Ecoutez Radio Sputnik
    Nicolas Dupont-Aignan

    NDA et ses alliés veulent mettre fin au «jeu malsain du PPE et de ses alliés socialistes»

    © AP Photo / Thomas Samson, Pool
    International
    URL courte
    Maxime Perrotin
    133611

    Nicolas Dupont-Aignan et plusieurs de ses alliés polonais, tchèques et néerlandais ont présenté à Paris leur coalition en vue des élections européennes. Une échéance électorale qui, par le mode de scrutin et le poids des alliances, offre une réelle possibilité d'alternance politique au Parlement européen, espère-t-on du côté des «euro-réalistes».

    «Les fédéralistes, les bureaucrates, les financiers n'ont pas le monopole de l'Europe, bien au contraire, ils ont trahi l'esprit de la construction européenne démocratique!»

    Le 28 février, rue Saint-Dominique, à deux pas de l'Assemblée nationale, Nicolas Dupont-Aignan (NDA), entouré de ses alliés polonais, tchèques et néerlandais, présentait «la belle entente» en vue du scrutin des Européennes. Une coalition de partis «euro-réalistes» afin de «construire une Europe fondée sur les démocraties nationales, la prééminence du droit de chaque peuple et la coopération.»

    Mettre fin au «jeu malsain du PPE et de ses alliés socialistes», «bouleverser le jeu européen» et «réorienter complètement la construction européenne», un projet que le leader de Debout la France (DLF) estime à portée de main. Si avec 75 eurodéputés, ses alliés Conservateurs et Réformistes Européens (CRE) restent encore loin des 217 actuels élus du Parti Populaire Européen (PPE) et des 186 eurodéputés Sociaux-Démocrates (S & D), l'hégémonie de la «Grande coalition» PPE-S & D pourrait bien cesser en mai, pour la première fois depuis des décennies, espèrent les membres du CRE.

    «Depuis quatre décennies, la même coalition dirige l'Union européenne. Imaginez si quelque chose comme cela se produisant dans votre propre pays, vous seriez épouvanté!», insiste l'eurodéputé polonais Ryszard Legutko, coprésident du CRE.

    Vous devez être avertis qu'«il y a quelque chose de pourri dans le royaume Europe», souligne cet ancien ministre de l'éducation, issu des rangs du parti au pouvoir à Varsovie, Droit et Justice (PiS), évoquant un système où toute voix d'opposition est «considérée illégitime». Un état de fait qu'il espère voir changer après ces élections européennes:

    «Nous devons retourner à l'Europe des nations. L'Union européenne est une très belle institution tant que l'Europe sert de plateforme de coopération,» ajoute Ryszard Legutko.

    Une coalition qui «touche à sa fin», martèle Jan Zahradil. Pour cet eurodéputé tchèque qui, depuis 2004, cumule quatre campagnes européennes, «c'est vraiment la première fois que j'ai l'impression que les choses vont bouger».

    Il insiste sur l'importance d'apporter aux peuples une vision «compréhensible», «pragmatique» de l'architecture européenne et de passer outre les accusations de «populistes» ou «d'anti-européens.» «Nous avons la chance de bloquer le projet de fédéralisation, de centralisation, et de défendre nos démocraties, nos souverainetés et nos identités», ajoute en Français le néerlandais Thierry Baudet.

    «Nous voulons être la voix du bon sens et des choix modérés, entre les fanatiques pro-européens ainsi que les radicaux anti-européens», déclare Jan Zahradil avant d'enchérir, «nous n'avons pas à faire le choix entre plus [+] d'Europe et plus [du tout] d'Europe.»

    Mais marquer des points contre le PPE et le S & D, qui impulsent depuis des décennies la politique européenne- et donc une bonne part de celle des 27 États membres- implique que la grogne exprimée dans de nombreux pays européens se concrétise dans les urnes entre les 23 et 26 mai prochains plutôt qu'en abstention.

    Du côté du nombre d'eurodéputés qu'il sera en mesure d'envoyer au Parlement, Nicolas Dupont-Aignan se montre confiant. S'il s'attend à ce qu'ils ne soient moins nombreux que ceux d'autres partis —ces «machines électorales peut-être mieux cotées aujourd'hui dans les sondages, mais plus faillibles dans les faits»- dans cet hémicycle de 751 sièges, ce sont avant tout les alliances qui prévaudront.

    À cela s'ajoute la forme singulière du scrutin, la proportionnelle à un tour, qui offre aux électeurs la possibilité de pouvoir voter par conviction et non pas par calcul politique. «On aura moins d'eurodéputés que d'autres groupes français, mais on pèsera plus», nous confie en coulisses Yasmine Benzelmat, déléguée nationale aux Fédérations d'Île-de-France, soulignant les 24 nationalités coalisées.

    «Le seul vote utile, pour les élections européennes, c'est le vote de conviction! On sera a minima la première force d'opposition» résume Yasmine Benzelmat à Sputnik.

    Au petit jeu des sondages, si à droite l'écart s'est recreusé entre Debout La France et Les Républicains dans les dernières études d'opinion (respectivement 5,5% et 13% d'intentions de vote d'après le un sondage Elabe pour BFMTV), il n'en fut pas toujours ainsi.

    Fin 2018, non seulement NDA recevait le soutien d'élus du Rassemblement National (RN), mais était également crédité de 8% d'intentions de vote, dans un sondage IFOP pour L'Opinion, juste derrière La France Insoumise de Jean Luc Mélenchon (9%)… et les Républicains de Laurent Wauquiez (11%), donnant quelques sueurs froides à ses lieutenants. Aujourd'hui, autant dire que Nicolas Dupont-Aignan attend ces derniers au tournant.

    «Les masques tombent dans cette campagne! Monsieur Bellamy des Républicains a avoué: il se reconnaît plus proche d'Emmanuel Macron, il se reconnaît plus proche de Monsieur Juncker- responsable du désastre européen actuel- que de Monsieur Orban. Et monsieur Barnier a très clairement indiqué que se préparait la grande alliance des Républicains et des macronistes, avec les Verts. En un mot, tous ceux qui veulent continuer la fuite en avant européiste!,» se satisfait Nicolas Dupont-Aignan.

    Pour le leader de DLF, si la droite et la gauche du Parlement européen font «esprit de corps» pour éviter toute alternance à Bruxelles, cela pourrait également renforcer à terme les rangs de ses alliés «cela peut entraîner certains membres du PPE à quitter le PPE et à nous rejoindre». Pour NDA, «le face à face sera clair entre les européanistes et les fanatiques de l'Union européenne.»

    Lire aussi:

    La France tacle durement les États-Unis sur l’Otan et les F-35
    Impact des Gilets jaunes sur l'économie: l'Insee conteste les chiffres du gouvernement
    Ils se battent à bord d’un avion Ryanair à cause d’une femme aux pieds nus (vidéo)
    Tags:
    souverainiste, souverainisme, droite, coalition, élections européennes, élections européennes 2019, Parlement européen, Alliance progressiste des socialistes et des démocrates au Parlement européen (S&D), Parti populaire européen (PPE), Les Républicains (LR), Rassemblement national (RN), Debout la France, Conservateurs et Réformistes Européens, Thierry Baudet, Jan Zahradil, Ryszard Legutko, Nicolas Dupont-Aignan, Pays-Bas, République tchèque, Pologne, France
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik