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    Chelsea Manning

    Arrestation de Manning: «un geste de vengeance contre quiconque ose défier les USA»

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    Après avoir passé sept ans en prison pour avoir livré des documents secrets à WikiLeaks, Chelsea Manning a été de nouveau écrouée vendredi pour avoir refusé de témoigner sur l'organisation devant le tribunal. Le défenseur australien des droits de l’Homme Stuart Rees, directeur de la Sydney Peace Foundation, a commenté l’événement pour Sputnik.

    La lanceuse d'alerte américaine Chelsea Manning a été arrêtée après qu'un juge fédéral l'a jugée coupable d'outrage au tribunal pour avoir refusé de répondre aux questions relatives à l'affaire WikiLeaks de 2010 devant le grand jury dans le cadre d'une audience secrète.

    «La dernière arrestation de Chelsea Manning est un geste de vengeance contre quiconque ose défier les États-Unis», a estimé l'universitaire australien Stuart Rees, directeur de la Sydney Peace Foundation, dans un commentaire écrit pour Sputnik.

    Et de dénoncer fermement l'arrestatation de l'Américaine.

    «Il ne peut y avoir de justification légale à la dernière action contre Chelsea Manning», a estimé le défenseur des droits de l'Homme.

    Selon ce dernier, il s'agit là d'une pratique de punition et de vengeance à laquelle recourent les grands jurés américains pour punir les dissidents lors des «délibérations secrètes» et qui doit être contestée.

    Greg Barns, avocat et conseiller australien de Wikileaks, a déclaré quant à lui que la justice secrète était dangereuse et permettait des abus de pouvoir. Commentant le refus de Manning de témoigner, il a estimé qu'elle avait raison de refuser de coopérer avec des chasseurs aux sorcières.

    Par ailleurs, Greg Barns a souligné que l'arrestation de Chelsea Manning devrait mettre en émoi les médias internationaux, la liberté d'expression et une justice ouverte étant les caractéristiques de la démocratie libérale, «ce que les États-Unis aiment à dire, c'est ce qu'ils défendent».

    Chelsea Manning restera écrouée tant qu'elle ne reviendra pas sur sa décision ou jusqu'à ce que le grand jury soit dissous, a averti le juge Hilton du tribunal d'Alexandria, une petite ville de Virginie jouxtant Washington. La native de l'Oklahoma affirme bénéficier d'un droit constitutionnel à ne pas être interrogée par ce grand jury, dont elle dénonce par ailleurs l'opacité des actes de procédure.

    Bradley Manning a été arrêté en mai 2010 en Irak, où il était en service. Il a avoué avoir transmis à WikiLeaks une vidéo de frappes aériennes qui ont causé la mort de civils irakiens, des centaines de rapports sur des incidents lors des conflits en Afghanistan et en Irak, des dossiers de prisonniers du camp de Guantanamo, ainsi que près de 250.000 documents diplomatiques du département d'État des États-Unis. En août 2013, il a été condamné à 35 ans de prison.

    Au lendemain de sa condamnation, Manning a déclaré être transgenre et entamé des démarches pour changer d'identité et prendre le prénom de Chelsea. En février 2015, l'armée autorise Manning à entamer son traitement hormonal, et le mois suivant, la Cour d'appel de l'US Army statue que Chelsea Manning doit être désignée via des pronoms féminins ou neutres. Enfin en mai 2017, Mme Manning est sortie de prison, graciée par l'ex-président américain Barack Obama.

    Libérée en 2017 de la prison américaine où elle avait passé sept ans pour avoir fourni des documents confidentiels à WikiLeaks, l'ex-militaire transgenre américaine Chelsea Manning a été incarcérée vendredi 8 février, suite à son refus de témoigner sur l'organisation devant le tribunal.

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    tribunal, lanceur d'alerte, prison, condamnation, arrestation, Sydney Peace Foundation, WikiLeaks, Sputnik, Greg Barns, Stuart Rees, Chelsea Manning, Australie, États-Unis
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