée, inciter des compatriotes de l'intérieur du pays et de la diaspora à braver l'ordre républicain par les mots d'ordre de rébellion et d'insurrection vis-à-vis des institutions légales et légitimes.»

    Maurice Kamto, opposant de Paul Biya, lequel avait proclamé sa victoire dès le lendemain de la présidentielle, et ses partisans ont démarré depuis le vendredi 26 octobre 2018 une série de manifestations au Cameroun et à l'étranger pour refuser ce qu'ils appellent un «hold-up électoral». Le climat sociopolitique demeure donc toujours tendu dans le pays. L'opposant Maurice Kamto, arrivé deuxième avec 14,23% des voix derrière Paul Biya à la présidentielle, ne reconnaît pas le résultat officiel des urnes validé par le Conseil constitutionnel. Paul Biya, 85 ans, dont 36 au pouvoir, avait été réélu avec 71,2% des voix pour un septième mandat consécutif.

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    émeutes, manifestation, Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), René Sadi, Paul Biya, Maurice Kamto, Bafoussam, Yaoundé, Douala, Cameroun
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