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    des armes à feu

    Lacune dans la loi: «en Nouvelle-Zélande, 96% des armes à feu ne sont pas enregistrés»

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    Attaques contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande (15)
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    Les attentats perpétrés vendredi 15 mars contre deux mosquées à Christchurch et ayant fait 50 morts, ont relancé le débat sur le contrôle des armes à feu en Nouvelle-Zélande, où la plupart d’entre elles échappent à l’obligation d’enregistrement. Sputnik a discuté du problème avec Philip Alpers, professeur à l’Université de Sydney.

    La Nouvelle-Zélande a sans doute les lois des plus sévères sur les armes à feu parmi les pays industrialisés du monde, mais sa législation comporte toutefois d'importantes lacunes, a déclaré à Sputnik le professeur Philip Alpers, de l'Université de Sydney, fondateur et directeur de GunPolicy.org, en commentant la tuerie dans la ville néo-zélandaise de Christchurch.

    «L'une de ces graves lacunes consiste notamment dans le fait que la Nouvelle-Zélande est pratiquement l'unique pays au monde, à l'exception des États-Unis et du Canada, qui n'enregistre pas 90% de ses armes à feu», a poursuivi le spécialiste du contrôle des armes.

    Et de préciser que les propriétaires d'armes à feu y avaient une licence, mais que chaque pistolet n'était pas enregistré.

    «C'est plutôt inhabituel, l'enregistrement étant l'un des piliers du contrôle des armes à feu dans le monde entier. […] La Nouvelle-Zélande ne le fait pas, ce qui facilite sans doute l'acquisition d'une arme à feu par un criminel», a estimé l'universitaire.

    Selon ce dernier, l'Australien de 28 ans, arrêté par la police néo-zélandaise suite aux attentats contre les mosquées de Christchurch, n'aurait tout simplement pas pu se procurer une arme semi-automatique dans son pays d'origine où les armes semi-automatiques ont été interdites après le massacre de Port Arthur, en 1996. L'Australie n'autorise la possession de ce type d'équipement qu'à condition qu'il soit enregistré.

    «En Nouvelle-Zélande, 96% des armes à feu ne sont pas enregistrés. […] On peut par exemple vendre tout à fait légalement son arme à feu à n'importe qui sur un parking d'hôtel sans le notifier à personne, ce qui facilite évidemment l'acquisition d'armes à feu par des criminels», a relevé M.Alpers.

    De plus en plus de Néo-Zélandais interviennent en faveur d'un durcissement des lois sur le port d'armes, la législation du pays où la quantité d'armes à feu en circulation est importante, n'obligeant qu'à déclarer les armes semi-automatiques, ce qui est une grave lacune.

    Des tirs ont retenti le vendredi 15 mars dans deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch. La police a désamorcé plusieurs explosifs artisanaux découverts dans des véhicules garés à proximité. Cette attaque a fait 49 morts et des dizaines de blessés. L'auteur présumé d'au moins l'une de ces fusillades, Brenton Harrison Tarrant, a été inculpé de meurtres et sera maintenu en détention provisoire jusqu'à sa comparution devant la Haute Cour le 5 avril prochain.

    Dossier:
    Attaques contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande (15)

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    Tags:
    armes à feu, port d'armes, loi, mosquée, tuerie, attentat, GunPolicy.org, Sputnik, Université de Sydney, Philip Alpers, Port Arthur, Australie, Canada, États-Unis, Christchurch, Nouvelle-Zélande
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