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    Airbus profitera-t-il de la crise de Boeing?

    © Sputnik . Marina Lisceva
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    Après le crash de deux Boeing 737 MAX 8 en six derniers mois les compagnies aériennes du monde entier ont suspendu les vols de ces appareils et ont gelé les livraisons de ces avions. A première vue, c'est le moment rêvé pour Airbus de s'emparer de nouvelles parts de marché afin d'écouler ses avions. Mais cela n'arrivera pas, écrit Financial Times.

    Le quotidien Financial Times analyse la situation sur le marché des avionneurs après deux tragédies impliquant Boeing. Le média estime qu'Airbus ne pourrait pas profiter de la situation car le constructeur européen exploite déjà au maximum ses capacités, qui suffisent à peine pour remplir les commandes actuelles.

    Selon les informations d'Airbus, fin février le carnet de commandes d'avions à fuselage étroit avoisinait les 6 000 appareils, dont plus de 5 800 étaient des A320neo, les analogues du Boeing 737 MAX. La compagnie a déjà fait part de son intention d'accroître la production d'avions de cette classe jusqu'à 60 unités par moi d'ici l'été, et jusqu'à 63 d'ici 2021. Mais c'est probablement la limite des capacités des Européens, car les problèmes de fourniture des pièces détachées compliquent significativement la situation.

    Au total, le carnet de commandes de Boeing compte 4 660 avions de la gamme MAX. Boeing construit 52 avions de ce type par mois, et la compagnie n'a pas l'intention de baisser le rythme ou de suspendre la production à cause du gel des fournitures.

    Au moment de la catastrophe en Éthiopie, 371 avions Boeing 737 MAX avaient déjà été livrés à leurs clients. Ils ont tous été retirés du service pour l'instant.

    Le parc total des compagnies américaines s'élève à 2 400 avions et avant le scandale, elles exploitaient seulement 72 avions de la gamme 737 MAX. Seulement deux appareils de ce type étaient utilisés en Russie, par la compagnie aérienne S7.

    Mardi 19 mars, le président de Boeing Dennis Muilenburg a fait une déclaration officielle affirmant que la compagnie avait pris des mesures pour garantir pleinement la sécurité des vols des 737 MAX à partir des informations sur les tragédies en Indonésie et en Éthiopie.

    «Nous sommes unis avec nos clients, les régulateurs internationaux et les autorités gouvernementales dans nos efforts pour soutenir la dernière enquête en date afin de comprendre les faits et contribuer à prévenir de futures tragédies», a souligné Dennis Muilenburg.

    Ce dernier a déclaré que des représentants de Boeing se trouvaient sur les lieux du crash en Éthiopie afin d'aider les autorités compétentes dans leur enquête et de fournir une expertise technique. Le patron de la compagnie a également annoncé que le constructeur publierait prochainement une mise à jour du logiciel et formerait des pilotes spécialement pour voler sur les 737 MAX. On avait appris que les simulateurs de vol visant à former les pilotes n'étaient pas prêts avant le début de l'exploitation des appareils, et que ces derniers avaient dû apprendre les particularités du pilotage des 737 MAX sur des tablettes.

    «Nous comprenons et regrettons également ce que nos défis et nos échecs ont causé à nos clients et aux voyageurs», a conclu le président de Boeing.

    Fin octobre 2018, un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air s'est écrasé en mer de Java peu de temps après son décollage de Jakarta, faisant 189 morts. La seconde catastrophe avec ce modèle s'est produite en Éthiopie ce 10 mars. Aucun des 157 passagers, parmi lesquels figuraient 3 Russes, n'a survécu.

    Les spécialistes émettent l'hypothèse que ce crash pourrait être dû au nouveau système de contrôle de l'appareil censé prévenir son décrochage, qui aurait évalué de manière incorrecte la position du nez de l'appareil par rapport à l'horizon et l'aurait ainsi envoyé en piqué.

    Selon les analystes de Morningstar, les spécialistes du Boeing devraient pouvoir trouver le problème et le corriger dans des délais relativement brefs. Si le défaut en question ne s'avérait pas critique, les clients ne renonceraient pas aux commandes du Boeing 737 MAX 8.

    Cependant, la semaine dernière, le géant aérien russe Aeroflot n'a pas exclu l'éventualité de renoncer complètement à l'achat des Boeing 737 MAX déjà commandés pour sa succursale Pobeda.

    «Personne n'achètera cet appareil si nous ne recevons pas de garanties qu'il est sûr à 100%. Les fournitures pour Pobeda ne sont pas prévues avant novembre 2019. D'ici là, soit Boeing réglera le problème de sécurité du 737 MAX, soit nous commanderons un autre modèle», a déclaré le directeur général de la compagnie Vitali Saveliev.

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    Tags:
    marché, bénéfices, concurrence, avions, crash d'avion, Airbus, Boeing 737 MAX, Airbus Group, Boeing, Dennis Muilenburg, Ethiopie, Indonésie
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