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    L’Iran, pomme de discorde entre le renseignement US et la Maison-Blanche?

    © AFP 2019 BEHROUZ MEHRI
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    Dans son rapport annuel, le directeur du renseignement national des USA Daniel Coats prédit à la fois une recrudescence de protestations en Iran et le renforcement des positions des partisans d’une ligne ferme à l’égard de Washington et de ses alliés. Deux politologues iraniens ont parlé à Sputnik du rôle des Américains dans les troubles en Iran.

    Publié le 29 janvier, le rapport annuel du renseignement national des États-Unis dresse un tableau des «menaces mondiales» qui diffère sur de nombreux points de la rhétorique de Donald Trump. Les décalages sont flagrants, en particulier sur l'Iran, ont constaté dans un entretien accordé à Sputnik les analystes iraniens Fuad Izadi et Ali Reza Rezakhah.

    «Trump et son entourage ne prennent pas au sérieux les données fournies par les services de renseignement, dont les chefs ont d'ailleurs été désignés par le Président lui-même, la politique étrangère des États-Unis se caractérisant par l'absence de toute concertation et des divergences entre Trump et ses protégés», a déclaré à Sputnik Fuad Izadi, américaniste de l'Institut d'étude des processus mondiaux à l'Université de Téhéran.

    Et de citer à titre d'exemple les propos tenus sur l'Iran par le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche John Bolton.

    «Pour illustrer ces divergences, il suffit de rappeler l'affirmation de Bolton, selon qui l'Iran ne verra pas le 40e anniversaire de la Révolution islamique, alors qu'il est dit dans le rapport du directeur du renseignement national des États-Unis que même si des manifestations se déroulent en Iran, elles ne déboucheront sur rien. Ou concernant le programme nucléaire iranien, la Maison-Blanche insiste sur le problème de la mise au point d'une bombe atomique par l'Iran, alors que le rapport affirme que l'Iran ne s'assigne pas pour objectif de créer une telle bombe», a rappelé M. Izadi.

    Selon un autre interlocuteur de l'agence, Ali Reza Rezakhah, spécialiste de la politique internationale, l'implication des États-Unis dans les désordres en Iran est évidente.

    «Les Américains ne le nient d'ailleurs pas eux-mêmes. Dans certains cas, ils reconnaissent immédiatement leur ingérence; dans d'autres, notamment le coup d'État de Mohammad Reza Pahlavi, ils ne la révèlent que de longues années plus tard», a précisé l'expert.

    Et d'ajouter que les modèles utilisés par les États-Unis dans de tels cas n'étaient pas nouveaux et sont compréhensibles pour tous.

    «Les sanctions anti-iraniennes visent elles aussi à provoquer des troubles en Iran. […] Néanmoins, les Américains ne comprennent pas une seule chose — quand un pays défie directement un autre pays, le peuple de ce dernier devient plus uni», a résumé l'Iranien.

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    renseignement américain, nucléaire, implication, manifestation, émeutes, coup d'Etat, sanctions, Révolution islamique iranienne (1979), Sputnik, présidence américaine, Mohammad Reza Pahlavi, John Bolton, Ali Reza Rezakhah, Fuad Izadi, Daniel Coats, Donald Trump, Téhéran, États-Unis, Iran
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