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    Situation en Algérie

    La fièvre de manifestation se propage: «On veut une Algérie libre»

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    Les Algériens se sont de nouveau mobilisés et sont descendus dans les rues, notamment à Alger et Constantine,pour le sixième vendredi consécutif. Ils ont à nouveau réclamé le départ de Bouteflika et des changements en profondeur du système politique, jugeant apparemment insuffisante la proposition du chef d'état-major d'écarter le Président.

    Pour le sixième vendredi de mobilisation nationale en Algérie, les manifestants ont été tout aussi nombreux à sortir pour dire non au cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika et à la prolongation du quatrième. Beaucoup sont venus dans la capitale depuis d'autres wilayas jeudi soir, afin de participer aux évènements dès le début.

    À Alger, la foule s'est dirigée vers le centre-ville.

    «Vieux, jeunes, tout le monde est sorti. Ça me rappelle l'indépendance parce qu'on était comme ça, on était heureux, tout le monde frère et sœur et la main dans la main, comme aujourd'hui», a déclaré à BFM TV via RMC Dalila, une grand-mère, tenant par la main son petit-fils pour lui montrer ce moment historique.

    Nadia, une jeune algérienne de 23 ans, explique également les raisons de sa présence dans les rangs des manifestants.

    «Pour dire non à la corruption, pour demander à cette mafia de partir. Et on demande notre liberté, on veut une Algérie libre.»

    Un autre jeune Algérien estime que, lorsque l'armée réclame aujourd'hui le départ d'Abdelaziz Bouteflika, c'est de l'hypocrisie.

    «Ils nous dribblent, c'est comme si on jouait au football, chaque jour ils nous sortent quelque chose. Mais […] on va continuer, même si ça doit durer deux ans, trois ans, des marches pacifiques, jusqu'à ce qu'il parte», a-t-il dit à BFM TV via RMC.

    Des manifestations se sont également tenues à Tizi-Ouzou, Guelma, Batna, Oran ou encore Saïda.

    À Constantine, troisième ville du pays, ils ont été des dizaines de milliers à défiler dans les rues.

    «Nous allons droit dans le mur. Donc je sors crier mes revendications pour le changement et j'essaie de mobiliser les femmes», a indiqué Fatiha, une retraitée de la cimenterie Hamma Bouziane, citée par Le Figaro.

    Certains, tels Hassan, affirment au journal être pourtant contre les marches, même s'ils veulent le départ de Bouteflika:

    «C'est un mouvement qui crée la pagaille. Il y a des gens séparatistes qui veulent diviser le pays».

    À la fin de la prière du vendredi, une marche d'hommes et de femmes s'est formée rapidement à Constantine, sous l'œil vigilant de policiers en civil.

    Les manifestants ont brandi des pancartes présentant le visage barré d'Abdelkader Bensalah, le président du Conseil de la nation (Sénat), qui, en cas d'application de l'article 102 de la Constitution, pourrait assurer l'intérim.

    Toujours selon Le Figaro, qui cite des policiers sur place, ils étaient un million dans les rues d'Alger. C'était la plus grande manifestation dans la capitale algérienne depuis le début de la contestation, il y a six semaines, ont affirmé des témoins.

    Des canons à eau ont été employés vendredi contre les protestataires à Alger. D'après des témoins, les forces de l'ordre ont ainsi répondu aux jets de pierres de la part de manifestants.

    Le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a demandé mardi dernier à ce que le Président Abdelaziz Bouteflika soit déclaré par le Conseil constitutionnel inapte à exercer le pouvoir, en vertu de l'article 102 de la Constitution.

    Si Abdelaziz Bouteflika est reconnu comme tel, il sera remplacé pendant une période d'au moins 45 jours par le président du Conseil de la nation, la chambre haute du parlement algérien, Abdelkader Bensalah.

    L'article 102 de la Constitution stipule en effet que le Président peut être déclaré «en état d'empêchement» en cas de maladie qui le place dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Cette décision doit être ratifiée par une majorité des deux tiers dans les deux chambres du parlement.

    Reuters avait précédemment indiqué que le mouvement de contestation exigeait également un rajeunissement de la classe politique, toujours dominée par les vétérans de la guerre d'indépendance, qui s'est achevée en 1962.

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    Le Figaro, contestation, canon à eau, pancarte, marche, mafia, armée, mandat présidentiel, manifestation, mobilisation, Reuters, BFMTV, radio RMC, Abdelaziz Bouteflika, Saïda, Oran, Tizi-Ouzou, Constantine, Alger, Algérie
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