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Au sujet de l’existence des «camps de rééducation» pour Ouïghours en Chine, Sergueï Lavrov a fait savoir que Moscou n’intervenait jamais dans les affaires intérieures d’autres pays. Cependant, selon lui, le problème de l’extrémisme est aigu dans cette partie de la Chine, d’où des radicaux partent combattre dans les rangs de Daech*.

Le ministre russe des Affaires étrangères a réagi aux informations diffusées ces derniers temps à plusieurs reprises par certains médias concernant l'existence de camps dans la région autonome du nord-ouest de la Chine, le Xinjiang, où seraient détenus et rééduqués les Ouïghours.

«Je n'en suis pas au courant. J'ai récemment lu que les États-Unis soulevaient activement cette question, notamment par l'intermédiaire de leur ambassade à Pékin. Nous n'intervenons pas dans les affaires d'autres pays et n'essayons pas de chercher des problèmes dans nos relations», a déclaré Lavrov lors d'un discours à l'Université slave kirghize-russe.

«Nous savons à quel point le problème de l'extrémisme est aigu dans la région autonome de Xinjiang, en Chine. Nous savons qu'il n'y pas qu'une seule centaine, peut-être même pas qu'un seul millier d'extrémistes dans cette région chinoise qui combattent dans les rangs de Daech* et d'autres structures terroristes en Syrie et dans d'autre pays du Proche-Orient», a ajouté le chef de la diplomatie russe.

Lavrov a insisté sur le fait que Moscou veillait à ce que la coordination entre la Russie et la Chine en matière de lutte contre le terrorisme, ainsi qu'entre les pays de l'Organisation du traité de sécurité collective et de l'Organisation de coopération de Shanghai, soit efficace et aide à résoudre le problème des ressortissants terroristes de l'Asie centrale, de la Russie ou de la Chine.

Selon le ministre russe, les extrémistes de la région «tentent leur chance» au Proche-Orient. Une fois chassées, les bandes armées essayent de rentrer ou de pénétrer dans d'autres États.

«Il est très important d'empêcher de tels "voyages"», a fait remarquer le ministre.

Des experts du Comité de l'Onu pour l'élimination de la discrimination raciale ont annoncé fin d'août 2018, dans un rapport publié, que jusqu'à un million de ouïghours ethniques pouvaient se trouver dans des «camps de rééducation» dans la région autonome du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).

Suite à la diffusion récurrente de ces informations par certains médias, la Chine a organisé en décembre 2018 un voyage pour une délégation de diplomates étrangers, dont un représentant de l'ambassade russe en Chine, à l'occasion duquel les diplomates ont pu visiter les centres de formation professionnelle et d'éducation dans les villes chinoises de Kashgar, Hotan et Moyu.

Comme a tenu à le souligner la mission diplomatique russe à l'issue de ce voyage, la Chine est consciente de la vulnérabilité de cette région frontalière face aux différentes menaces à la sécurité intérieure et à la stabilité liées aux manifestations d'extrémisme et de terrorisme nourries de l'étranger.

Le ministère chinois des Affaires a déclaré que rien ne le prouvait et que les informations diffusées dans des médias mainstream ne correspondaient pas à la réalité, avant d'ajouter que la Chine, membre de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, respectait pleinement ses obligations.

* Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
ouïghours, Sergueï Lavrov, Xinjiang, Chine, États-Unis, Russie
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