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La police métropolitaine a ouvert une enquête sur le rôle présumé des services de renseignement britanniques dans l’interrogatoire «poussé» d'un suspect d'Al-Qaïda*. Moazzam Begg, ancien prisonnier de Guantanamo et actuel directeur des relations extérieures à CAGE (Cageprisoners Ltd), s’est confié au micro de Sputnik.

La police métropolitaine enquête sur les allégations selon lesquelles des policiers du MI5 et du MI6 impliqués dans des interrogatoires sous la torture dans les prisons secrètes de la CIA, aussi appelées «sites noirs», notamment d'Abou Zubaydah, suspect d'Al-Qaïda*, auraient commis des infractions pénales graves. Scotland Yard a confirmé qu'il examinait le dossier.

L'année dernière, à l'issue d'une enquête longue de quatre ans, la commission du renseignement et de la sécurité multipartite du parlement britannique a publié un rapport établissant que le MI6 était «directement informé des sévices extrêmes, voire de la torture» infligés à Zubaydah dans des prisons secrètes de la CIA.

«Je me suis entretenu à plusieurs reprises avec des officiers de la police métropolitaine britannique, leur présentant des preuves du rôle du MI5 dans ma propre torture et les aidant à examiner d'autres cas de personnes soumises à la torture, que ce soit à Guantanamo, en Libye ou ailleurs», a raconté à Sputnik Moazzam Begg, ancien prisonnier de Guantanamo et actuel directeur des relations extérieures à CAGE (Cageprisoners Ltd).

Et d'ajouter que, malheureusement, aucune poursuite n'a jamais été engagée, le parquet ayant conclu à chaque fois qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour soutenir les accusations et engager des poursuites. Et s'il s'agissait de preuves attestant le rôle des États-Unis dans la torture, Washington ne tardait pas à clôturer les enquêtes.

«En réalité, on n'a pas réussi à poursuivre une seule personne en justice», a constaté M.Begg.

Il a supposé que les enquêteurs n'avaient tout simplement pas le droit d'aller voir Jack Straw et Tony Blair, par exemple, qui étaient au courant du rôle des responsables des services de renseignement britanniques dans «les sévices extrêmes, voire la torture» infligés à Abou Zubaydah et à d'autres détenus des «sites noirs» de la CIA.

«Et pour ces crimes, personne n'a été poursuivi, ce qui est très étrange. […] Personne n'a rendu de comptes à personne», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

Suite aux attentats du 11 septembre 2001 contre New York et Washington, le Palestinien d'origine saoudienne Abou Zoubaydah, membre présumé de la nébuleuse d'Al-Qaïda*, a été capturé par les États-Unis en 2002 au Pakistan. Il a été incarcéré dans des centres de détention militaires américains secrets en Thaïlande, en Pologne et en Lituanie, puis transféré à Guantánamo Bay.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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