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    centrale nucléaire

    Premières images satellite d’un réacteur nucléaire saoudien

    © AFP 2019 ALAIN JULIEN
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    Des experts du désarmement nucléaire ont analysé des images satellite du centre de recherche nucléaire saoudien situé à Riyad. Selon eux, la présence d’un conteneur de combustible sur le site indique que la construction du réacteur est achevée et que son exploitation serait proche. Ils affirment que des garanties sont nécessaires.

    Sur des photos satellite du centre de recherche nucléaire saoudien, situé dans la ville du roi Abdelaziz Al Saoud pour les sciences et la technologie, au sud-ouest de Riyad, suscitent de vives inquiétudes auprès des experts du désarmement nucléaire, selon l'agence américaine Bloomberg. Les photos montrent un centre contenant un réacteur achevé de construction. Elles dévoilent également la présence d'un conteneur destiné à emmagasiner du combustible nucléaire sur ce site. Ceci indiquerait que l'exploitation du réacteur pourrait commencer bientôt. C'est ce détail qui intrigue les experts du désarmement, Riyad n'ayant pas encore adhéré au cadre international des règles de contrôle des activités nucléaires.

    ​Le conteneur en question, fabriqué par l'entreprise saoudienne Zamil Industrial Investment Co, mesure environ 10 mètres de long pour 2,7 mètres de diamètre, ce qui correspond aux spécifications d'autres réacteurs de recherche que celui dont dispose le royaume, selon Robert Kelley, ancien directeur de l'AIEA, également directeur du laboratoire de télédétection du département américain de l'Énergie.

    ​«Il y a une très forte probabilité que ces images montrent la première installation nucléaire du pays», a-t-il déclaré, cité par Bloomberg.

    Le spécialiste a précisé que ce conteneur contiendra du combustible d'uranium enrichi d'une pureté bien inférieure à celui de qualité militaire (90%), avant d'avertir que les fournisseurs de combustible n'ont pas le droit d'approvisionner cette unité tant que de nouvelles dispositions en matière de surveillance ne sont pas conclues entre Riyad et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

    «Cela signifie que l'Arabie saoudite doit mettre en place ses garanties», a-t-il précisé selon la même source.

    D'après Bloomberg, bien que les autorités saoudiennes ne cessent d'affirmer que leur réacteur est destiné à «des activités scientifiques, de recherche, d'éducation et de formation strictement pacifiques, dans le respect des accords internationaux», les experts du désarmement restent sceptiques. Et pour cause, les déclarations tenues il y a un peu plus d'un an par le prince héritier Mohammed ben Salmane. En effet, ce dernier avait affirmé que son pays développerait une bombe atomique si l'Iran, son rival régional, le faisait.

    Le 19 février, la commission de contrôle et de réforme de la Chambre des représentants des États-Unis a publié un rapport dans lequel elle affirmait poursuivre une enquête sur les allégations d'après lesquelles l'administration Trump serait pressée de vendre des technologies nucléaires sensibles à l'Arabie saoudite. Cela peut constituer une violation de la législation américaine en matière de transfert de son savoir-faire. Ce n'est pas seulement le conflit d'intérêts, qui peut concerner certains conseillers de la Maison-Blanche impliqués dans ces négociations, qui préoccupe les élus, mais aussi la possibilité de déstabilisation de la situation au Moyen-Orient.

    Tags:
    combustible nucléaire, réacteurs nucléaires, Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Arabie Saoudite
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