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    Hauteurs du Golan

    Un député syrien explique à quelle condition les USA pourront offrir le Golan à quelqu’un

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    «C'est quand ces hauteurs [le Golan, ndlr] appartiendront aux États-Unis que ces derniers pourront les offrir à n'importe qui», a déclaré à Sputnik Mohammed Kheïr Akkam, député et expert syrien des questions internationales, commentant la décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté d'Israël sur la partie ouest du Golan.

    La décision du Président états-unien qui a signé, le 25 mars, un décret reconnaissant la souveraineté israélienne sur la partie ouest du Golan dans le cadre d'une visite de Benyamin Netanyahou à Washington, est évoquée dans une interview pour Sputnik par Mohammed Kheïr Akkam, député et enseignant des relations internationales à l'université de Damas.

    «Aujourd'hui, c'est un pays n'ayant aucun rapport avec les hauteurs qui reconnaît la souveraineté d'Israël sur celles-ci. C'est quand le Golan appartiendra aux États-Unis que ces derniers pourront l'offrir à n'importe qui», a-t-il souligné.

    Il a rappelé que les hauteurs du Golan faisaient partie du territoire syrien, que ce fait était confirmé par toutes les cartes des Nations unies et que tout amendement aux cartes exigeait l'accord des parties concernées.

    Toujours selon Mohammed Kheïr Akkam, du point de vue de la législation, les actions de Donald Trump n'ont aucun sens et resteront sans conséquences juridiques, la question revêtant un caractère exclusivement politique. D'ailleurs, le porte-parole de l'Onu, Stéphane Dujarric, a confirmé que le statut juridique du Golan restait inchangé après la décision du Président américain.

    «Les États-Unis estiment qu'ils perdent leur influence dans la région sur fond de succès remportés par l'axe antiterroriste. L'influence politique du pays faiblit et Trump a besoin du soutien de Netanyahou, comme Netanyahou a besoin de celui de Trump. Voilà la raison pour laquelle la déclaration sur le Golan a été faite maintenant», a expliqué Mohammed Kheïr Akkam.

    Il a constaté que «la Syrie avait le droit de s'adresser à toutes les organisations internationales pour confirmer l'illégalité des déclarations de Trump» tout en faisant remarquer que les États-Unis n'abandonneraient pas leur politique.

    «Ils [les États-Unis, ndlr] sont liés à Israël et défendront toujours ses intérêts, notamment sur la scène internationale», a-t-il poursuivi, rappelant que Tel Aviv redoutait «l'alliance des pays qui ont uni leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme dans la région».

    Mohammed Kheïr Akkam a ajouté que même si certains pays reconnaissaient la légitimité des déclarations de Trump, cela serait contraire au droit international et signifierait simplement que les États-Unis ont réussi à faire pression sur des pays plus faibles.

    «Les Israéliens ont tenté de faire du Golan leur territoire. Par exemple, en organisant des élections municipales. Mais ils ont échoué [les habitants du plateau occupé ayant boycotté le vote du 30 octobre dernier, ndlr]. Aujourd'hui, la législation israélienne n'est pas en vigueur sur les hauteurs», a-t-il noté pour conclure.

    L'Onu a récemment réitéré sa position selon laquelle l'occupation du Golan par Israël est illégale au regard du droit international. Moscou a pour sa part affirmé que la décision de Donald Trump constituait une nouvelle violation unilatérale du droit international.

    Le plateau du Golan a été en partie occupé par l'armée israélienne lors de la guerre des Six jours en 1967. Il a ensuite été annexé par l'État hébreu en 1981, une annexion non reconnue par les Nations unies.

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    droit international, influence, violations, souveraineté, annexion, statut, visite, carte, Guerre des Six Jours (1967), ONU, Sputnik, Benjamin Netanyahu, Stéphane Dujarric, Donald Trump, Tel Aviv, Washington, Damas, Hauteurs du Golan, Israël, Syrie, États-Unis
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