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    Centre-ville de Chebba

    Un maire tunisien anticipe un arrêté de démolition… en rasant son propre local

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    Safwene Grira
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    En procédant à la destruction de sa construction irrégulière, l’édile de la commune tunisienne de Chebba espère vouloir «donner l’exemple». Dans cette ville côtière du centre-est, près de 300 constructions irrégulières ou anarchiques font l’objet d’arrêtés de destruction qui n’ont pas été exécutés.

    Le maire de la commune tunisienne de Chebba a procédé, mardi 29 janvier, à la destruction d'une construction irrégulière lui appartenant «pour donner l'exemple», a-t-il déclaré à Sputnik.

    La construction devait servir, entre autres, d'entrepôt pour du matériel agricole nécessaire à l'exploitation d'une petite parcelle, avait indiqué le correspondant de la radio privée Mosaïque FM, qui a révélé cet épisode. Le local jouxtait toutefois un passage agricole et contrevenait dès lors aux dispositions réglementaires en vigueur.

    Les travaux avaient été entamés, vers la fin de l'année 2016, à la faveur d'un accord préalable délivré par l'administration du développement agricole à ce retraité de la marine nationale. Une récente décision de la direction régionale du ministère de l'Équipement est toutefois venue lui notifier un refus définitif.

    «J'ai donc choisi d'anticiper l'arrêté de démolition qui devait tomber, inéluctablement, et que je devais moi-même signer, en ma qualité de président du conseil municipal. J'ai alors choisi de procéder, par mes propres moyens, à la location d'un trax [pelle mécanique, ndlr] qui a rasé le local. C'était la chose à faire, parce que si on commet tous des erreurs, j'estime que la première qualité d'un responsable c'est d'être irréprochable», souligne Houcine Nasri, maire de Chebba, à Sputnik.

    L'édile espère que sa décision sensibilisera davantage les habitants de Chebba sur la nécessité de se conformer à la loi.

    «Cela commence à porter ses fruits, se réjouit le responsable local. Un habitant qui opposait, depuis un moment, une farouche résistance contre un arrêté de démolition, menaçant même de se constituer bouclier humain, est venu me dire aujourd'hui qu'il acceptait qu'on puisse exécuter la décision à son encontre, sans entrave de sa part.»

    Quelque 300 autres arrêtés de démolition restent en suspens dans cette commune de 25 000 habitants, dans le centre-est tunisien. Certaines décisions sont restées inapplicables depuis une quinzaine d'années, précise encore Houcin Nasri. Le maire de Chebba n'exclut pas, en revanche, de régulariser une bonne partie de ces situations, sur l'exemple d'autres communes.

    «À partir du moment où les irrégularités sont mineures, dans ce sens où le contrevenant ne s'est pas approprié un bien public et qu'il ne résulte pas de l'infraction un trouble du voisinage, on peut proposer une régularisation de la situation en échange d'une contrepartie financière. On arrivera ainsi, d'une part, à renflouer les caisses de la municipalité et d'autre part, à réduire considérablement le recours à la démolition», envisage le maire tunisien.

    Les Tunisiens ont pris part, en mai 2018, aux premières élections municipales depuis la révolution du 14 janvier 2011. Les compétences des conseils municipaux élus dans 350 communes ont été largement renforcées à la faveur d'un nouveau Code des collectivités locales. Les responsables locaux se trouvent néanmoins confrontés à de nombreux défis, dont le pullulement des constructions anarchiques et l'insuffisance des budgets.

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    Tags:
    construction, Chebba, Tunisie
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