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    Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev signent le Traité FNI à Washington (8 décembre 1987)

    «L’abandon du FNI par les États-Unis détruit le système de sécurité en Europe»

    © Sputnik . Yuryi Abramochkin
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    Le samedi 2 février, les États-Unis se sont retirés du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). En réponse à cette démarche unilatérale de Washington, Moscou a suspendu lui aussi sa participation au traité. Miroslav Lazanski, analyste militaire serbe, a commenté pour Sputnik les incidences de cet événement pour l’Europe.

    La réaction de Moscou est absolument logique, les États-Unis ayant été les premiers à sortir du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), a déclaré à Sputnik l'analyste militaire serbe Miroslav Lazanski à propos de l'annonce par Vladimir Poutine de la suspension de la participation de la Russie au FNI en réponse au retrait unilatéral des Américains.

    «L'abandon du FNI par les États-Unis détruit le système de sécurité en Europe, notamment en matière de désarmement nucléaire. Il reste désormais à savoir ce qui arrivera au START- 3 [Traité de réduction des armes stratégiques, signé par Dmitri Medvedev et Barack Obama en 2010, ndlr]», a poursuivi l'interlocuteur de l'agence.

    Et de rappeler que les États-Unis avaient commencé à violer les traités de désarmement et de dissuasion nucléaire dès 2001, en se retirant notamment du Traité ABM, accord limitant la possibilité de déployer des systèmes de défense antimissile conclu entre les États-Unis et l'URSS en 1972.

    «En déployant des éléments de leur bouclier antimissile en Roumanie et en Pologne, les Américains ont violé les principes du Traité ABM, et toutes leurs démarches ultérieures n'ont été que la poursuite de cette même politique», a constaté le Serbe.

    Selon ce dernier, la Russie doit évidemment réagir aux démarches des États-Unis, alors que le système de sécurité en Europe en serait non seulement affecté, mais même totalement détruit.

    «On va voir la réaction des pays d'Europe. Je ne suis pas sûr que la stratégie américaine consistant à "approvisionner" en missiles les alliés européens suscite leur enthousiasme. Les Allemands se sont déjà prononcés sur ce point. Quel pays européen accepterait des missiles américains sur son sol? Washington pourrait compter sur les pays baltes, la Pologne, la Roumanie et le Royaume-Uni. Tous les autres refuseront d'en déployer. C'est en tout cas ce qu'il ressort des déclarations officielles faites jusqu'ici par leurs représentants. Parce qu'autrement, ils pourraient devenir des cibles potentielles d'une frappe nucléaire russe», a expliqué l'interlocuteur de Sputnik.

    Le vendredi 1er février, les États-Unis ont annoncé qu'ils cesseraient dès le lendemain de respecter le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, et qu'ils s'en retireraient officiellement au bout de six mois, sauf si Moscou cessait de violer l'accord.

    En réponse au retrait unilatéral des États-Unis, la Russie a suspendu elle aussi sa participation au traité, a annoncé le Président russe. Parallèlement, Vladimir Poutine a donné son feu vert à la création d'une fusée hypersonique terrestre de moyenne portée.

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    Traité FNI (136)
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    déploiement, sortie, défense antimissile, Traité de défense antimissile (ABM), Traité de réduction des armes stratégiques offensives (START), Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), sécurité, Sputnik, Donald Trump, Miroslav Lazanski, Ronald Reagan, Mikhaïl Gorbatchev, Vladimir Poutine, pays baltes, Roumanie, Royaume-Uni, Europe, Pologne, Allemagne, États-Unis, Russie
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